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Friday, October 16, 2026

C’est quoi FREYJA, le projet de défense évoqué par Macron et Zelensky et attendu dès fin 2026 ?

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Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky ont discuté, le 15 octobre 2026, de l’accélération de FREYJA. Ce projet ukrainien et européen doit permettre d’intercepter des missiles balistiques, avec un objectif affiché par Kiev : devenir opérationnel avant la fin de l’année. Un calendrier qui reste à concrétiser.

L’Ukraine veut se doter d’un nouveau bouclier contre les missiles russes, et elle compte bien sur les Européens pour le construire. Baptisé FREYJA (comme la déesse de la mythologie nordique) ce projet doit associer des missiles fabriqués en Ukraine à des radars et à d’autres technologies fournies par ses partenaires.

Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky en ont discuté ce jeudi 15 octobre 2026 à Bruxelles. « Nous accélérons également les travaux sur la défense antimissile balistique européenne ; le système FREYJA doit être opérationnel d’ici la fin de l’année », a annoncé le président ukrainien sur X, à l’issue de leur rencontre.

Une discussion sur fond de nouvelles frappes russes. Selon Volodymyr Zelensky, une attaque de drone a touché les infrastructures énergétiques de Loutsk pendant la réunion, provoquant des coupures d’électricité. « Emmanuel et moi avons discuté de différentes manières de contrer cela », a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky en ont discuté ce jeudi 15 octobre 2026 à Bruxelles // Source : Volodymyr Zelensky sur X
Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky en ont discuté ce jeudi 15 octobre 2026 à Bruxelles. // Source : Volody

FREYJA vise les missiles balistiques

Mais que recouvre ce projet, que Kiev souhaite voir aboutir dans un peu plus de deux mois ? FREYJA vise une menace précise : les missiles balistiques. Pour les arrêter avant qu’ils atteignent leur cible, une défense doit pouvoir les détecter, suivre leur trajectoire et envoyer un autre missile les intercepter. Le programme doit ainsi réunir les équipements nécessaires à ces différentes opérations.

L’entreprise ukrainienne Fire Point pilote le développement de cet ensemble. Elle fournit les missiles et les équipements de lancement, tout en assurant l’intégration des composants apportés par ses partenaires. L’allemand Hensoldt a ainsi annoncé un accord en juin pour fournir des radars, dont le TRML-4D. Le principe est de s’appuyer sur des technologies déjà disponibles et éprouvées pour accélérer la construction du système.

Cette coopération dépasse d’ailleurs le tête-à-tête franco-ukrainien. Dix pays ont annoncé le 13 juillet la création d’une coalition contre les missiles balistiques : l’Ukraine, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège et la Suède. FREYJA est donc le projet phare de cette initiative.

L’ambition est de protéger l’Ukraine, mais aussi de renforcer les défenses européennes à plus long terme. Dans leur déclaration commune, les pays participants proposent de mettre en commun leur industrie, leurs recherches et leur expérience militaire. Ils prévoient notamment de définir des besoins communs et de soutenir le développement de nouvelles technologies.

La France s’est engagée à faciliter les coopérations entre les entreprises ukrainiennes et françaises, ainsi qu’à apporter l’expertise de la Direction générale de l’armement, la DGA. Un soutien annoncé dès juillet, que la rencontre du 15 octobre doit donc contribuer à accélérer.

Moins dépendre des États-Unis

Pour Kiev, l’intérêt est également de moins dépendre des livraisons de missiles américains destinés aux systèmes de défense antiaérienne américains Patriot. En août, Volodymyr Zelensky soulignait que leur production ne pouvait pas augmenter immédiatement pour répondre à la demande, et que leur fourniture dépendait aussi de décisions politiques. FREYJA doit offrir une capacité supplémentaire : le président ukrainien le présente comme un complément aux défenses existantes.

Le coût fait aussi partie des arguments avancés. Interrogée par Reuters en août, la dirigeante de Fire Point, Iryna Terekh, disait viser moins d’un million d’euros par intercepteur. Mais l’entreprise travaillait encore à relier les radars et les dispositifs de guidage au missile, avec l’objectif de réussir une première interception à la mi-2027.

Que pourrait donc arriver dès décembre ? Le communiqué ukrainien du 15 octobre ne le précise pas. Il fixe un objectif de mise en service, sans détailler les capacités attendues ni les essais qui permettraient de confirmer ce calendrier. À ce stade, l’échéance de fin 2026 correspond donc à l’ambition affichée par Kiev.

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