Sénégal: l'avenir de la loi de finances rectificative en débat au Parlement

Les députés sénégalais seront de nouveau réunis en plénière pour se prononcer sur la loi de finances rectificative, c’est-à-dire le budget 2026 corrigé en cours d'année. Malgré un nouveau passage en commission des finances, les lignes n’ont pas bougé. La loi de finances rectificative ne convainc pas les députés du Pastef, majoritaires au Parlement avec 130 sièges sur 165, au risque de bloquer l’obtention du feu vert du Fonds monétaire international sur un prêt de 2,2 milliards de dollars.
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Avec notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff
Adopter une loi de finances rectifiée, qui intègre les contraintes budgétaires du Sénégal en cours d’année comme l’augmentation des dépenses de l’État suite à la flambée des prix du pétrole et les arbitrages du gouvernement pour éviter un déficit public trop important… Tout cela est une condition préalable à l’obtention du feu vert du Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) sur un prêt de 2,2 milliards de dollars.
Faute de consensus à l’Assemblée nationale, l'accord technique trouvé entre Dakar et le FMI le 1er septembre 2026 risque de rester lettre morte, prévient un analyste joint par RFI. Comment sortir du blocage ? C’est toute la question… Le retour du projet de loi en commission des finances et les éclaircissements apportés par le gouvernement la semaine dernière – sur le mécanisme de financement des bourses familiales et des subventions à l’énergie, par exemple – n’ont pas convaincu le Pastef. Le groupe parlementaire majoritaire dénonce toujours l’absence de garanties pour la protection du pouvoir d’achat, et conteste les prévisions de recettes et de dépenses de cette loi de finances rectificative.
Dans ce contexte, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, a appelé lundi 2 novembre 2026 les partis d’opposition à faire front commun et à constituer un « arc républicain » face au Pastef. Mais avec 35 sièges sur 165 au Parlement, impossible d’avoir la majorité sans le parti d’Ousmane Sonko.
De son côté, le Collectif interministériel des agents de l’administration sénégalaise, dans un communiqué, appelle les députés « à une démarche constructive et responsable, et à prendre en considération les aspirations des populations [...] afin de permettre l’adoption de la loi de finances rectificative 2026, dans l’intérêt supérieur de la Nation. »
À écouter aussiAppels sur l'Actualité – Sénégal: pourquoi la loi de finances rectificative ne convient-elle pas au Pastef?
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