Test d’Hellraiser: Revival, l’adaptation qui ne vous épargnera pas
Hellraiser: Revival est une adaptation franchement réussie de l’œuvre de Clive Barker. On lui pardonne ses quelques défauts de finition, tant il excelle dans l’art de matérialiser un univers extrême sans aucune concession.
Aidan et Sunny s’aiment d’un amour passionné. Un peu trop d’ailleurs, puisqu’ils s’adonnent régulièrement à des jeux extrêmes, mariant souffrance et plaisir. Tout va basculer le jour où la jeune femme, en quête de sensations toujours plus fortes, ramène un étrange cube. En l’activant, elle est happée dans le Labyrinthe, un lieu de tourment éternel, paradis maudit pour les masochistes, enfer pour les autres. Les Cénobites, gardiens du Labyrinthe, vont alors proposer un funeste marché à Aidan. Il doit ramener trois cœurs à Sunny pour la faire revenir, tout en affrontant une secte étrange.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Saber Interactive a décidé de se lancer dans une adaptation de l’univers Hellraiser, œuvre de Clive Barker, initialement basée sur un court roman, The Hellbound Heart (1986), que l’auteur a lui-même adapté au cinéma en 1987. Il s’agit d’une plongée fantastique dans le monde du BDSM, inspirée par les clubs que Clive Barker a fréquentés, notamment le Cellblock 28, un club underground sadomasochiste de New York, où il a vu pour la première fois des adeptes se faire percer pour le plaisir et du sang couler. Hellraiser est surtout connu pour son personnage surnommé Pinhead, reconnaissable à sa tête criblée de dizaines d’épingles. Voici donc Hellraiser: Revival, qui retranscrit plutôt bien ce que Clive Barker a voulu raconter.

8/10
Points forts
- Fidélité sans concession
- Gameplay efficace
- Bonne publicité pour les premiers films
Points faibles
- Attention, c’est malsain, violent et répugnant
- Quelques finitions à revoir
- Une fin trop portée sur l’action
Clive Barker peut être fier du jeu vidéo Hellraiser: Revival
Sortie
Hellraiser: Revival sort ce 8 octobre sur PS5, Xbox Series S, Xbox Series X, Nintendo Switch 2 et PC. Il ne coûte que 40 €, pour une durée de vie d’une dizaine d’heures.
Hellraiser: Revival mise tout d’abord sur la fidélité pour convaincre les fans, qui ont dû se coltiner, au fil des ans, des films toujours plus ratés, que Clive Barker désapprouve au plus haut point. S’il se situe une vingtaine d’années après Hellraiser : Le Pacte, il reprend finalement une structure narrative similaire. Dans le film, Julia cherche à ressusciter son amant Frank en le nourrissant de multiples victimes. Dans le jeu vidéo, Aidan suit le même chemin pour ramener Sunny. Les codes sont respectés et les développeurs fournissent d’ailleurs toutes les clés de compréhension.
Hellraiser: Revival ne nous épargne rien
La fidélité est retranscrite visuellement par une propension à empiler les éléments graphiques sans aucune concession. Hellraiser: Revival ne nous épargne rien. Des pénis, des poitrines, des sextoys en veux-tu en voilà, du sang qui coule à flots, des cris de plaisir dans la douleur, du cuir, des costumes aguicheurs… Il n’existe pas de jeu plus BDSM que Hellraiser: Revival, qui assume totalement l’imagerie sexuelle conçue par Clive Barker, jusqu’à nous demander de fesser une femme déguisée en lapin (avec son consentement, bien sûr). Clive Barker a d’ailleurs coécrit l’histoire avec les développeurs, puis validé des versions de travail du jeu, ce qui appuie l’authenticité. Au casting, Doug Bradley, qui n’avait plus incarné Pinhead au cinéma depuis 2005, reprend du service et prête de nouveau sa voix emblématique au personnage.

Dommage que Hellraiser: Revival souffre de quelques soucis de finition. Saber Interactive fait de son mieux avec le budget qui est le sien mais ne peut pas livrer une copie exempte de bugs et de textures grossières. Ce n’est pas rédhibitoire, et Hellraiser: Revival compense avec une direction artistique particulièrement inspirée dès lors qu’on visite le Labyrinthe, lors de séquences pensées pour retourner le cerveau. On s’y retrouve en tout cas en termes d’immersion, avec un sound design inquiétant (mention spéciale aux bruits des chaînes qui sortent de la manette quand on les traverse, on s’y croirait). Les développeurs ont fait le choix d’une vue à la première personne.
Hellraiser: Revival mélange Resident Evil et BioShock
Hellraiser: Revival repose aussi sur des bases solides côté jeu. Saber Interactive n’a pas cherché à réinventer la roue, misant sur des valeurs sûres pour proposer un gameplay efficace. Il reprend énormément de choses des Resident Evil, de la manière dont est pensé l’inventaire à la gestion fine des munitions, en passant par les quelques énigmes, l’artisanat ou même la possibilité de faire appel à un marchand. On peut même y voir un épisode de la saga phare de Capcom avec un habit Hellraiser par-dessus.
On y trouvera aussi un peu de BioShock au travers de l’utilisation du cube, baptisé la Configuration de la Genèse. Aidan en hérite très vite et il peut s’en servir pour activer certains pouvoirs utiles dans la manipulation (assez peu ergonomique) de l’environnement ou dans les combats. Ainsi est-il capable d’attirer des éléments comme des scies circulaires pour les envoyer sur les ennemis, avec éviscération voire décapitation au programme. Le cube peut aussi attirer le feu et, par la suite, enflammer les victimes d’Aidan. Plus tard, il pourra éliminer toutes les cibles à l’écran en invoquant des chaînes. L’outil est puissant, et bien évidemment régi par une jauge dédiée.
Hellraiser: Revival assure un rythme mélangeant de la narration et des moments sous haute tension (courses-poursuites, combats). On se laisse porter par la traque d’Aidan et on pestera seulement sur la dernière heure, un peu trop portée sur l’action pure et dure, alors que l’aventure était jusque-là plutôt bien dosée. Saber Interactive a misé sur le grand spectacle pour boucler son aventure, alors que le gameplay ne s’y prête pas à 100 %. À l’arrivée, un sentiment fort prédomine, celui de s’être immergé dans une atmosphère malsaine et singulière. Hellraiser: Revival donne envie de regarder les premiers films, et c’est peut-être son meilleur argument.
Le verdict
On a aimé
- Fidélité sans concession
- Gameplay efficace
- Bonne publicité pour les premiers films
On a moins aimé
- Attention, c’est malsain, violent et répugnant
- Quelques finitions à revoir
- Une fin trop portée sur l’action
On n’aurait jamais parié sur Hellraiser: Revival, adaptation en jeu vidéo d’une série de films nés dans les années 80, eux-mêmes tirés d’un court roman de Clive Barker. Et pourtant, la proposition de Saber Interactive se veut réussie. Elle ne cherche pas à réinventer les jeux d’horreur, simplement à matérialiser au mieux l’univers BDSM fantastique de l’auteur. Hellraiser: Revival ne fait strictement aucune concession dans ses choix validés par Clive Barker. En résulte une aventure, certes répugnante et malaisante, mais terriblement fidèle à l’esprit Hellraiser. La plongée en devient plus fascinante et n’est jamais vraiment paralysée par un gameplay qui serait hors-sujet. Comme quoi, le revival est bien là.
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