L’itinérance, un phénomène en hausse partout dans le monde

La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.
Entre la découverte d'un bambin dans le campement de la rue Notre-Dame à Montréal, le décès d'une femme dans l'incendie d'un campement à Montréal-Nord, ou celui d'un homme dans le centre-ville de Granby, la situation des personnes sans abris ne cesse de semer l'émoi.
Et il n'y a pas qu'au Québec que l'accès à un logement abordable est devenu un enjeu de premier ordre.
Le 10 octobre marque la Journée mondiale de l'itinérance, une problématique qui touche désormais quelque 318 millions de personnes à l'échelle globale, selon l'ONU.. Il s'agit d'un nombre qui a plus que doublé depuis la pandémie.
Si le phénomène prend de l'ampleur partout à travers le monde, c'est principalement parce que les coûts des logements ont augmenté à un rythme plus élevé que celui des revenus.
Pour ceux qui ont les moyens de se loger, les pressions liées à l’accessibilité continuent de grimper : 44 % des ménages dans le monde consacrent plus de 30 % de leurs revenus au loyer.

2:14
Le reportage de Danielle Kadjo
On a les moyens en tant que société
Au Québec, le premier ministre désigné, Paul Saint-Pierre Plamondon, s'est engagé à faire de cette problématique une de ses priorités. Mais le défi s'annonce de taille.
Démanteler ou non un campement? Placer des gens en maison de transition ou leur trouver un logement permanent? Il y autant de scénarios qu'il y a de cas uniques, selon Eric Latimer, professeur émérite au département de psychiatrie de l'Université McGill.
Ce dernier craint que le mode de vie campement en été/halte chaleur en hiver
soit normalisé et appelle à ce que toute personne sans abri soit placée dans un logement d'une sorte ou d'une autre dès que possible
.
Et il vise haut pour le standard minimum de logement.
Ce qu’on devrait viser, c’est un petit studio, avec une cuisine et une salle de bain complète. Ça peut sembler utopique dans notre contexte, mais dans les faits, on a les moyens en tant que société
, soutient-il.
À lire aussi :
- Un toit d’abord pour les sans-abris de Finlande
- Crise de l’itinérance : les coûts continuent d’exploser
- Près de 300 morts « évitables » d’itinérants en 20 ans dans nos régions
Il reconnait cependant que les logements de transition, ces centres d'hébergement temporaire supervisé, peuvent également être tout à fait appropriés
dans certains cas.
Il est souhaitable que les femmes victimes de violence conjugale et les jeunes, par exemple, puissent bénéficier d'un environnement avec des intervenants, dit-il.
Le fait de donner un toit à quelqu’un ne suffit pas
Pour Elisabeth Greissler, professeure à l'École de travail social de l'Université de Montréal, l'itinérance n'est pas qu'une question de construction et d'accès
, puisque le fait de donner un toit à quelqu’un ne suffit pas
.
Souvent, les problèmes émergent lorsque les personnes arrivent en logement
, explique-t-elle. Rapidement, plusieurs questions s'installent : Comment on se sent en sécurité? Comment on gère des traumas qu’on a accumulés à l’échelle d’une vie? Comment on maintient un revenu décent?
L’itinérance, c’est toujours une question de logement, mais pas qu’une question de logement.
Si elle se réjouit de voir l'intérêt porté par la classe politique, elle rappelle que le phénomène n'est pas arrivé du jour au lendemain au Québec
. Elle se désole de constater que plusieurs sociétés ont tendance à intervenir dans l’urgence et insuffisamment dans la prévention
.
En ce sens, M. Latimer propose d'offrir davantage d'accompagnement à des personnes à risque d'éviction, pour éviter que ces dernières soient expulsées de leur logement.
Le dernier recensement en 2025 dénombrait 12 077 personnes en situation d'itinérance visible au Québec. Si presque la moitié d'entre elles vivaient à Montréal, les personnes sans abris dépassaient la centaine dans toutes les régions sociosanitaires de la province.
Le premier ministre désigné du Québec, Paul Saint-Pierre Plamondon, s'est engagé à tenir un sommet sur l'itinérance d'ici juin 2027, lui qui souhaite réduire cette problématique de moitié d'ici 2030.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.