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Thursday, September 17, 2026

"Parlons Solutions – Comment sauver l’école ?" : fusionner les pouvoirs organisateurs, c’est souhaitable ?

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Pas facile d’y voir clair dans l’organisation de l’enseignement au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Pour résumer, il y a deux types d’enseignement en Belgique francophone : le libre (organisé par des organes privés) et l’officiel (organisé par Wallonie-Bruxelles Enseignement, les communes et les provinces). Et dans chacun de ces enseignements, on retrouve deux réseaux : l’officiel subventionné (les écoles communales par exemple) et l’officiel organisé (les athénées) pour l’enseignement officiel. De l'autre côté, on retrouve le réseau libre confessionnel (principalement catholique) et non confessionnel pour l’enseignement libre.

Et derrière tous ces réseaux et structures, il y a une multitude de pouvoirs organisateurs, soit un poste de dépense important.

"Parfois, dans un village qui n’est déjà pas très grand, il y a deux écoles. Une libre et une officielle", rapporte Jeanne Delaite, une institutrice à la retraite. "C’est bien, ce sont des petites classes et des petits bâtiments. Mais ce qui coûte très cher, ce n’est pas le salaire des enseignants (7,9 milliards d’euros, 80% du budget de la FWB alloué à l’enseignement ndlr), ce sont les bâtiments et le fonctionnement". Pour elle, fusionner les réseaux permettrait de réaliser de grandes économies. "Mais il ne faudrait pas pour autant faire perdre leur emploi à certains enseignants. Il faudrait profiter de ces enseignants "supplémentaires" pour faire du co-enseignement, de la remédiation etc.", nuance-t-elle.

Alors qu’en pensent les concernés ?

"Wallonie-Bruxelles Enseignement n’est pas nécessairement demandeur d’avoir une fusion des réseaux", affirme André Grenier, administrateur général de Wallonie-Bruxelles Enseignement. Néanmoins, "à partir du moment où on sait rationaliser les moyens de fonctionnement des pouvoirs organisateurs au bénéfice des élèves et des enseignants, on doit être ouverts".

Si je prends l’exemple de ma commune, cela ferait environ 500.000 € de plus au total

Alexandre Lodez, secrétaire général du SEGEC (Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique)

Mais la proposition ne convainc pas le secrétaire général du SEGEC (Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique), Alexandre Lodez. "Prenons le cas de l’enseignement communal qui devrait reprendre l’enseignement libre. Même si on lui donnait les bâtiments, cela coûterait 1200 € de plus par enfant parce qu’il y a ce que donne la FWB et il y a ce que les communes injectent. Si je prends l’exemple de ma commune, cela ferait environ 500.000 € de plus au total".

"Avant d’aller jusqu’à la fusion des réseaux, la Région wallonne veut supprimer les provinces", rappelle la cheffe de groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Diana Nikolic. Cela permettrait déjà selon elle "de rationaliser les fonctions de support".

Je ne suis pas certain que la fusion des réseaux nous rapportera miraculeusement de l’argent"

Martin Casier, chef de groupe PS au Parlement de la FWB

"On est pour un réseau libre de principe, mais pas pour des questions d’économies", déclare de son côté le chef de groupe PS au Parlement de la FWB, Martin Casier. "Il faut être honnête, le financement de l’enseignement se fait par tête d’élève. Même s’il ne restait qu’un seul réseau, il y aurait toujours autant d’élèves". Selon lui, fusionner ne permettrait de faire que des économies marginales. "Elles seront dans l’organisation, le fonctionnement et l’administration". Des économies atteignables en "réformant énormément", estime-t-il, "mais je ne suis pas certain que la fusion des réseaux nous rapportera miraculeusement de l’argent". Ce qu’il faudrait plutôt c’est accompagner davantage les élèves pour éviter de payer 400 millions d’euros de redoublement chaque année.

De son côté, la présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse, parle d'"objectif illusoire". "Des réflexions peuvent être menées", assure-t-elle. "La vraie question de fond est pour quoi faire ? Veut-on fusionner les réseaux parce que c’est un principe ? Pour faire des économies ? Ou veut-on faire mieux fonctionner la collaboration entre les réseaux ? Quand on prend de grandes décisions de fusion, on fait beaucoup de tuyauterie institutionnelle et parfois, ça coûte plus cher au final".

"Par contre, quand on a deux écoles l’une en face de l’autre de deux réseaux différents, on doit aussi pouvoir faire sauter des barrières. Avec la baisse de la démographie, on doit pouvoir se demander quel bâtiment rénover. Il faut aussi se poser la question de la mobilité inter-réseaux des enseignants", reconnaît-elle.

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