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Saturday, September 19, 2026

Beaucoup d’appelés, peu de temps, peut-être pas d’élus

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Florian Xhekaj se laissait bercer par les frivolités qu’on trouve en masse sur les réseaux sociaux, samedi dernier, quand il est tombé sur une nouvelle d’intérêt, redéfinissant d’un coup son avenir à court terme.

Le Canadien venait d’engager Chris Kreider pour la prochaine année. Soudainement, de 12 attaquants appartenant à la Ligue nationale, le CH passait à 13, et si la différence mathématique est mineure, l’opération, pour Xhekaj, ne l’est point.

C’est un joueur de plus et ça rend les choses pas mal plus compliquées, mais j’aime les défis. Je suis ici pour commencer l’année à Montréal. Je dois dépasser quelqu’un dans la hiérarchie, je sais ce que j’ai à faire, a fait valoir Xhekaj après la deuxième séance d’entraînement sur glace du camp, vendredi midi.

Avant l’embauche de Kreider, la voie semblait libre pour le petit frère d’Arber pour décrocher ce poste d’attaquant réserviste, à tout le moins pour amorcer la saison, ses rivaux n’étant pas légion à Laval.

Owen Beck et Jared Davidson pourraient presque en dire autant. La profondeur dont jouit le Canadien présentement force ces jeunes joueurs à supplanter clairement un vétéran établi pour se tailler une place. Pas impossible, simplement bien moins probable.

Tu ne peux pas te dire : "Il n’y a pas de place pour moi". S’il prend cette attitude-là, il n’y aura pas de place pour lui. Mais ce ne sont pas des conversations que tu as besoin d’avoir. Il n’y a rien qui est donné. Il faut continuer de pousser, a laissé tomber Martin St-Louis.

La situation du cadet des Xhekaj à l’avant est analogue à celles d’Adam Engström et de David Reinbacher à l’arrière, 8e et 9e défenseurs dans la hiérarchie, dans l’ordre qu’il vous plaira. La blessure à Kaiden Guhle leur ouvre un tantinet la porte, mais le Canadien mise tout de même sur six défenseurs en santé avec au moins 171 matchs d’expérience dans la grande ligue, à part Lane Hutson, mais lui ne compte pas.

Un joueur de hockey en blanc à l'entraînement.

David Reinbacher

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans tous les cas, on est davantage au confluent des autoroutes 15 et 40 un vendredi après-midi aux couleurs d’automne que sur un chemin de campagne un lundi 15 janvier à 3 h 37. Il y a du monde et peu de temps pour prouver que l’on vaut mieux qu’un tel ou tel autre.

St-Louis a intégré des recrues tous les ans dans sa formation depuis son arrivée, ce qui est parfaitement compréhensible pour une équipe en reconstruction. Même si les dirigeants de l’organisation en parlent seulement du bout des lèvres, l’équipe en est à une autre étape et ça se reflète par la qualité de la main-d’œuvre à Brossard depuis le début du camp. Par la rareté, voire l’absence de postes disponibles aussi et par les quelques prétendants qui risquent d’être déçus d’ici le 29 septembre, jour du match d’ouverture.

On a une bonne idée de la formation de départ. Ça ne veut pas dire que les plans ne peuvent pas changer. On va jouer au hockey et on va évaluer, a dit l’entraîneur.

C’est d’autant plus ingrat pour les jeunes que la période d’évaluation est bien plus courte cette année avec 13 jours de camp à peine. Ça laisse peu de temps, et un maximum de trois matchs, pour impressionner les patrons.

Engström l’a admis.

Oui, c’est un groupe qui est difficile à percer. Ça fait en sorte que tu veux encore plus y parvenir. L’équipe est bonne, elle va l’être longtemps et tu veux en faire partie.

Le Suédois de 22 ans s’est entraîné pour ajouter du muscle à sa charpente cet été. Xhekaj et Reinbacher aussi.

L’Autrichien, par ailleurs, s’estime prêt à faire le saut dans la LNH.

Pourquoi je suis prêt? Vous allez le voir en fin de semaine, a-t-il lancé au parterre de journalistes, presque comme un défi.

Reinbacher a balayé du revers de la main les allusions à la pression ou au sentiment d’urgence qui, pourrait-on croire, pèsent sur ses épaules, plus de trois ans après que le CH en a fait la cinquième sélection du repêchage.

Je viens au travail tous les jours, je fais ce que j’aime. C’est tout, a-t-il précisé.

Petit camp, pas de problèmes

Les joueurs semblent apprécier la formule condensée du camp d’entraînement cette année. La version plus longue, héritée d’une époque où leurs prédécesseurs arrivaient au mois de septembre dans une forme discutable et utilisaient le camp pour la retrouver, semblait justement être un vestige du passé.

C’est un souci de plus pour les jeunes qui souhaitent déloger des joueurs établis, comme on vient de le montrer, mais ça convient au plus grand nombre selon les premiers échos.

Le monde du hockey s’est adapté, cet été, à cette nouvelle réalité.

Je ne vois pas de problème, nous a assuré le préparateur physique Stéphane Dubé, au téléphone, il y a quelques jours.

Les plus jeunes arrivent à 100 % de leur préparation physique et les vétérans arrivent généralement à 85, 90 % et le dernier 10 %, ils vont le chercher pendant le camp d’entraînement. Les joueurs passent beaucoup plus de temps sur la glace l’été qu’il y a 10 ans. En 35 ans, on est passé de ne pratiquement pas toucher à la glace de l’été, à une ou deux fois par semaine et, maintenant, la majorité des joueurs va sur la glace entre 30 et 40 fois, a-t-il ajouté.

Le gros point d’interrogation que j’ai tout le temps, c’est qu’il y a un monde de différence entre patiner avec un entraîneur d’habiletés et disputer des matchs avec des mises en échec […] De notre côté, on a incorporé beaucoup plus de bagarres à un contre un dans nos exercices dans les trois ou quatre dernières semaines, en prévision du fait qu’on savait que les gars allaient avoir peut-être juste deux matchs hors-concours. On a modifié notre approche, a expliqué Dubé.

Les entraîneurs peuvent maintenant plonger rapidement dans le vif du sujet. C’est le cas de St-Louis qui, de son propre aveu, s’est employé dès le premier jour à implanter de petits ajustements à la structure défensive de sa formation. On en aura un aperçu dès samedi alors que le CH et les Maple Leafs se livreront deux matchs simultanément, un à Montréal, le second à Toronto.

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