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Wednesday, October 7, 2026

Éric Duhaime «perd son temps» à s’acharner sur le tramway, selon Bruno Marchand

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Le chef du camp conservateur, Éric Duhaime, et sa « tribu » rencontreront le maire de Québec sur son passage chaque fois qu’ils vont « faire des raccourcis » pour nuire au tramway. Bruno Marchand estime que le leader de droite s’acharne sur le réseau structurant pour « mobiliser ses troupes », sans avoir la moindre chance de freiner le chantier en cours.

Le leader du camp conservateur a beau s’égosiller contre le réseau structurant de Québec, sa voix portera peu à l’Assemblée nationale sur ce dossier, calcule le maire de la capitale. La distribution des sièges fait en sorte que le gouvernement du Parti québécois, favorable au plan Cité déposé par CDPQ infra en juin 2024, pourra compter sur l’appui indéfectible de Québec solidaire pour réaliser le tramway malgré sa position minoritaire au Salon bleu.

« À la limite, les libéraux pourraient aussi voter pour, avance Bruno Marchand. [Le Parti conservateur] n’a pas ce pouvoir-là d’arriver et de nous faire reculer, c’est impossible. »

La mathématique parlementaire laisse le camp conservateur isolé sur ce dossier. Sa députation de 19 personnes pourra certes exprimer son opposition au tramway de Québec, mais elle pèsera bien peu face aux 108 autres parlementaires élus sous la bannière de partis qui, en cours de campagne, ont tous réitéré leur appui au réseau structurant.

Le leader des troupes conservatrices répète que le raz-de-marée bleu foncé survenu lundi dans la grande région de Québec a parlé haut et fort contre le tramway. Même si huit des 11 circonscriptions de la Capitale-Nationale appartiennent au camp conservateur, Éric Duhaime fait une lecture « absurde » et « ridicule » des résultats.

« M. Duhaime nous dit [que] par son élection, ça légitimise, par un résultat majoritaire, le fait d’arrêter le tramway parce qu’il a gagné beaucoup d’élus, a avancé Bruno Marchand dans une sortie sentie contre les prétentions conservatrices. Alors, on peut d’abord regarder ça sur le plan du pourcentage : dans la Capitale-Nationale, M. Duhaime et ses candidats ont obtenu 36 % des votes. [… ] Donc, si on suit sa logique, il a perdu ce référendum qu’il prétend être un référendum contre le tramway. »

Le gouvernement doit encore recevoir le plan d’affaires conçu par CDPQ Infra en collaboration avec les consortiums sélectionnés pour mener la réalisation du chantier jusqu’à sa livraison prévue en 2033. Le gouvernement doit encore signer une entente de réalisation, attendue au plus tard en juillet prochain, pour accorder le dernier feu vert au tramway.

Une facture à préciser

Mercredi, le chef conservateur, Éric Duhaime, laissait planer le doute sur le « coût réel » du réseau structurant, que les dernières évaluations estiment, à 7,6 milliards de dollars. « Ce n’est pas une question d’être pour ou contre le tramway, a insisté le meneur des troupes conservatrices mercredi matin. On ne connaît pas les coûts finals du projet : est-ce qu’on peut avoir la prudence d’attendre de savoir ça va être quoi avant de continuer à injecter des milliards dans un projet dont on ne sait pas où ça s’en va ? »

En conférence de presse mercredi, Éric Duhaime a soutenu que le maire avait lui-même plafonné la facture à 10 milliards de dollars dans le passé. « J’ai déjà entendu Bruno Marchand dire que si les coûts dépassent 10 milliards, lui-même est contre », a insisté le chef conservateur.

« Il faudrait que je me réécoute, a répliqué le maire plus tard dans la journée, parce que je ne peux pas prétendre là-dessus qu’il ment, pas du tout. J’ai toujours dit qu’on ne pouvait pas faire ce projet à n’importe quel prix, a ajouté Bruno Marchand. Maintenant, je n’ai jamais mis de limite, je n’ai jamais mis de ligne en disant : “si ça va au-delà, on arrête.” »

Dans les rues de Québec, le chantier paraît bel et bien entamé. Les travaux pour construire la trémie du tunnel devant relier la haute-ville et la basse-ville de Québec doivent commencer à voir dans les prochains jours, voire les prochaines semaines.

Tout au long des 19,3 km du tracé, les excavatrices creusent pour doubler les réseaux souterrains et pour construire les ponts d’étagement nécessaires. Certaines rues, à l’exemple de Dorchester et de la Couronne dans le quartier Saint-Roch, ont connu des modifications importantes en vue de devenir à double sens ou complètement piétonnes dans la foulée du tramway.

« On va être à une journée de faire rouler le tramway puis ils vont nous dire qu’on peut encore revenir en arrière, estime le maire Bruno Marchand. C’est un discours qui, pour eux, mobilise leurs troupes et c’est un discours qui est complètement non-constructif. »

La campagne électorale a intensifié le bras de fer auquel les deux politiciens se livrent autour du tramway. Le maire de Québec a défendu bec et ongles le réseau structurant face aux réticences du gouvernement de François Legault, avant de voir ce dernier confier la maîtrise d’œuvre à CDPQ Infra.

Le Parti conservateur et l’opposition municipale à l’hôtel de ville, âmes sœurs idéologiques sur plusieurs enjeux dont le tramway, veulent devenir les fossoyeurs du tramway. Les sondages d’opinion, la coupe d’arbres, le financement fédéral, l’inefficacité du mode de transport choisi, la crainte d’une défiguration de la ville de Québec, les éventuels dépassements de coûts et la « guerre à l’auto » ont tous, au fil des années, alimenté leur opposition à son endroit.

Il y a un mois, le chef de Respect Citoyens, seul parti d’opposition à Bruno Marchand à la mairie de Québec, a même indiqué qu’un vote pour le Parti conservateur constituait un vote pour arrêter le tramway.

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