Manifestations en France : 110.000 personnes dans le cortège à Paris, des heurts en fin de cortège

A Paris, 110.000 personnes se sont rassemblées selon la préfecture de police, près de 250.000 selon les chiffres de le syndicat CGT.
Le cortège, parti vers 14h00 de la porte d’Italie, a "atteint la porte de Vincennes", à 17h00, a précisé la même source. "Plus de 3000 contrôles" ont été réalisés et 65 personnes ont été interpellées, a précisé la préfecture de police.
Ce cortège syndical était le seul autorisé dans la capitale française. Mais son parcours a été modifié par les autorités. Le rassemblement devait, à l’origine, se dérouler entre Bastille et Nation mais il aura finalement eu lieu en lisière de Paris, entre la Porte d’Italie et la Porte de Vincennes. Les organisateurs ont dénoncé cet itinéraire "imposé".
A la fin de ce rassemblement autorisé, la police a fait usage de lanceurs d’eau et de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Selon la préfecture de police, "plus de 500 casseurs s'en prennent aux forces de l'ordre" en fin de cortège.
Du côté de la place de la Bastille, les forces de l’ordre ont évacué des manifestants tentant de se rassembler, point de départ initial envisagé par les organisateurs.
Plusieurs musées parisiens, dont le Louvre et Orsay, ont fermé leurs portes samedi. Le couvre-feu a été reconduit dans les périmètres de la place de la République et des Halles de 23h00 à 06h00 jusqu’à lundi matin.
Des interdictions de manifester ont été prises dans de nombreuses villes dont Nancy, Metz, Besançon, Belfort, Rouen, Le Havre, Toulon.
A Nantes, des heurts ont éclaté entre les forces de l’ordre et des manifestants, qui ont réussi à rejoindre le centre-ville, dans le périmètre interdit par la préfecture. Sous la pluie et les quelques feux d’artifice tirés par des participants, la tête de la manifestation a été repoussée avec des grenades et du gaz lacrymogène, avec une charge des forces de l’ordre.
A Lyon, environ 10.000 personnes au total ont défilé de façon erratique, souvent par groupes, samedi, et ce malgré l’absence de manifestation autorisée et un périmètre d’interdiction de rassemblement élargi dans le centre, selon un décompte de la préfecture du Rhône. En réponse, les policiers étaient mobiles, se déplaçant rapidement dans les rues pour disperser ça et là les groupes à l’aide de gaz lacrymogènes pour éviter qu’ils ne grossissent ou se dirigent là où des magasins ont été pillés le 17 octobre et l’office du tourisme incendié. Des véhicules blindés de type Centaure ont été déployés.
À Marseille, après avoir annoncé l’interdiction de tout rassemblement, la préfecture a finalement accordé une autorisation "à titre dérogatoire" à la manifestation intersyndicale. Des échauffourées ont éclaté un peu avant 17h00.Les CRS ont notamment mené des charges pour disperser quelques dizaines de personnes, principalement vêtues de noir, leur jetant des projectiles et un conteneur à poubelle a été incendié. Le couvre-feu pour les mineurs dans l’hypercentre de la ville et certaines zones commerciales a été élargi aux majeurs pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi.
A Limoges, après avoir été interdites, les manifestations ont été autorisées par la justice administrative. Mais, le préfet de Haute-Vienne, en France, a publié samedi un nouvel arrêté interdisant tous les rassemblements de plus de 20 personnes dans une vaste partie de Limoges. Plus d’un millier de personnes ont donc convergé vers un point de rassemblement dans le centre de Limoges, relayé sur les réseaux sociaux, avant d’apprendre, juste avant 14h00, horaire prévu du début de la mobilisation, que le préfet avait pris un nouvel arrêté. "Donc on nous dit que c’est possible, puis ça ne l’est plus… Ils cherchent juste un prétexte pour aller au contact avec nous et nous disperser ?", a déclaré Cécile, interrogée par un correspondant de l’AFP, avant que le cortège ne s’ébranle.
A Toulouse encore, un jeune homme de 20 ans a été grièvement blessé à la main lors de heurts avec les forces de l'ordre. "Les circonstances de cette blessure ne sont pas connues à ce stade. Des investigations seront menées, sous la responsabilité de l'autorité judiciaire, pour faire la lumière sur cet événement", a précisé la préfecture de Haute-Garonne.
A Lille, des lacrymogènes, des grenades de désencerclement et des canons à eau ont été employés pour mettre un terme à un rassemblement à son arrivée et, à Grenoble, près de 400 individus masqués ont commis des dégradations et attaqué les forces de l'ordre à coups de mortiers et de projectiles, selon la préfecture.
Au total, à la mi-journée, 135 personnes ont été interpellées en France, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait affirmé vendredi soir que "le niveau de menace rest (ait) élevé", ciblant particulièrement "l’ultragauche" et "la délinquance". Il a défendu un dispositif sécuritaire adapté après les débordements du 17 octobre.
Militaires de la force Sentinelle, unités d’élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid ou le GIGN, hélicoptères et blindés : le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, critiqué de toutes parts pour la gestion du week-end dernier, avait annoncé pour samedi un dispositif policier "massif", avec 70.000 policiers et gendarmes mobilisés, soit près de 20% de plus que la semaine précédente.
Il a prévenu que les forces de l’ordre seraient "intraitables" face à d’éventuels casseurs, une semaine après des dégradations commises en marge de la mobilisation contre la vie chère surtout à Paris, Marseille et Lyon, y compris le lendemain. Près de 3000 commerces ont été vandalisés. Le week-end dernier, 550.000 personnes avaient défilé dans le pays, selon les autorités.
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