De l’importance du «camera pool»
Des ailes ont poussé mercredi sur le dos de la caravane électorale du Parti québécois.
Plutôt que d’emprunter son fidèle autobus de campagne, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, s’est assis dans un petit avion modèle Beech 1900D qui est parti du tarmac du MET — Aéroport métropolitain de Montréal vers Rouyn-Noranda, Baie-Comeau, puis Gaspé, trois secteurs qu’il compte ramener dans le giron de son parti le 5 octobre.
Si Le Devoir n’a pas pu accompagner PSPP dans sa grande épopée aérienne, mercredi, il a toutefois pu garder un œil attentif sur lui, grâce au travail d’un caméraman aguerri.
Depuis le début de la campagne, Guy Renaud, de TVA, assure les services du « camera pool » dans la caravane péquiste. Avec sa caméra, il suit tous les faits et gestes — publics — de Paul St-Pierre Plamondon. Ses images sont retransmises aux médias abonnés, qui peuvent ainsi observer ce qui se passe à distance.
Dans chaque caravane, le travail de ces professionnels ne s’arrête pas qu’aux annonces et aux mêlées de presse. Il inclut également la captation des moments qui n’étaient pas prévus dans l’itinéraire du chef. Comme mercredi matin, quand une citoyenne rouynorandienne a interpellé directement M. St-Pierre Plamondon sur le sujet de la fonderie Horne.
Cette membre de l’organisme Mères au front reproche au chef péquiste d’avoir affaibli sa position sur les délais offerts à la multinationale Glencore pour réduire radicalement la concentration d’arsenic dans l’air du chef-lieu de l’Abitibi-Témiscamingue.
« Il y a trop de délais, voyons donc ! » a-t-elle lancé. « Moi je m’en remets à la communauté, qui a évalué si ce qui était fait avait du sens ou […] pas de sens », a répondu PSPP à voix basse, mais pas assez basse pour éviter le puissant micro de Guy Renaud. « Là, tu as quand même plein d’intervenants, dont les syndicats de travailleurs qui ont dit “ç’a du bon sens”. »
Pressé par le temps, l’aspirant premier ministre est reparti vers son avion pendant que des manifestants chantaient : « Nos vies valent plus que leur profit ! » « Pas le temps de prendre des selfies », lui a dit sa cheffe de mission, France Amyot — un autre moment qu’a pu capter le caméraman.
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