L’accès à la Maison-Blanche est « un privilège, pas un droit », dit l’administration Trump

Le président des États-Unis est en droit d'interdire aux médias l'accès à certaines zones de la Maison-Blanche, selon l'administration Trump, qui défend l'exclusion de CNN, MS NOW et Politico dans un document remis à la justice.
Une première audience est programmée mercredi à Washington dans le cadre des poursuites engagées par les trois organes de presse contre leur mise à l'écart par Donald Trump.
L'accès à la Maison-Blanche est un privilège, pas un droit
, martèle le département américain de la Justice dans un mémoire déposé mardi soir.
Il estime qu'à tout le moins, le gouvernement peut contrôler l'accès des journalistes à des zones présidentielles restreintes, comme le bureau ovale, même pour des raisons discriminatoires
liées à des désaccords sur leur couverture.
Dans son document, le département justifie aussi la décision présidentielle par des considérations de sécurité nationale
.
Il est reproché à CNN, MS NOW et Politico d'avoir publié des informations sensibles ou classifiées
dans leurs couvertures sur la guerre en Iran ou des travaux de construction de la salle de bal de la Maison-Blanche.
Le mémoire du département de la Justice comprend aussi trois lettres adressées à chacun des médias exclus, détaillant de nombreux incidents de couverture
pour expliquer leur bannissement et leur donnant jusqu'à vendredi pour les contester formellement.
Le service de presse de la Maison-Blanche, dont émanent ces envois, les accuse d'avoir propagé des contre-vérités
.
Il cible les trois médias pour leurs informations des derniers mois sur la pénurie de munitions de l'armée américaine du fait de la guerre en Iran, contestée par Donald Trump, mais qu'un rapport du Pentagone a confirmée à la mi-septembre.
Détails top secret
La lettre adressée à CNN reproche aussi à la chaîne d'avoir révélé des détails top secret
du projet de construction d'un bunker sous la salle de bal en chantier de l'aile Est de la Maison-Blanche.
Donald Trump s'en est à nouveau pris à la chaîne devant la presse en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Je suis surpris que CNN soit ici pour me couvrir, vous ne devriez pas être là
, a-t-il dit.
CNN, MS NOW et Politico ont saisi la justice en demandant la suspension en urgence de leur interdiction d'accès à la Maison-Blanche, au nom de la liberté de la presse garantie par la Constitution américaine.
L'affaire a été attribuée, par pure coïncidence, à un juge déjà saisi pendant le premier mandat de Donald Trump du cas d'un journaliste de CNN privé d'accréditation après un échange tendu avec le président américain.
Le magistrat en question avait exigé que la Maison-Blanche lui rende son badge, ce qu'elle avait fait au bout de douze jours.
Donald Trump a laissé entendre ces derniers jours qu'il s'attendait à une nouvelle décision favorable aux médias, indiquant déjà sur Truth Social qu'il ferait appel
.
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