Rentrée des Engagés : "Je pourrais vous dire que tout va bien, mais ce serait vous mentir" déclare Yvan Verougstraete en ce week-end de conclaves

Face à plus de 1500 militants, le président des Engagés a d’emblée joué la carte de la transparence. "Je pourrais vous dire que tout va bien", a lancé Yvan Verougstraete, "qu’il suffirait que l’un ou l’autre fasse des efforts pour se baisser et ramasser quelques milliards, mais ce serait vous mentir" assume-t-il. Le contexte est celui des négociations budgétaires à tous les échelons de pouvoir. Jusqu’ici, seule la Flandre est parvenue à un accord. Mais du côté fédéral, wallon et bruxellois, l’heure en est toujours aux discussions.
"La responsabilité politique, ce n’est pas de flatter les frustrations", poursuit Yvan Verougstraete. "C’est de dire la vérité telle qu’elle est, même lorsqu’elle déplaît". Il appelle ensuite à une gestion courageuse. Son parti, explique-t-il, assumera des décisions difficiles, souvent impopulaires, mais nécessaires, selon Les Engagés.
Les militants veulent des résultats : "On doit penser aux jeunes"
Dans la foule à Maredsous, environ 1500 adhérents et militants des Engagés. La plupart sont acquis à la cause du parti. Certains restent toutefois critiques et sont venus à la rentrée du parti avec des attentes concrètes. "J’attends des résultats, j’attends de voir", explique une dame. "J’estime qu’on nous a fait beaucoup de promesses et qu’on ne voit pas venir grand-chose. Mais on doit pouvoir aider les jeunes qui arrivent derrière nous. C’est à eux que l’on doit penser."
D’autres se risquent à glisser des idées aux oreilles des dirigeants qu’ils soutiennent : "Que Les Engagés fassent une démocratie participative. Qu’ils demandent aux membres de voter et qu’ils s’en tiennent aux résultats", lâche un militant. "Ça ne va pas de dire 'oui on vous écoute' et de décider d’autre chose."
Pendant ce temps-là, les budgets se négocient
Une absence remarquée au congrès de rentrée des Engagés : Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre du gouvernement Arizona. Il est resté à Bruxelles pour prendre part au conclave budgétaire autour du Premier ministre Bart De Wever.
Si le gouvernement flamand a bouclé son budget, ce week-end est en effet placé sous le signe des négociations aux niveaux fédéral et bruxellois. Les Engagés font partie de la majorité à ces deux niveaux.
Au fédéral, Bart De Wever cherche 10 milliards d’euros. Les discussions ont repris ce dimanche midi et sont annoncées au finish. Sur la nouvelle note présentée par le Premier ministre, le président des Engagés ne mâche pas ses mots "Elle est un petit peu plus équilibrée mais il y a encore énormément de travail", explique Yvan Verougstraete. "On voit bien qu’il y a encore de vraies options qui doivent être négociées. Aujourd’hui on est encore très loin d’un accord."
À Bruxelles, le dernier rush est lancé. Le ministre-président Boris Dilliès (MR) espère toujours pouvoir présenter les chiffres et une note de politique générale lundi au parlement bruxellois. Sauf que la première journée de négociations, samedi, a été très tendue. Il ne reste que ce dimanche pour tenter d’apaiser les frictions. L’objectif est de réduire le déficit à 719 millions d’euros en 2027, contre 957 millions en 2026.
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