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Saturday, October 3, 2026

La "roue du diable" de l’Oktoberfest au cœur d’un scandale voyeuriste

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Ces vidéos, partagées sur les réseaux sociaux tels que TikTok, YouTube ou encore Instagram, engrangent des millions de vues. Et les titres de celles-ci ne peuvent être plus évocateurs : "Filles ivres et sexy", "Tour de manège torride à l’Oktoberfest", "Sexy Babe sur la roue du diable"… Peu de doutes sur les intentions derrière ces vidéos. Certaines images de prévisualisation de ces vidéos sont également générées à l’aide de l’intelligence artificielle afin de sexualiser ces femmes.

Les journalistes bavarois de l’ARD ont mis en lumière que derrière ces comptes se cachaient des utilisateurs allemands, mais aussi ukrainiens. Une femme située en Haute-Bavière proposait également à la vente plus de 500 vidéos inédites pour une centaine d’euros.

Selon le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung, au moins 32.000 vidéos montrant des femmes sur la "Teufelsrad" ont circulé.

Plusieurs des vidéos liées au phénomène ont depuis été supprimées suite aux investigations de l’ARD.

Des victimes désemparées

Les journalistes de l’ARD ont pu s’entretenir avec plusieurs victimes, dont une femme apparue dans une vidéo virale visionnée plus de 74 millions de fois. La vidéo la montrait jambes nues et en sous-vêtements. La section commentaire contenait quant à elle de nombreux commentaires désobligeants.

Elle raconte comment, plusieurs mois après sa visite à l’Oktoberfest, elle a reçu un message d’une connaissance qui l’avait reconnue. Elle a été choquée par la vidéo : "On voit tout simplement beaucoup trop de peau à mon goût. Mais le pire, c’était tout simplement le contexte dans lequel la vidéo avait été diffusée. Je crois qu’à l’époque, la vidéo s’intitulait "Sexy Babe sur la roue du diable", et c’était en fait le pire", révèle-t-elle à nos confrères de l’ARD. "C’est tout simplement désagréable quand on imagine ce que font ces hommes en regardant la vidéo", ajoute-t-elle.

C’est tout simplement désagréable quand on imagine ce que font ces hommes en regardant la vidéo

L"upskirting", ou le fait de filmer sous les jupes, est illégal en Allemagne. De tels actes sont passibles d’une peine de deux ans de prison.

La victime, interrogée par l’ARD, a indiqué avoir intenté une action en justice, mais la procédure a été classée sans suite. La raison est souvent la même dans ce genre de cas : bien que filmer sous les jupes soit interdit depuis 2021, la disposition ne s’applique pas lorsque, comme dans le cas de cette jeune femme, c’est l’ensemble de la "Teufelsrad" qui est filmé ou que l’image ne se concentre pas uniquement sur les parties intimes.

Josephine Ballon, directrice générale de HateAid – une organisation à but non lucratif qui défend les droits humains dans le domaine numérique – fait état "d’une situation exceptionnelle, associée à une perte de contrôle considérable et à un stress psychologique important" chez les victimes, qui annoncent pour la plupart avoir constaté que les forces de l’ordre ne prennent pas ces affaires au sérieux.

Même Josephine Ballon affirme qu’un nouveau texte de loi est en projet, la législation actuelle ne s’applique que lorsque l’on filme sous une jupe, et non lorsque celle-ci se soulève simplement et est photographiée.

De premières mesures insuffisantes

Les organisateurs de la "Roue du Diable" ont déclaré avoir pris des mesures pour prévenir le voyeurisme sous les jupes depuis 2024. Des panneaux, affichés tant en allemand qu’en anglais, indiquent que cette pratique est interdite et des rappels sont réalisés au micro. Ils affirment par ailleurs que la police est systématiquement appelée en cas de suspicion.

Pourtant, les équipes de l’ARD ont observé que des personnes présentes filmaient toujours l’événement, sans être interpellées.

Les organisateurs, rencontrés par la correspondante bavaroise de la BBC, affirment qu’il est impossible de contrôler toutes les personnes qui filment avec leur smartphone.

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