Les chauffeurs de taxi de l’aéroport de Montréal à l’arrêt vendredi
Pour la deuxième fois en une semaine, les quelque 500 chauffeurs de taxis de l’aéroport Montréal-Trudeau préparent une grève vendredi. Pendant quatre heures, certains d’entre eux arrêteront de servir les voyageurs afin de dénoncer la hausse des dépenses annuelles imposées par l’entreprise Taxelco pour exercer leur travail à l’aéroport.
Il s’agit de la deuxième grève des chauffeurs de taxi, la première ayant eu lieu le 21 août et étant restée lettre morte. À plusieurs occasions vendredi dernier, aucun taxi n’était présent pour prendre des voyageurs pendant près de 10 minutes à la fois, selon les organisateurs. Cette semaine, le Groupement de chauffeurs de Taxis de l’aéroport (GCTM) espère avoir autant, sinon plus, de participants à la manifestation. « Cette nouvelle mobilisation doit être massive », écrit le regroupement dans son communiqué partagé jeudi.
« Assez c’est assez », raconte pour sa part Rahim Rashidi Nejad, chauffeur de taxi depuis les années 1990, au bout du fil.
En 2025, Taxelco, dirigé par Pierre Karl Péladeau, a pris le monopole des taxis à l’aéroport montréalais. Depuis, les chauffeurs qui veulent embarquer des voyageurs doivent payer des frais de plus de 800 $ par mois pour pouvoir accéder à l’aéroport. « Oublie ça huit heures par jour, ça n’existe pas. Les gens sont obligés de travailler 14-15 heures pour faire un peu de profit. Et à la fin, ils ne font même pas 12 ou 13 dollars de l’heure », décrit celui qui fait encore, à temps partiel, des courses depuis l’aéroport.
Cotisations mensuelles, redevances aéroportuaires, frais d’installation d’enseignes de Taxelco sur les voitures : les montants déboursés par les chauffeurs de taxi ont atteint des sommets inédits et intenables, soutient l’organisation.
Mais avant tout, ce que réclament les chauffeurs, c’est de pouvoir rencontrer des dirigeants de Taxelco. Depuis que l’entreprise a le monopole des taxis de l’aéroport, les discussions avec les dirigeants, que ce soit de l’entreprise ou de l’aéroport elle-même, sont plutôt difficiles, explique M. Rashidi Nejad. Même après leur première mobilisation vendredi dernier, personne ne les a contactés. « On a besoin de quelqu’un de solide, qui veut trouver une solution avec nous. »
« Nous souhaitons une relation fondée sur un véritable partenariat : à nous d’assurer notre disponibilité, la permanence du service et l’excellence auprès des clients ; à Taxelco de créer les conditions permettant de défendre et d’accroître notre part de marché, dans un contexte de concurrence de plus en plus féroce, au bénéfice de tous », écrit l’organisation. Elle précise que la démarche n’est « ni une confrontation, ni une logique d’affrontement ».
« Nous croyons au contraire qu’un dialogue constructif peut être bénéfique pour tous. »
Action collective
Il y a quelques jours, le GCTAM a déposé une demande pour autorisation d’exercer une action collective contre Taxelco. Il réclame des dédommagements pour les frais imposés depuis l’arrivée de Taxelco à l’aéroport de Montréal à environ 535 véhicules, peut-on lire dans les documents déposés à la Cour.
On y découvre entre autres que Taxelco aurait demandé en janvier 2026 aux chauffeurs de taxi de louer des dômes à l’effigie de Téo taxi (Taxelco), pour près de 10 $ par semaine, en plus de leur demander de payer des frais d’installation de 75 $ et de remettre à l’entreprise un dépôt de 250 $. L’entreprise demandait aussi aux chauffeurs voulant exercer à l’aéroport un montant de 6,44 $ par trajet effectué, ainsi que des allocations mensuelles.
Contacté au sujet de la grève et de l’action collective, Taxelco a répondu qu’elle et ses dirigeants « sont informés de la situation. Comme la question soulève des enjeux qui sont maintenant judiciarisés, Taxelco ne fera aucun commentaire à ce sujet ».
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