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Saturday, October 24, 2026

Tomb Raider a 30 ans : on a classé les jeux de la saga pour fêter ça

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Lara Croft fête aujourd’hui ses 30 ans. En effet, c’est le 24 octobre 1996 que le tout premier Tomb Raider est sorti sur Sega Saturn (une exclusivité temporaire avant des versions PC et PlayStation fin novembre). Pour célébrer dignement un anniversaire aussi symbolique, on s’est plongé dans l’histoire de la série pour classer avec une rigueur scientifique et sans la moindre once de mauvaise foi les épisodes principaux du meilleur au moins bon. Joyeux anniversaire, pilleuse de tombe !

1 – Tomb Raider (1996)

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La rencontre avec le T-Rex (un allosaure, en réalité), un des moments les plus mythiques de l’histoire du jeu vidéo. // Source : Eidos

D’un certain point de vue, ça pourrait sembler triste de se dire que le meilleur épisode reste le premier et que par conséquent jamais la série n’aura réussi à atteindre le même niveau d’excellence par la suite. Je pense surtout que cela atteste du coup de génie incroyable que fut le premier Tomb Raider. Ensuite, ça montre aussi à quel point ce fut un jeu novateur, révolutionnaire et surprenant au point de marquer durablement celles et ceux qui ont eu le bonheur de le découvrir à l’époque. Des séquences mythiques à foison, des énigmes géniales, un level design fantastique, un gameplay étourdissant (pour l’époque)… Tomb Raider est absolument indétrônable à tous points de vue, en espérant que le remake, sous-titré Legacy of Atlantis, soit à la hauteur.

2 – Tomb Raider IV : La Révélation finale (1999)

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Un épisode fidèle à la formule originelle tout en étant incroyablement créatif. // Source : Eidos

Sorti dans un contexte difficile — à l’orée d’un changement de génération, après un troisième épisode décevant et, surtout, face à une concurrence assez folle (1999, c’est Soul Reaver, Silent Hill, Shenmue…) –, Tomb Raider IV est un épisode souvent oublié alors que c’est probablement le plus abouti de la formule originelle. Niveaux gigantesques et interconnectés, énigmes originales et d’une formidable inventivité, bestiaires variés et créatifs… Malgré un temps de développement de quelques mois, l’équipe du jeu s’est surpassée pour livrer une aventure absolument génial dont le seul petit bémol est peut-être le léger manque de variété des décors centrés sur l’Égypte et un peu de Grèce. Mais, cerise sur le gâteau : la fin est vraiment une révélation finale effectivement bouleversante. À retrouver dans la compilation Tomb Raider IV-VI Remastered.

3 – Tomb Raider: Underworld (2008)

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Désormais sur la next gen de l’époque, Tomb Raider peut déployer des niveaux encore plus vastes et spectaculaires. // Source : Eidos

Comme La Révélation finale, Underworld a beaucoup pâti de son contexte de sortie. Arriver sur les toutes fraîches et pimpantes PS3 et Xbox 360 quelques mois après les premiers épisodes spectaculaires de futurs mastodontes comme Uncharted et Assassin’s Creed, ça n’aide pas. Pourtant, là encore, on est face à un épisode très fidèle à l’esprit originel de la série, mais avec la dose de modernité qu’a su apporter Crystal Dynamics, nouvel artisan de la licence après la terrible descente aux enfers de Core Design. Très beau, varié, piochant habilement dans de puissants mythes historiques et proposant un beau voyage autour du monde dans une série de temples et niveaux intelligemment conçus, Underworld vaut vraiment le détour. Il est d’ailleurs trouvable pour une bouchée de pain sur Steam aujourd’hui et reste très jouable pour les curieux et curieuses.

4 – Tomb Raider II (1997)

Après l’improbable succès du premier épisode, deux de ses créateurs (dont Toby Gard) claquent violemment la porte du studio. Ça n’empêchera pas l’équipe de poursuivre sur sa lancée, de peaufiner un moteur 3D déjà très performant et d’ainsi livrer une suite qui emmène la jeune série bien plus loin. Les niveaux grandissent démesurément, les énigmes se complexifient et Lara Croft peut même utiliser des véhicules dont le fameux bateau dans les canaux de Venise. Au passage, Tomb Raider II essaie de répondre à une des principales critiques de son prédécesseur en injectant de l’action à tout-va avec des dizaines et dizaines d’ennemis à dégommer. Ça devient un peu délirant de ce point de vue et affecte la difficulté d’un jeu déjà loin d’être évident. Mais l’aventure reste mythique à bien des égards.

5 – Tomb Raider: Anniversary (2007)

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Simple main en pierre cachée dans un recoin de niveau dans le premier Tomb Raider, la statue du roi Midas prend une tout autre ampleur dans ce premier remake. // Source : Eidos

Eh oui, avant Legacy of Atlantis, le premier Tomb Raider est déjà passé par la case remake. Au départ, c’est Core Design qui devait s’en charger dans l’espoir d’éviter la mort du studio (spoiler : ça n’a pas marché), mais Crystal Dynamics leur a chipé l’idée et produit en quelques mois une version Anniversary brillante. Grâce à la souplesse du gameplay initié par Legend et un bond en avant graphique absolument vertigineux, cette relecture du premier épisode transcende son matériau de base sans le dénaturer une seule seconde. On redécouvre ainsi tous ces lieux légendaires avec un regard nouveau, propice à l’émerveillement.

6 – Shadow of the Tomb Raider (2018)

Il était temps qu’un épisode récent apparaisse dans ce top impartial et objectif et c’est évidemment le dernier de la trilogie Survivor qui aura cet honneur. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est le plus Tomb Raider des trois. Oui, il y a bien trop de tics de game design typique des AAA des années 2010, mais au moins, on a enfin de vrais grands temples, des puzzles et des énigmes, et une aventurière aguerrie un peu moins malmenée que dans les deux précédents jeux.

Shadow of the Tomb Raider // Source : Square Enix

7/10

Points forts

  • Des graphismes de rêve (merci le HDR)
  • Les phases façon Predator
  • Des séquences intenses

Points faibles

  • Même jeu qu’en 2013
  • Il est où le défi ?
  • Tombes décevantes

7 – Tomb Raider (2013)

À l’échelle de la série, le reboot de 2013 est important, certes. Mais soyons honnête, il n’a de Tomb Raider que le nom et son héroïne. Car, dans les faits, on est plus face à une espèce d’Uncharted sordide qui fait tout pour torturer une jeune Lara Croft qui passe son temps à affronter les pires sévices qu’à nous faire découvrir des temples millénaires et résoudre des énigmes. Cela reste un épisode intéressant si on le met en perspective de la trilogie Survivor qu’il va initier. En outre, il a le mérite d’être rythmé et de proposer pas mal de belles idées de mise en scène, notamment au travers d’un joli travail sur la caméra.

8 – Rise of the Tomb Raider (2015)

Deuxième volet de la trilogie Survivor, Rise of the Tomb Raider fait évoluer la formule de son prédécesseur pour y ramener enfin un peu d’exploration et d’archéologie, notamment au travers de ses zones ouvertes cachant quelques temples. Ça marche pas trop mal, mais le jeu glisse très facilement vers le AAA générique et paraphrase en plus beaucoup le reboot de 2013 dans sa structure et ses séquences de jeu. En outre, le scénario ne vole pas bien haut et, contre l’avis de sa propre directrice de la narration, enferme Lara Croft dans le rôle d’une fille totalement sous la coupe d’une figure paternelle toxique. Pas la Lara qu’on aime.

9 – Tomb Raider: Legend (2006)

Pas facile de succéder à Core Design, même après le naufrage de L’Ange des ténèbres. Pour son premier Tomb Raider, Crystal Dynamics n’avait vraiment pas démérité en s’accaparant la licence pour la moderniser et enfin tourner le dos à sa maniabilité si rigide. Beau, rythmé et dynamique, Legend ne manque pas d’arguments, mais souffre tout de même d’une aventure bien courte et de quelques errances créatives comme des phases en moto assez insupportables. Bref, un premier essai prometteur pour le studio californien, mais loin d’être abouti. Les coupes faites dans la dernière ligne droite du développement n’y sont pas étrangères…

10 – Tomb Raider III (1998)

Engagés dans un cycle de sortie annuel dès ses tout débuts, les développeurs et développeuses de Core Design qui se sont succédés sur la licence étaient lancés dans un rythme infernal et franchement malsain. Tomb Raider III va clairement faire les frais de ce marathon déraisonnable. Enfermée en huis clos, l’équipe du jeu tombe dans une routine créative et livre, non seulement un épisode qui radote beaucoup par rapport à Tomb Raider II, mais en plus s’enfonce dans une spirale de difficulté invraisemblable, à la fois pour les combats et les phases de plateforme que dans l’exploration avec un level design d’une complexité folle. Moralité : le crunch, c’est mal.

11 – Tomb Raider : L’Ange des ténèbres (2003)

C’est un jeu maudit, tout simplement. Porté par le succès des premiers épisodes, les patrons de Core Design ont eu des idées totalement démesurées pour leur basculement vers la PlayStation 2 sans une seconde donner les moyens à leur équipe de faire quoi que ce soit. Résultat : un empilement ridicule de toutes les idées à la mode de l’époque (du RPG, un peu de Shenmue, de l’infiltration…) alors que le gameplay de base n’était même pas fonctionnel car il a fallu repartir de zéro techniquement et que la production était totalement désorganisée. Après des mois de retard, le jeu a fini par sortir dans un état lamentable : vidé des deux tiers du contenu initialement prévu, perclus de bugs et pas loin d’être injouable par endroit. Le studio anglais ne se relèvera jamais de cet échec cuisant.

12 – Tomb Raider : Sur les traces de Lara Croft (2000)

Voilà notre bon dernier. Et si vous ne me croyez pas, dites-vous que ses créateurs eux-mêmes avaient conscience de faire un jeu naze — « un ramassis de vieilles conneries » pour citer directement l’un d’eux. Le jeu visite par flashback des moments de la vie de la riche aventurière morte dans Tomb Raider IV et saute ainsi dans différents chapitres qui n’ont aucun rapport et partent dans tous les sens aussi bien d’un point de vue artistique qu’au niveau du gameplay. Un jeu aussi foutraque que rébarbatif sorti en 2000 sur une première PlayStation autant en fin de vie que cette séquence de cinq jeux sortis en cinq ans et franchement à bout de souffle.

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