Des fouilles archéologiques sur le site de la future clinique Saint-Pierre à Wavre

Sur environ dix hectares, deux pelleteuses décapent le sol par fines couches de cinq centimètres, à la recherche de vestiges. Sous l’œil des archéologues de l’AWaP, les fouilles se concentrent sur de longues tranchées creusées tous les dix mètres.
"Dans un premier temps, on enlève la couche arable, la couche qui est cultivée, explique Gaëlle Dumont, archéologue. Et puis on arrive progressivement sur le sol en place (la couche du sol qui n’a pas été modifiée par l’activité humaine, ndlr), dans lequel se trouvent les éventuels vestiges archéologiques. Un vestige, c’est tout témoin matériel d’une occupation. Cela peut être quelque chose de très spectaculaire comme une route, une villa ou un cimetière. Mais la plupart du temps, ce sont des traces plus fugaces."
Aucune découverte jusqu’à présent
Jusqu’ici, à part quelques traces de racines décomposées, les archéologues n’ont rien découvert. Mais on n’est pas à l’abri d’une surprise, comme ce fut le cas en 2012 lorsque des fouilles du même genre avaient mis au jour le squelette assez bien conservé d’un soldat de la bataille de Waterloo, à l’endroit où le parking du Mémorial 1815 devait être construit.
"On connaît assez peu de choses dans les environs immédiats, poursuit Gaëlle Dumont. Pas forcément parce qu’il n’y a rien, mais parce qu’on n’a pas eu l’occasion de faire des recherches. Donc c’est toujours intéressant d’ouvrir des fenêtres sur des grandes surfaces comme ça. On connaît quand même un site de l’âge du fer à 800 mètres d’ici qui avait été découvert préalablement à la construction d’un lotissement. Donc il n’est pas impossible qu’on retrouve des vestiges de l’âge du fer ici ou de n’importe quelle autre période."
Gaëlle Dumont, archéologue, et Christophe Arnould, responsable du projet de nouvel hôpital. © Hugues Van Peel – RTBF
Le fait de n’avoir rien trouvé jusqu’à présent peut apparaître frustrant pour les archéologues. Mais l’absence de vestiges est aussi une information précieuse.
"C’est intéressant aussi pour nous de savoir que ce terrain est a priori libre de vestiges archéologiques."
Pas d’impact sur le futur chantier
Et si les archéologues découvrent finalement quelque chose d’important, cela ne perturbera pas le futur chantier de la clinique Saint-Pierre, qui ne commencera pas avant 2027.
"Si on a effectivement des vestiges et qu’on doit faire une fouille plus importante, on a le temps, ajoute l’archéologue. Donc c’est l’idéal de travailler dans des conditions comme ça."
"On a anticipé cette étape-ci pour éviter d’avoir un décalage du planning si jamais des éléments intéressants étaient trouvés sur le site, ajoute Christophe Arnould, chef de projet. Et puis cette étape-ci précède deux autres étapes. Ce sera d’abord la démolition des anciens bâtiments du Domaine du Blé qui est planifiée de mi-octobre à mi-novembre. Ensuite on passera au défrichage du site."
De longues tranchées ont été creusées sur le terrain où la clinique sera construite. © Hugues Van Peel - RTBF
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