Rapprochement entre l’Europe et le Canada : que signifie être "membre associé" de l’Union européenne ?

Très peu de détails concernant cette volonté de rapprochement annoncé par Ursula von der Leyen sont donc disponibles. Et surtout, note Marianne Dony, d’autres chantiers entre le Canada et l’Europe sont en cours et devront entrer en vigueur avant de futurs rapprochements : "Si on veut imaginer de renforcer, d’approfondir la relation entre l’Union européenne et le Canada, il faudrait – dans un premier temps, a minima – ratifier et faire entrer en vigueur l’accord actuel – le CETA - qui est essentiellement un accord de commerce."
Rien ne pourrait cependant empêcher l’Europe d’élargir l’accord du CETA à d’autres domaines, "mais cela supposerait de nouvelles négociations" prévient la professeure de l’ULB. "Et je crois que – par certains aspects – le moment peut être bienvenu, puisque le Canada souhaite se rapprocher, qu’on sait aussi que ça formerait une espèce de coalition par rapport aux États-Unis."
Et je vois mal, à l’heure actuelle, des États comme la France ou l’Allemagne se mettre à dos toute cette partie de leur population à un moment où elle souffre
Néanmoins, cela relancerait de longues périodes de négociations, mais aussi des débats tendus au sein des différents États européens : "Il faut bien se dire que tous ces accords d’associations ou commerciaux, tous les accords conclus par l’Union européenne qui comprennent un volet agricole très important, sont très impopulaires et très mal vus par les agriculteurs. Or, les agriculteurs souffrent énormément actuellement. Et par ailleurs, plusieurs États vont être dans une période de campagne électorale. Et je vois mal, à l’heure actuelle, des États comme la France ou l’Allemagne se mettre à dos toute cette partie de leur population à un moment où elle souffre".
De plus, note la docteure, "cela doit être approuvé par tous les États membres et il faudra un vote unanime au sein du Conseil de l’Union Européenne. Or, il y a dix états qui, jusqu’à présent, n’ont pas ratifié le CETA et deux états qui l’ont refusé. On peut dès lors se demander si les États dans lesquels il y a eu un vote négatif par rapport à CETA auront réellement envie d’une relation encore plus étroite."
Et à l’inverse, il faut aussi avoir l’accord des provinces canadiennes, qui pourraient ne pas toutes réagir positivement à cette initiative.
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