Le Bureau de la concurrence enquête sur la fixation des prix à l’épicerie
Les épiceries affichent-elles vraiment leurs meilleures aubaines dans leurs circulaires ? Le Bureau de la concurrence en doute et ouvre une enquête sur les pratiques entre fournisseurs et détaillants, qui empêcheraient les consommateurs de trouver les plus bas prix.
« À une époque où le coût des aliments demeure une préoccupation importante pour les Canadiens et Canadiennes, nous souhaitons connaître l’effet de ces politiques sur le prix des produits en épicerie et le choix des consommateurs », a déclaré Jeanne Pratt, commissaire de la concurrence par intérim, par voie de communiqué lundi.
Dans ce secteur, les fournisseurs peuvent négocier avec les détaillants ou carrément leur imposer un prix annoncé minimal, c’est-à-dire le prix le plus bas auquel les épiceries pourront annoncer leur produit. Le détaillant peut vendre celui-ci moins cher en magasin, mais il ne peut l’indiquer en amont dans les circulaires par exemple ou les promotions en ligne.
Le Bureau de la concurrence se questionne sur cette pratique qui, selon lui, réduit la concurrence entre les épiceries et prive les Canadiens de plus bas prix. Avec cette enquête, l’organisme fédéral souhaite faire la lumière sur les impacts réels de cette façon de faire.
« Ça n’a rien d’illégal et ça fait des décennies que ça fonctionne comme ça, c’est largement accepté dans cette industrie », rappelle d’emblée Sylvain Charlebois, professeur et spécialiste du secteur agroalimentaire. Reste que c’est un « manque de transparence », selon lui, puisqu’on limite volontairement l’information offerte aux consommateurs.
« Beaucoup de gens ont pris l’habitude de consulter les circulaires, les applications, les promos en ligne pour comparer les prix et planifier leur épicerie. Ils ont besoin de réduire le coût de leur panier d’épicerie et on vient leur complique la tâche », déplore M. Charlebois.
L’organisme fédéral invite donc les consommateurs ainsi que les acteurs du milieu à lui transmettre leurs commentaires vis-à-vis du recours à cette politique de prix.
À défaut de pouvoir l’interdire, puisqu’elle n’est pas illégale en soi, le Bureau pourrait établir de meilleures pratiques autour de l’affichage des rabais, estime le professeur Charlebois. « C’est rassurant de voir le Bureau s’activer sur ce sujet », ajoute-t-il.
En juin dernier, l’agence avait déjà lancé une enquête cette fois sur la concurrence dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement — production, transformation, transport, distribution, tarification — afin de comprendre la hausse importante des prix à l’épicerie des dernières années.
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