Des artistes déplorent le discours du PQ en immigration
Des artistes indépendantistes issus du milieu de la littérature, du théâtre, de l’humour et du cinéma craignent que le discours du chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, en matière d’immigration leur fasse « perdre le pays ».
Vendredi matin, l’auteur et humoriste Christian Vanasse a publié un long message adressé au leader péquiste. La publication, qui lui reproche de rompre avec le mouvement « résolument positif, inclusif et porteur d’espoir » de 1995, a amassé des centaines d’appuis.
Parmi ceux-ci, une série d’artistes de tous les horizons, comme l’acteur et animateur Christian Bégin : « TOUTTE est dit ! » a-t-il écrit. « J’embrasse CHACUN DE TES MOTS ! Merci Christian !!! Tellement !!»
La comédienne Anne Marie Cadieux, l’écrivaine Élise Turcotte ou encore l’auteur-compositeur-interprète Luc De Larochellière sont aussi de ceux qui ont signifié leur accord. « Bien d’accord avec toi (mais on est fous, y parait, sache-le) », a ajouté l’autrice et scénariste Josiane Cossette.
« Je trouvais que le ton, le discours… Ça me gossait », a lancé l’auteur de la publication lorsque contacté par Le Devoir, samedi. « Puis je pense que je ne suis pas le seul que ça gosse. »
« Perdre le pays »
Dans son message à « PSPP », dans lequel il lui reproche de « parler d’immigration massive comme si on allait être submergés, de frontières ouvertes comme si plus aucune règle ne tenait, et de l’immigration qui serait la cause principale de la crise du logement, le débordement de nos hôpitaux et le manque de place en CPE », Christian Vanasse prédit que le PQ s’apprête à « remporter l’élection mais perdre le référendum ».
« Le mouvement de 95 était résolument positif, inclusif et porteur d’espoir. On avait une belle coalition, on construisait des ponts, on tendait la main, pas le poing, et on est passés tout près. C’est vers ça qu’il faut tendre. Encore. Toujours », écrit-il.
« Parce que sinon, je te le dis et redis, tu vas peut-être bien gagner la province mais tu vas nous faire perdre le pays. »
Interrogé sur la portée qu’a eue sa publication auprès d’autres artistes, Christian Vanasse ne s’est pas dit surpris. « Ça démontre que c’est sans doute un vrai questionnement que plusieurs personnes ont et partagent, sur le ton, le fond, la forme », a-t-il lancé.
La vision de Paul St-Pierre Plamondon en matière d’immigration a fait couler beaucoup d’encre depuis le début de la campagne électorale. Sa conférence de presse du 29 août durant laquelle il avait lié l’immigration et la surpopulation dans les écoles lui a d’ailleurs valu plusieurs reproches de la part de ses adversaires politiques.
Interrogé à ce sujet samedi, le chef péquiste les a accusés de transformer « toute discussion sur les niveaux d’immigration en une discussion toxique ou il y a des gens intolérants, racistes ».
La formation politique, qui mène dans les sondages, propose les seuils d’immigration permanente les plus bas dans cette campagne, à 35 000 nouveaux arrivants par année, ainsi qu’un rabaissement de l’immigration temporaire « dans une fourchette de 200 000 à 250 000 ».
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