"Ils continuent de sortir dans la rue" : en Iran, une résistance qui persiste malgré la guerre

Ce nouveau mouvement de répression des autorités n’est pas sans rappeler celui du mouvement "Femme, Vie, Liberté". C’est dans ce contexte qu’Amnesty International vient de sortir un rapport qualifiant la répression de l’époque de crime contre l’humanité : "(Ce sont) sept crimes contre l’humanité qui vont du meurtre à la torture, au viol, à la violence sexuelle, à la persécution, à la disparition forcée, donc des attaques absolument massives sur une population civile qui simplement exerce son droit à se rassembler de manière pacifique et qui va faire face à une répression très violente, une répression qui utilise des armes à feu, même face à des protestataires qui sont en train de se retirer et de s’enfuir", souligne Carine Thibaut.
Amnesty constate aussi que le système politique iranien, de par son fonctionnement, encourage la répression. La loi iranienne a aussi permis à la police d’utiliser les armes à feu pour disperser les manifestations. Face à cela, les responsables de la répression de 2022 ont d’ailleurs été, pour la plupart, récompensés par des promotions et des montées en grade. Selon Carine Thibaut, les poursuites concernant les meurtres arbitraires de manifestants ne mènent là aussi à rien : "Il y a un système parfois de remboursement, ce qu’on appelle l’argent du sang, mais qui est très rarement octroyé. On va masquer la réalité en disant que les protestataires étaient armés, ou bien qu’ils ont été blessés par des terroristes et pas par les forces armées. Il y a tout un système qui, d’abord, l’organise de manière légale, donc permet l’usage de la force contre des protestataires et permet l’impunité".
La justice, quant à elle, recourt régulièrement à la condamnation à la peine de mort comme mesure de dissuasion contre sa population. Parmi les 377 exécutions documentées, la majorité concernait des personnes de moins de 20 ans.
► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette chronique dans le podcast des Clés.
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