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Friday, October 16, 2026

Référendum en Alberta | Carney à la rescousse des fédéralistes albertains

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(Ottawa) Un premier ministre canadien, libéral de surcroît, vole à la rescousse du camp fédéraliste en Alberta. En plein vote par anticipation et à quelques jours du scrutin référendaire de lundi, Mark Carney exhorte les Albertains à donner une chance au projet canadien.

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« Nous sommes plus fort ensemble ! », a martelé jeudi le premier ministre partout où il passait à Calgary.

« Il ne pourrait pas y avoir un pire moment pour ce référendum. Nous sommes dans un monde dangereux et divisé, et c’est le temps de s’unir et de se tenir debout ensemble », a-t-il ajouté.

Après une journée complète à y faire campagne, le premier ministre met le cap sur la capitale de l’Alberta, ce vendredi, où il doit faire un autre discours dans le cadre d’un rassemblement du groupe « Canadiens pour toujours » (Forever Canadian) à Edmonton. Un arrêt à Red Deer est aussi dans les plans du premier ministre.

M. Carney tente surtout de convaincre les fédéralistes d’aller voter. Selon tous les sondages, l’option fédéraliste mène largement. Or, les séparatistes sont généralement considérés comme plus mobilisés que leurs adversaires.

« Non aux neuf »

À des résidants qu’il rencontrait dans un parc, le premier ministre a rappelé que le tiers de la population de l’Alberta est née et a grandi dans une autre province canadienne. Que lorsqu’il y a des incendies de forêt, ce sont des pompiers de partout au pays qui viennent en aide aux Albertains. Que les exportations ont bondi dans les derniers mois dans la province grâce aux ententes commerciales conclues par Ottawa. Et qu’au fond, l’Alberta et le Canada sont en quelque sorte indissociables.

Puis il a lâché cette phrase : « Dites non aux neuf questions ! »

PHOTO MIKE STURK, LA PRESSE CANADIENNE

Le premier ministre Mark Carney rencontre des résidants de Calgary au parc de la Bridgeland Riverside Community Association.

C’est que les Albertains doivent se prononcer sur dix questions durant ce référendum. La dixième est la plus connue et porte sur un éventuel référendum sur l’indépendance de l’Alberta.

Mais les neuf autres touchent des enjeux constitutionnels comme l’avenir du Sénat, la nomination des juges et l’immigration, notamment, et pourraient avoir un impact important sur l’avenir de la province.

Par exemple, le gouvernement albertain souhaite avoir davantage de pouvoir en matière d’immigration, notamment pour appliquer des restrictions et même imposer des frais à certains immigrants qui souhaitent obtenir des soins de santé et d’autres services sociaux.

Le slogan « Non aux neuf » est considéré comme un appel au statu quo en Alberta, alors que la première ministre albertaine Danielle Smith a lancé ce référendum pour changer la dynamique avec le fédéral et accroître l’autonomie de sa province.

« J’étais surprise de l’entendre dire : No to the Nine. […] Il dit que nous pouvons travailler à trouver des solutions à ces questions. Or, se contenter de dire “Non” aux neuf questions ne reflète pas cette nuance, explique la politologue de l’Université Mount Royal Lori Williams. En tenant de tels propos, il a adopté une position très ferme sur la manière dont les gens devraient voter, allant bien au-delà de la simple idée d’une collaboration pour améliorer la situation. »

Au bout du fil, l’homme derrière ce slogan, le stratège politique Stephen Carter, peine à contenir sa joie.

« C’est le fait qu’il soit présent, tout comme les médias qui suivent, qui est inestimable. C’est exactement le message que nous voulons faire passer. Je suis très, très heureux de sa présence », a déclaré M. Carter, qui pilote Alberta’s Voice, un groupe qui fait campagne pour la cause fédéraliste.

Mobilisation importante

Selon Élections Alberta, 174 532 Albertains ont voté mardi, puis 186 742 les ont imités mercredi. De plus, 454 000 dossiers de vote spécial par la poste ont été reçus et traités. On évoque en Alberta un taux de participation potentiel d’environ 85 %. Élections Alberta a confirmé jeudi que plus de 72 000 personnes avaient postulé pour travailler comme agents électoraux et près de 47 000 d’entre elles ont été embauchées.

« Je pense que [M. Carney] peut faire pencher la balance, tout comme lors de n’importe quelles élections générales, affirme le chef de la stratégie chez Pollara, Dan Arnold. Il s’agit simplement de s’assurer que les gens se déplacent pour voter, de les motiver et de souligner l’importance du scrutin ainsi que les enjeux en présence. Je crois qu’il peut avoir un réel impact. »

Mais comment un premier ministre libéral, en 2026, peut-il convaincre des Albertains des bienfaits du fédéralisme ?

« C’est un peu fou, d’un point de vue historique », lâche en riant M. Arnold.

C’est que les rouges ne sont pas exactement une puissance politique dans cette province résolument conservatrice.

Lui-même originaire de Calgary, Dan Arnold a été sondeur de Justin Trudeau dans ses campagnes de 2015, 2019 et 2021. S’il y a aujourd’hui un référendum en Alberta, c’est beaucoup en raison des décisions qui ont été prises depuis dix ans à Ottawa.

Pollara a justement publié cette semaine un sondage fort révélateur au sujet de la confiance des Albertains à l’égard de personnalités politiques dans le contexte référendaire.

C’est l’ancien premier ministre Stephen Harper qui a le plus de poids auprès de tous les groupes d’électeurs en Alberta. M. Carney arrive deuxième, mais il est celui qui inspire le plus confiance aux fédéralistes.

C’est le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre et la première ministre albertaine, Danielle Smith, qui inspirent le plus confiance chez les indépendantistes et les indécis.

« Je pense que des personnalités comme Smith et Poilievre peuvent convaincre les véritables indécis – ceux qui hésitent encore sur le sens de leur vote – de voter pour le [Canada]. Je ne crois pas que Carney parviendra à faire changer d’avis qui que ce soit », explique Dan Arnold.

En cette semaine où les fédéralistes redoublent d’ardeur pour inciter les électeurs à exercer leur droit de vote, les discours de M. Poilievre et de Mme Smith à une conférence d’un groupe conservateur vendredi à Calgary pourraient s’avérer tout aussi importants pour les fédéralistes que la présence de Mark Carney.

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