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Thursday, September 17, 2026

Le gang Bishnoi se targue d’avoir 5000 membres sur le sol canadien

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

CBC News a obtenu la copie d’une lettre adressée l’année dernière par le gang Lawrence Bishnoi au « ministre de la Défense, à l’armée et à la police », et dans laquelle on peut lire que l’organisation criminelle se targue d’avoir 5000 membres sur le sol canadien et « plus de pistolets » que la police.

La lettre a été envoyée au Service de police d'Abbotsford en Colombie-Britannique. Elle est signée par le gang de Lawrence, de l’Inde, et sa copie a été obtenue dans le cadre d’une demande d’accès à l’information.

Nous vous donnons un avertissement et un défi par écrit. Nous sommes un gang indien le Canada n’a pas le courage de nous arrêter, est-ce clair - nous allons régner sur le CANADA maintenant et personne ne peut nous arrêter, car nous sommes très puissants, peut-on lire dans la lettre, rédigée avec des fautes de ponctuation et d’orthographe.

C’est notre tour maintenant les Indiens nous avons plus de 5000 membres au Canada ils peuvent faire des fusillades pour seulement 1000 $ pouvez-vous nous arrêter, il n’y a aucun moyen. Vous verrez nous prendrons le pouvoir au CANADA bientôt.

Yvon Dandurand, professeur émérite en criminologie à l'Université de la Vallée du Fraser, trouve cela très suspect. Pourquoi adresser la lettre à la police d’Abbotsford?, s'interroge-t-il. Le texte est lui-même assez puéril et ignorant. C’est difficile de comprendre ce genre de comportement vantard.

Pourquoi est-ce qu'un gang qui a des intentions très claires de causer des dommages graves annoncerait ses intentions?

Yvon Dandurand explique qu’il n'y a pas de façon de confirmer que la lettre en question provient vraiment de membres du groupe Bishnoi, ou que ça représente vraiment les intentions du groupe Bishnoi.

Des détails sur l'enracinement du gang Bishnoi

La lettre est l’un des documents parmi beaucoup d’autres rassemblés par des enquêteurs de plusieurs agences, et dont CBC News a eu accès. On y apprend que les policiers ont ainsi pu perturber le fonctionnement d’une cellule suspectée d’être à l’origine de plusieurs cas d’extorsions dans le pays.

La lettre envoyé à la police par le gang Bishnoi.

Selon une demande d'accès à l'information faite par CBC News, cette lettre a été envoyée au Service de police d'Abbotsford en août 2025.

Photo : (CBC News)

Des allégations ont été portées contre deux hommes âgés d’une vingtaine d’années, et identifiés par l’Agence des services frontaliers du Canada. Ils feraient partie d’un réseau basé à Edmonton, impliqué dans des fusillades et des menaces à l’encontre de victimes en Alberta, en Ontario et en Colombie-Britannique.

Les documents obtenus permettent également de mieux comprendre comment le gang Bishnoi s’est peu à peu enraciné au Canada entre 2023 et 2025.

Lawrence Bishnoi est actuellement en prison en Inde. Malgré cela, il a réussi à bâtir une organisation criminelle internationale. Au Canada, il se serait appuyé sur Goldy Brar, son lieutenant. Selon les documents, Lawrence Bishnoi et Goldy Brar se seraient séparés l’an dernier, devenant des rivaux.

Lawrence Bishnoi, escorté par des policiers.

Des policiers indiens escortent Lawrence Bishnoi, suspecté d'être à la tête d'un réseau criminel, dans un tribunal de New Delhi en 2023.

Photo : Reuters / ANI

Ce n’est pas clair si Goldy tente de profiter de sa séparation du gang Bishnoi pour prendre la main sur les opérations au Canada, alors que des renseignements récents indiquent que le nom de Goldy est celui le plus souvent utilisé dans les cas d’extorsion en Alberta, peut-on lire dans des documents de l’Agence des services frontaliers du Canada.

D’autres noms sont évoqués, dont celui de Goldy Dhillon. Des allégations sont portées contre lui, l’accusant d’être responsable du recrutement de “fantassins“ pour mener des activités criminelles, incluant des attaques ciblées et des extorsions en Inde et au Canada.

Les documents obtenus par CBC News permettent également de connaître les détails d’une enquête menée par l’agence du crime organisé du Service de police d’Edmonton, et qui a duré sept mois.

On y apprend que les enquêteurs ont utilisé des rapports balistiques pour faire un lien entre des fusillades qui ont eu lieu à Edmonton, Calgary et Surrey.

Des demandes de rançon par WhatsApp

Les documents révèlent également que plusieurs personnes ont fait l’objet de demandes de rançon. Un homme se présentant verbalement sous le nom de Goldy Dhillon aurait demandé plusieurs millions de dollars au propriétaire d’une grande entreprise.

La victime a dit à la police qu’un membre de sa famille aurait lui aussi été ciblé, et que son entreprise, basée à Surrey, a été réduite en cendres.

On apprend aussi que les demandes de rançons se font parfois par WhatsApp.

L'un des destinataires, qui avait refusé de donner suite, a ainsi reçu ceci, selon les documents obtenus par CBC News : Je parle de la part du groupe de Lawrence Bishnoi. Cette fois je tire sur ta maison, la prochaine fois ce sera sur toi. Je sais exactement quel est ton système. Où tu es, ce que tu fais, je peux te trouver.

D’après une enquête (nouvelle fenêtre) de Jason Proctor, avec des informations d’Ivan De Jacquelin

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