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Tuesday, September 29, 2026

Un spectacle musical pour Joyce Echaquan, six ans plus tard

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Le Bureau du Principe de Joyce a présenté lundi soir un spectacle musical en l’honneur de Joyce Echaquan à Wendake, afin de sensibiliser la population des centres urbains au racisme systémique vécu par les Premiers Peuples dans les établissements de santé.

La soirée, qui s'est déroulée dans l’amphithéâtre de Wendake, a commencé en langue atikamekw.

Le coût du billet était de 85 dollars et les fonds seront versés à la pérennité de cet événement, puisque ce spectacle sera présenté annuellement dans différentes villes au Québec.

Ce spectacle a été mis sur pied pour commémorer le décès tragique de Joyce Echaquan, le 28 septembre 2020, au centre hospitalier de Joliette. La femme atikamekw est décédée sous les insultes racistes du personnel médical.

Pour les peuples autochtones, les préjugés, la peur de ne pas être cru, les soins de santé inadéquats et les expériences de discrimination dans les services publics ne sont pas des réalités nouvelles, déclare le directeur par intérim du bureau du Principe de Joyce, Sylvestre Desterres. Ce sont des réalités racontées depuis longtemps.

Un homme posant dans un balcon d'une salle de spectacle.

Sylvestre Desterres, directeur par intérim au Bureau du Principe de Joyce

Photo : Radio-Canada / Shushan Bacon

Nous devons plus que des mots, a-t-il affirmé, visiblement émotif, à la famille de Joyce Echaquan ainsi qu’à la communauté de Manawan.

Mario Ottawa, conseiller au Conseil des Atikamekw de Manawan, a pour sa part souligné que le jour de la mort de Joyce Echaquan restera gravé dans sa mémoire. Il se souvient qu'à l’époque, le chef du conseil de bande, Paul-Émile Ottawa, avait appris la nouvelle sur les réseaux sociaux, puisque Joyce Echaquan avait capté les dernières secondes de sa vie.

Portrait d'un homme dans une salle de spectacle.

Mario Ottawa, conseiller élu au Conseil de bande des Atikamekw de Manawan

Photo : Radio-Canada / Shushan Bacon

Pour Mario Ottawa, Joyce Echaquan est morte pour sa nation, pour sauver sa nation.

Six ans plus tard, pour certaines familles, c’est encore émouvant. Pour la nation, c’est encore émouvant.

S'il remarque que davantage de citoyens arborent le violet en l’honneur de Joyce Echaquan, il rappelle l’importance de continuer le combat afin de faire reconnaître le racisme systémique.

À l'automne 2021, dans son rapport d'enquête, la coroner Géhane Kamel concluait que le racisme a certainement joué un rôle dans la mort de Joyce Echaquan.

Pierre Picard, grand chef de la Nation wendat, s'est quant à lui dit « fier » que Wendake ait été choisie pour accueillir ce premier spectacle musical commémorant le décès de Joyce Echaquan. Selon lui, l’évènement est un rappel que le travail n’est pas terminé et qu’il doit continuer pour la sécurité et la dignité des Premières Nations et des Inuit.

Un homme souriant et portant une médaillon perlé accompagné d'un plus jeune homme qui sourit également.

Pierre Picard, grand chef de la Nation wendat (à gauche) et Samuel Rainville, animateur du spectacle rendant hommage à Joyce Echaquan

Photo : Radio-Canada / Shushan Bacon

On commémore un événement tragique, insoutenable, inqualifiable. La mort de Joyce Echaquan, en 2020, est venue illustrer ce qu'on disait depuis des années, qu’il y avait un problème de racisme systémique, soutient M. Picard.

Rodrigue Wapistan, Innu de Nutashkuan, tenait pour sa part à être présent à cette soirée en hommage à Joyce Echaquan. Il faut toujours rappeler au système qu’on se bat tous les jours. Le racisme systémique, ça existe et il sera toujours là, affirme celui qui est à Québec pour des raisons médicales.

Un homme regardant un fanion.

Rodrigue Wapistan, Innu de Nutashkuan, prie pour Joyce Echaquan.

Photo : Radio-Canada / Shushan Bacon

À soir, ça va être important de lancer un message à la population : on n'est pas ici pour se battre. Non, au contraire, on veut s’intégrer de façon sécuritaire dans le système actuel. Faisons-le dans le respect.

Je pense qu’on a assez vu, on a goûté, on l’a goûté [le racisme], on sait c’est quoi ça goûte. C’est partout encore et il faut mettre des règles au racisme.

En pleine période électorale, ce dernier souhaite que les candidats écoutent les gens des communautés autochtones. Tendez l’oreille, martèle-t-il.

Mario Ottawa espère quant à lui que le prochain gouvernement adoptera le Principe de Joyce, afin de reconnaître le racisme systémique au sein des services publics québécois.

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