Les chefs baissent la garde à TLMEP
Après avoir esquivé bon nombre de questions délicates depuis le début de la campagne, les chefs des cinq principaux partis politiques ont été forcés de répondre à plusieurs d’entre elles dans un contexte ludique sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle dimanche soir.
Christine Fréchette a affiché le carton « contre » quand l’animateur Guy A. Lepage a demandé aux candidats de dire s’ils étaient « pour ou contre l’indépendance du Québec » dans le cadre d’une sorte de jeu-questionnaire rapide.
Or, un peu plus tôt, dans une entrevue plus formelle, la chef de la Coalition avenir Québec avait refusé de répondre sans détour à la question, comme elle l’avait fait depuis le début de la campagne.
« Nous autres, on reste dans le garage, on ne veut pas de référendum », avait-elle déclaré en référence aux autobus des camps du « oui » et du « non » d’une éventuelle campagne référendaire. « On ne veut pas de référendum. 70 % des Québécois n’en veulent pas, de référendum. Et Dieu sait que d’avoir ce référendum dans un prochain mandat, ça va créer encore plus d’incertitudes », a-t-elle lancé.
Comme au débat de Radio-Canada, mercredi, Paul St-Pierre Plamondon a maintenu qu’il y aurait un « moment » tout choisi pour que les Québécois se prononcent sur leur avenir à l’intérieur du Canada.
« Je pense que le gouvernement appelé à succéder à la CAQ va avoir beaucoup de travail et que cette situation avec les Américains, aussi, implique beaucoup de travail », a-t-il dit dimanche soir. « Mais il y aura un autre moment pour se demander si on mérite, comme tous les peuples dans le monde, d’avoir notre démocratie et d’être maître chez nous. »
Un fédéraliste, deux souverainistes et deux souverainistes en « mode avion »
Au chef conservateur, qui vantait les avantages « d’avoir une position forte » à l’intérieur du Canada et de forger « des alliances avec les autres provinces », le chef péquiste a répondu que l’« autonomisme proposé par M. Duhaime, c’est la même chose que la CAQ ». « Ce n’est pas parce qu’on change le nom Legault par le nom Duhaime, que la doctrine […] va fonctionner », a-t-il tonné. Charles Milliard a plaidé de son côté qu’il était le seul véritable fédéraliste du groupe. « Je suis de ceux qui pensent que le Québec devrait continuer de croître à l’intérieur du Canada. Évidemment, ce n’est pas le cas de mes collègues. On a deux souverainistes assumés ici, puis deux souverainistes en mode avion. »
Les chefs de parti ont été appelés à identifier leur priorité :
La joute des cartons « pour » et « contre » aura aussi permis de voir Paul St-Pierre Plamondon ne lever ni le carton « pour » ni le carton « contre » sur le port du hidjab — foulard porté par des femmes musulmanes pour couvrir leurs cheveux, leur cou et parfois leurs épaules — en public, et ce, quelques heures après s’être prononcé contre le port de signes religieux par des parents bénévoles en contexte scolaire.
Ruba Ghazal a été la seule à choisir le carton « pour » à la question « pour ou contre les prières de rue ? »
Quant à Éric Duhaime, il s’est trouvé seul dans le camp des « contre » les restrictions imposées au temps d’écran chez les jeunes âgés de moins de 16 ans.
Le chef conservateur a aussi été l’unique chef à se dire favorable à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour améliorer un discours politique. Il a indiqué avoir retrouvé les propos tenus par Paul St-Pierre Plamondon sur le projet de troisième lien entre Québec et Lévis grâce à l’IA.
Les téléspectateurs ont également appris que le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, était favorable au péage sur les routes.
Les cinq chefs ont également été invités à préciser leur plus grande qualité et leur plus grand défaut :
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