L’Espagne entame trois jours de deuil national après la catastrophe ferroviaire

Encore sous le choc, l'Espagne a entamé jeudi trois jours de deuil national après la collision entre deux trains qui a fait au moins 69 morts la veille, tandis que les familles tentent désespérément d'obtenir des nouvelles de leurs proches et que les recherches se poursuivent dans les voitures endommagées.
Cet accident, la pire tragédie ferroviaire en Espagne depuis 2013, a relancé les questions sur l'entretien du réseau national et sur la sécurité pour les passagers, après que le ministre des Transports a pointé une erreur
humaine et des circonstances inexplicables
qui ont abouti à la collision.
L'accident a eu lieu mercredi matin sur la commune d'Urda, dans la région de Castille-La-Manche (centre), quand un train de la compagnie nationale Renfe a percuté par l'arrière, sur la même voie, un train de l'opérateur privé Iryo, qui avait été forcé à l'arrêt, après une panne informatique du système de sécurité qui contrôle la circulation ferroviaire.
Au total, environ 550 personnes étaient présentes à bord des deux trains au moment de l'impact.
Selon Affaires mondiales Canada, six Canadiens ont été blessés et un autre est toujours porté disparu
à la suite d’un accident de train à grande vitesse survenu mercredi en Espagne. La porte-parole du ministère, Thida Ith, précise que les autorités canadiennes fournissent une assistance consulaire et sont en contact avec les autorités locales afin de recueillir davantage d’informations.
La Presse canadienne
Les recherches se poursuivent

Des agents de la police montée espagnole inspectent le périmètre autour des wagons endommagés à environ 150 km au sud de Madrid, entre Urda et Los Yebenes, au lendemain de l’accident survenu le 29 octobre 2026.
Photo : afp via getty images / OSCAR DEL POZO
Jeudi, les secours poursuivent leurs opérations dans l'amas de ferraille laissé par la collision, qui a propulsé deux voitures du train Iryo en contrebas du talus, à la recherche d'éventuelles victimes supplémentaires, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.
D'imposantes grues et des équipes de chiens de recherche et de sauvetage sont à l'œuvre.
Josimar Medina, un Péruvien de 31 ans qui passait ses vacances en Espagne avec sa compagne, a déclaré qu'il dormait dans le train accidenté de la Renfe quand il s'est réveillé et a réalisé qu'il était propulsé dans l'air
.
Pablo Mejia, 42 ans, a raconté à l'AFP qu'un changement de siège à la dernière minute lui avait sauvé la vie : Il y a eu un choc très violent
, a-t-il déclaré, évoquant les gens au sol, les uns sur les autres, des sièges arrachés, une grande confusion
.
Pour que cela ne se reproduise plus
Le premier ministre Pedro Sanchez, qui a décrété trois jours de deuil national à partir de jeudi, a réclamé l'éclaircissement
des causes à l'origine de l'accident, assurant que les autorités travaillent jour et nuit
, notamment pour, à terme, renforcer la sécurité pour que cela ne se reproduise plus
.
Le dispositif mis en place ces dernières heures doit permettre d'apporter une réponse rapide, urgente et efficace
, a-t-il martelé.

Des voyageurs ont observé une minute de silence à la gare d’Atocha en mémoire des victimes de la collision de TGV survenue hier, qui a fait 69 morts et des dizaines de blessés, le 29 octobre 2026.
Photo : afp via getty images / THOMAS COEX
50 blessés toujours à l’hôpital
Le bilan est monté dans la matinée à 69 morts, a par ailleurs annoncé le président de la région, Emiliano García-Page, qui a toutefois souligné que sur les 110 personnes admises hier dans les hôpitaux de Castille-La Manche, 60 ont déjà pu sortir et 50 restent encore hospitalisées
.
Le Quai d'Orsay à Paris a indiqué jeudi que la France était sans nouvelles de plusieurs
de ses ressortissants.
Depuis la veille, une école du village d'Urda, situé à un peu moins de 150 km au sud de Madrid, accueille les proches venus se renseigner sur le sort des passagers.
Nous avons des gens en état de choc qui n'ont pas encore réalisé ce qui s'est passé, des personnes en colère, tristes, inquiètes
, a raconté la psychologue de la Croix-Rouge, Carmen Garcai.
Interrogé jeudi par l'AFP, le curé d'Urda, José Miguel Fernández, a pour sa part expliqué avoir rendu visite aux proches des disparus : Beaucoup d'entre eux étaient sereins, d'autres nerveux, désespérés. Ils voulaient savoir tout de suite et avoir des nouvelles
de leurs proches.
Les conducteurs en grève
L'enquête suit son cours, mais le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez fait déjà face à des critiques concernant la gestion du réseau ferroviaire à grande vitesse, le deuxième du monde, après celui de la Chine.
Près de 26 millions de passagers ont voyagé en TGV en Espagne entre janvier et août, selon des chiffres de l'institut national de la statistique (INE).
Plusieurs centres ont été mis en place à travers le pays pour recueillir des dons de sang et permettre aux proches des victimes de fournir des échantillons d'ADN afin de faciliter l'identification des corps.
Maintenue malgré la tragédie de mercredi, une grève du principal syndicat des chefs de train (SEMAF) a lieu jeudi pour 24 heures pour défendre la sécurité ferroviaire
, moins d'un an après l'accident d'Adamuz, qui avait fait 46 morts le 18 janvier et déjà bouleversé l'Espagne.
Avec un bilan qui reste provisoire, la tragédie d'Urda est la plus grande catastrophe ferroviaire dans le pays depuis un déraillement meurtrier ayant fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013.
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