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Tuesday, October 13, 2026

Vitesse du son, nucléaire, dur à intercepter... : voici tout ce qu’il faut savoir sur les armes hypersoniques que testent les deux Corées

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La Corée du Sud a procédé la semaine dernière au tir d’essai de sa première arme hypersonique développée sur son sol, quelques jours après que la Corée du Nord a dit avoir tiré un missile hypersonique de portée intermédiaire.

L’AFP fait le point sur ces armes et leurs conséquences potentielles sur la péninsule coréenne.

Que sont les armes hypersoniques ?

On qualifie d’hypersoniques les engins capables d’atteindre une vitesse d’au moins cinq fois celle du son, Mach 5, soit plus de 6.100 km/h.

En réduisant leur temps de vol, ils réduisent la fenêtre de réaction possible.

Certains de ces engins peuvent également transporter des ogives, conventionnelles ou nucléaires.

Les planeurs hypersoniques, comme ceux testés par la Corée du Sud la semaine dernière, sont envoyés dans la haute atmosphère par des propulseurs de fusée ou des missiles balistiques avant de planer vers leur cible.

Pourquoi sont-elles difficiles à intercepter ?

En plus d’être très rapides, les armes hypersoniques peuvent manoeuvrer en plein vol.

Elles peuvent zigzaguer, piquer et changer de trajectoire tandis qu’elles descendent vers leur cible et sont donc plus difficiles à suivre et intercepter.

Les systèmes de défense antimissiles actuels sont «mieux équipés pour intercepter les missiles balistiques et de croisière classiques, tandis que les armes hypersoniques (...) restent des menaces particulièrement difficiles à contrer», a déclaré à l’AFP Hong Sung-pyo, de l’Institut coréen des affaires militaires à Séoul.

Les radars au sol ont du mal à les détecter avant qu’elles ne se rapprochent de leur cible.

Que sait-on du dernier tir nord-coréen ?

La Corée du Nord a tiré un missile hypersonique en mobilisant l’intelligence artificielle, a assuré Pyongyang début octobre.

Selon l’influente soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, Kim Yo Jong, cet engin était «capable de modifier sa trajectoire de vol à basse altitude».

«Il n’existe aucun moyen d’éviter l’attaque de ce type de missile», avait-elle insisté.

Ce tir «est plus qu’une démonstration d’armes individuelles; c’est une démonstration d’une gamme complète de systèmes de missiles», a expliqué à l’AFP Hong Min de l’Institut coréen pour l’unification nationale.

«Il signale que la Corée du Nord dispose d’armes qui peuvent ne pas être interceptées sur différentes portées», a-t-il ajouté.

Mais les experts estiment que les technologies de Pyongyang pour manoeuvrer le missile en fin de vol tout en conservant sa précision restent relativement limitées, relève Hong Sung-pyo.

«D’après ce que je comprends, la Corée du Nord procède actuellement à des tirs d’essai visant à perfectionner cette capacité, avec l’aide technologique de la Russie».

Que sait-on du tir sud-coréen ?

La Corée du Sud a effectué son premier tir d’essai d’une arme hypersonique de fabrication nationale la semaine dernière.

Cet essai a permis d’évaluer les matériaux résistants à la chaleur, les systèmes de guidage et de contrôle, ainsi que la capacité de l’arme à manoeuvrer à basse altitude à des vitesses hypersoniques.

Les ogives, grâce à leurs «trajectoires de vol imprévisibles et à leur vitesse fulgurante, sont capables de frapper des cibles stratégiques majeures», a assuré la présidence sud-coréenne.

La décision de rendre cet essai public est aussi un acte politique, souligne Jung Heon-joo, professeur à l’université Yonsei de Séoul.

«Posséder cette technologie hypersonique peut signaler à des adversaires potentiels que la Corée du Sud dispose d’un éventail d’options en matière d’armement et qu’il ne serait pas facile de l’attaquer», a-t-il déclaré à l’AFP.

Plusieurs publics sont ainsi visés, avance-t-il : la Corée du Nord, mais aussi les Sud-Coréens et les pays voisins.

Quelles conséquences pour la région ?

La Corée du Nord a tiré plusieurs missiles balistiques lundi. «L’objectif de mélanger différents types de missiles balistiques est de neutraliser les systèmes de défense antimissile de la Corée du Sud et des États-Unis», a déclaré Yang Moo-jin, ancien président de l’Université des études nord-coréennes à Séoul.

Les armes hypersoniques pourraient alimenter une course aux armements sur la péninsule coréenne. La difficulté à les détecter et les intercepter pourrait également avoir des conséquences sur les moyens de défense américains et japonais, anticipent des analystes.

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