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Sunday, September 20, 2026

"Je n'avais jamais vu des mouvements aussi fluides" : il y a 33 ans, voici comment a réagi Steven Spielberg lorsqu'il a découvert les premiers dinosaures numériques de Jurassic Park !

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Avant “Jurassic Park”, Steven Spielberg doutait encore des dinosaures numériques. Une démonstration de Dennis Muren a suffi à le sidérer et à tout bouleverser, ouvrant la voie à l’une des plus grandes révolutions modernes de l’histoire du cinéma !

Par Aude Mackau

Avant de révolutionner les effets spéciaux avec Jurassic Park, Steven Spielberg n’était pas certain que les images de synthèse puissent donner vie à des dinosaures suffisamment réalistes. Son projet reposait alors en grande partie sur le savoir-faire de Phil Tippett, spécialiste de l’animation en volume, chargé de faire bouger les créatures image par image.

Mais les progrès accomplis par les équipes de Dennis Muren allaient rapidement bouleverser les plans du cinéaste… et ouvrir une nouvelle ère pour le cinéma.

Des effets spéciaux encore difficiles à imaginer

À cette époque, Spielberg avait déjà été impressionné par les prouesses numériques visibles dans Abyss, puis dans Terminator 2 : Le Jugement dernier. Il ignorait toutefois si cette technologie pouvait être employée à grande échelle pour créer les animaux préhistoriques de son film.

Je ne savais absolument pas que ce nouveau procédé - le CGI - fonctionnait”, reconnaît-il dans le documentaire Making The Dinosaurs.

Le réalisateur se souvient ensuite de la proposition décisive de Dennis Muren :

J’avais simplement bombardé Dennis Murren de questions au sujet de la créature d’eau dans Abyss de James Cameron. Cela m’avait vraiment impressionné, et tout avait été fait par ordinateur. Ensuite, Cameron a fait un bond de géant avec Terminator [2], et cela a mené Dennis Muren à me faire une suggestion et à me demander si j’avais pensé à les laisser réaliser la plupart des gros dinosaures, de la tête à la queue, par ordinateur. Ma première réaction a été de lui dire : ‘Prouve-moi que c’est possible.’

Le défi était lancé. Avec l’aide de ses artistes, parmi lesquels le visionnaire Steve Williams, dont nous vous racontons l’histoire en détail ici, Dennis Muren a conçu une démonstration destinée à convaincre Spielberg qu’un dinosaure pouvait être intégralement animé par ordinateur.

Universal Pictures

Une démonstration qui a tout changé

Le résultat a largement dépassé les attentes du réalisateur des Dents de la mer. Face aux premiers mouvements de la créature, Steven Spielberg a immédiatement compris que cette technologie offrait un degré de réalisme jusque-là inaccessible.

Je n’avais jamais vu des mouvements aussi fluides, à part dans des documentaires de National Geographic”, se remémore-t-il.

Une première animation ne suffisait pourtant pas encore à le convaincre totalement. Il voulait observer un animal doté d’une peau, évoluant en extérieur et en pleine lumière. C’est lorsqu’il a découvert cette nouvelle version que le choc s’est véritablement produit.

(...) Je n’étais pas totalement convaincu avant d’avoir vu un dinosaure recouvert de chair, à l’extérieur, à la lumière du jour. Nous nous sommes donc retrouvés en train de contempler notre futur sur un écran de télévision. C’était tellement authentique que je ne pouvais pas en croire mes yeux. Je me suis tourné vers Phil [Tippett], il m’a regardé et il m’a dit : ‘Je crois que [mon métier est] éteint.’

Spielberg reprendra d’ailleurs cette remarque dans Jurassic Park, en la glissant dans un échange entre les personnages interprétés par Sam Neill et Jeff Goldblum.

Universal Pictures

Steven Spielberg aussi stupéfait qu’Alan Grant

La fascination éprouvée par le cinéaste rappelle inévitablement celle du professeur Alan Grant lorsqu’il aperçoit pour la première fois un véritable dinosaure dans le parc. À l’arrière d’une Jeep, le paléontologue lève les yeux et découvre, sidéré, un gigantesque brachiosaure. Il retire alors son chapeau et ses lunettes, incapable de détourner le regard de la créature.

C’est... C’est un dinosaure”, réussit-il seulement à prononcer.

Phil Tippett n’a finalement pas été écarté de l’aventure : il a continué à travailler sur Jurassic Park comme consultant en effets spéciaux. Une grande partie des dinosaures initialement prévus en stop motion a néanmoins laissé place aux créatures numériques devenues mythiques. Une décision qui a durablement transformé le film de Steven Spielberg, mais aussi toute l’industrie hollywoodienne.

Jurassic Park est actuellement à retrouver sur Netflix, Prime Video et Disney+.

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