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Tuesday, August 25, 2026

Eté caniculaire : "Nos gouvernements n’ont rien prévu à la hauteur de l’enjeu", selon Gilles Vanden Burre, coprésident d’Ecolo

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Une terre carbonisée, qui fume encore à certains endroits : voilà ce qui reste d’une partie des Hautes Fagnes en Belgique, après avoir été ravagée par un incendie. Au total, 3366 hectares ont été brûlés dans la région, soit l’équivalent de la surface des communes d’Uccle et Forest réunies. Ou d’un peu plus de 4600 terrains de football selon les calculs du Service public de Wallonie.

"Vous savez, pour moi c’est une grande tristesse de voir ce qui s’est passé", réagit Gilles Vanden Burre, lors de son interview face à Laurent Mathieu sur La Première. "On a vu des domaines partir en fumée, les Fagnes en Belgique, mais aussi aux quatre coins de l’Europe. Les Fagnes qui sont un domaine précieux de biodiversité. Nous avons tous eu très chaud cet été. Mais cela a entraîné des conséquences incroyablement fortes pour nos concitoyens. Il y a eu des décès en Belgique, une surmortalité que l’on n’avait plus vue depuis longtemps", déplore le coprésident d’Ecolo.

Pour autant, selon Gilles Vanden Burre, "il n’est pas trop tard".

L’écologiste tient à rappeler toutefois : "Les scientifiques nous ont prévenus depuis des dizaines d’années. Ce qui se passe aujourd’hui en Belgique, en Europe et dans le monde, c’était prévu par la science, par les scientifiques, par les climatologues. Et donc ma colère, elle est là. C’est-à-dire que c’était prévu, il y avait des cartes de l’université de Liège, de l’université de Gand qui montraient la Wallonie et des zones de fragilité. Et il y avait exactement la zone qui a été, aujourd’hui, touchée dans les Fagnes. Il y a d’autres zones et j’espère que l’on va s’en préoccuper".

Il n’est pas trop tard, mais on était prévenu et, honnêtement, les gouvernements aujourd’hui n’ont pas mis les choses en place

Le coprésident d’Ecolo estime, par ailleurs, que si les scientifiques ont alerté sur les conséquences du dérèglement climatique depuis de nombreuses années, "nos gouvernements aujourd’hui n’ont rien prévu à la hauteur de l’enjeu. Et donc, il n’est pas trop tard, mais on était prévenu et, honnêtement, les gouvernements aujourd’hui n’ont pas mis les choses en place".

Ne plus cibler la responsabilité individuelle, mais miser sur des changements systémiques

Si les conséquences du dérèglement climatique deviennent de plus en plus concrètes, ce n’est pas pour autant qu’Ecolo parvient à convaincre. Selon notre Enquête nationale 2026, le parti écologiste francophone n’obtient que 6% à 8,5% des voix compte tenu de la marge d'erreur.

Selon Gilles Vanden Burre, "le message écologiste est clair depuis des dizaines d’années" mais peut-être pas pour tout le monde. "C’est à nous de nous remettre en question. Donc moi, je n’ai aucun problème avec ça", avoue le coprésident.

Ne plus cibler la responsabilité individuelle, mais miser sur des changements systémiques : c’est d’ailleurs le grand axe de rentrée stratégique martelé par Ecolo : "Je n’ai jamais voulu faire de la politique en pointant des gens du doigt, mais si certains l’ont ressenti, j’en prends évidemment acte. Et donc il faut pouvoir changer cela, parce que ce sont les systèmes qu’on doit changer. Les systèmes économique, financier, politique".

Et l’écologiste de poursuivre avec un exemple concret en matière de mobilité : "Pas mal de personnes, j’imagine, ont peut-être eu l’occasion de voyager cet été. Si vous prenez Bruxelles – Marseille, en termes de mobilité, si vous regardez sur les sites internet, sur certains sites low-cost d’avion, vous allez avoir un billet à 50 euros. Le train va vous coûter 2, 3 fois, 4 fois plus cher. Le problème politique, il est là. Et donc moi, comme responsable politique, je ne vais pas me fatiguer, j’ai envie de dire, à vouloir pointer du doigt des gens dans leur envie de bouger, dans leur envie d’aller voir de la famille, des copains. Non. Moi, mon objectif, c’est changer le système, et donc c’est investir dans le transport public, investir dans un réseau de trains à grande vitesse en Europe, par exemple".

Ecolo, un parti pro nucléaire ?

Dans les prochaines semaines, le gouvernement fédéral va devoir décider s’il reprend ou non une partie des activités nucléaires d’Engie. Un projet qui fait réagir Gilles Vanden Burre : "Engie, une entreprise française privée cotée en Bourse, nous explique que ce parc nucléaire vieillissant et totalement amorti, elle ne voit pas comment le rentabiliser ou le rendre efficace. Et on a l’État belge, qui dit : "pas de problème, je vais tout racheter", donc ce sont des milliards d’euros. Vous savez, moi, ce débat nucléaire aujourd’hui en Belgique, c’est plus une question de bonne gestion de l’argent public et de l’argent des citoyens en termes énergétiques, que de se dire est-ce que le nucléaire est une énergie ou pas pour les 5 à 10 ans à venir".

Mon horizon d’action politique comme écologiste, c’est de pouvoir en 2030, en 2050 effectivement, investir pour avoir 100% d’énergie renouvelable.

De là à dire qu'Ecolo est devenu un parti pro nucléaire ? "Non, pas du tout", réagit le coprésident d’Ecolo. "Dans le court terme, et dans la situation que nous connaissons aujourd’hui, en Belgique, il y a du nucléaire dans le mix énergétique, mais quel est l’horizon ? Mon horizon d’action politique comme écologiste, c’est de pouvoir en 2030, en 2050 effectivement, investir pour avoir 100% d’énergie renouvelable. Et ça, ça reste mon horizon. Mais en ce qui concerne le chemin pour y arriver, on a toujours été assez flexibles".

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