Essence, courses, engrais ... "Tout coûte cher" : en Géorgie, les démocrates font du pouvoir d’achat leur arme contre Trump

Dans le nord de la Géorgie, une trentaine de personnes sont venues écouter Shawn Harris, candidat démocrate au Congrès. Pour convaincre les électeurs, il mise sur une préoccupation quotidienne : le prix de l’essence.
"Après avoir travaillé 40 heures par semaine, peu importe quand on reçoit sa paie, on se rend vite compte que ça ne compense pas le prix de l’essence pour aller travailler", explique-t-il. Il espère ainsi convaincre des électeurs indépendants et certains républicains.
Agriculteur, le candidat évoque également les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur son secteur : "Des agriculteurs viennent me parler parce que je suis un fermier. Ils me disent qu’il faut mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient. Parce qu’en conséquence, le prix des engrais est très élevé", rapporte-t-il. Le constat est partagé : "Tout coûte cher".
Image d’illustration d’un épandeur distribuant des fertilisants. © Getty Images
Les questions de société moins présentes dans la campagne
Le coût de la vie occupe désormais une place centrale dans la communication des démocrates. Les questions LGBTQIA + sont moins présentes dans leurs discours, alors que les républicains continuent à les mettre en avant. Jack Zibluk, candidat démocrate local, estime que ces derniers cherchent ainsi à détourner l’attention des difficultés économiques. "Pour les citoyens ordinaires, ce n’est pas un sujet qui revient dans les conversations. En revanche, les Républicains en parlent beaucoup pour en faire un sujet, comme avec les athlètes transgenres. Je les entends constamment parler de ça, parce qu’ils veulent détourner la tension de l’économie", affirme-t-il. Il ajoute : "Ils s’en servent pour diviser les électeurs".
Le droit à l’avortement occupe lui aussi moins de place dans les discours de campagne qu’il y a deux ans. Melissa Clink, cadre du Parti démocrate de Géorgie, estime que la présidentielle de 2024 a envoyé un signal à son parti, même à ceux qui défendent fermement ce droit. "Pour l’électeur américain moyen, ce n’est pas la préoccupation principale. Ce sujet ne nous a pas permis de remporter l’élection présidentielle", constate-t-elle.
Le pouvoir d’achat comme dénominateur commun
Melissa Clink précise que les démocrates continuent à défendre le droit à l’avortement et la liberté reproductive. Mais elle estime que les préoccupations économiques touchent davantage de citoyens. "Mais ce n’est pas la seule question qui touche notre quotidien. Le prix de l’essence nous concerne tous, celui des courses alimentaires aussi. Le prix du diesel qui permet aux camions d’acheminer les produits jusqu’au rayon des magasins. Et le risque que tout cela coûte encore plus cher, ça nous concerne tous", explique-t-elle.
Les républicains cherchent, de leur côté, à présenter les démocrates comme des socialistes ou des communistes. Tony Kozicki, candidat démocrate au Congrès, conteste ces accusations et reproche au camp adverse de ne pas répondre aux préoccupations économiques des Américains. "Pour moi, c’est très clair, les Républicains n’ont aucun message à faire passer. Quand on parle du pouvoir d’achat, ils n’ont aucune réponse. Ce sont eux qui ont provoqué cette situation. À la place, ils essaient de faire peur aux Américains, de leur faire croire que nous allons déchirer ce pays", dénonce-t-il.
Les démocrates mieux placés sur la prospérité
Traditionnellement considérés comme plus crédibles sur les questions économiques, les républicains voient cet avantage contesté. Selon un sondage récent de Gallup, 51% des Américains estiment que le Parti démocrate est le mieux placé pour assurer la prospérité du pays, contre 37% pour le Parti républicain.
Cet écart de 14 points est le plus important en faveur des démocrates depuis près de dix ans. À l’approche du scrutin du 3 novembre, les candidats démocrates font donc du pouvoir d’achat un thème central pour tenter de convaincre au-delà de leur électorat habituel, dans l’espoir de reprendre le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat.
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