L’opposition dit progresser vers un gouvernement pour remplacer Nétanyahou
L’opposant israélien, Gadi Eisenkot, a appelé vendredi le président à lui confier la tâche de former le prochain gouvernement, faisant état de « progrès importants » dans les tractations visant à surmonter l’absence de majorité issue des élections.
Le chef de l’État, Isaac Herzog, qui a reçu cette semaine les différentes forces politiques, doit annoncer dimanche qui aura la difficile mission de former une majorité gouvernementale dans un paysage politique très fragmenté.
Depuis les élections législatives du 27 octobre, le bloc principal de l’opposition, composé de quatre formations hostiles au premier ministre sortant, Benjamin Nétanyahou, allant de la gauche à la droite nationaliste, est lancé dans des négociations ardues pour s’accorder sur la voie à suivre.
Plusieurs options ont été évoquées publiquement ou par les médias israéliens, notamment un accord avec les formations arabes, une alliance avec les ultraorthodoxes, ou encore un gouvernement d’union nationale avec le parti de M. Nétanyahou, mais sans ce dernier.
« De nombreuses rencontres ont eu lieu, certaines rendues publiques, d’autres non […] Nous avons réalisé des progrès importants et obtenu des avancées décisives », a déclaré M. Eisenkot dans un long message publié sur X.
« J’espère sincèrement me voir confier le mandat » de la part du président Herzog, a-t-il ajouté, disant vouloir former un « gouvernement d’urgence nationale ».
M. Eisenkot n’a pas détaillé les progrès dont il fait état, mais ses déclarations interviennent quelques heures après que l’un des piliers de son bloc, le nationaliste Avigdor Liberman, s’est dit ouvert à une alliance avec les partis ultraorthodoxes, une option qu’il rejetait jusque-là.
M. Liberman, chef du parti Israël Beitenou, s’est dit désormais prêt à faire des « compromis » sur sa promesse d’imposer le service militaire aux étudiants religieux, une mesure rejetée par les formations ultraorthodoxes.
Ultraorthodoxes courtisés
Le bloc de l’opposition mené par Gadi Eisenkot a recueilli 48 sièges lors des élections, alors qu’au moins 61 députés sont nécessaires pour contrôler la Knesset, le Parlement israélien.
Les deux principales formations arabes, la Liste unifiée et Raam, ont proposé d’ajouter leurs 19 députés à son camp, ce qui permettrait de constituer une majorité confortable de 67 sièges.
Mais M. Liberman, dont le parti est le plus petit membre du bloc d’opposition avec sept sièges, a redit vendredi qu’il refusait « fermement » tout pacte avec les partis arabes, même dans le cadre d’un gouvernement minoritaire que ces derniers soutiendraient indirectement la Knesset.
Dans un contexte de divisions sociales aggravées depuis le 7 octobre, ses électeurs de droite auraient en effet du mal à accepter une telle alliance avec les partis qui représentent les Arabes israéliens, aussi appelés Palestiniens d’Israël, qui représentent 20 % de la population.
Dès lors, les deux partis ultraorthodoxes, Shass (séfarade) et Judaïsme unifié de la Torah (ashkénaze), apparaissent comme les nouveaux partenaires à conquérir.
Ils disposent ensemble de 13 sièges, ce qui permettrait à l’opposition d’obtenir une courte majorité au Parlement.
Ces formations étaient alliées à la coalition gouvernementale de M. Nétanyahou, mais lui reprochent désormais d’avoir échoué à graver dans la loi l’exemption de service militaire pour les étudiants en religion.
Les hommes ultraorthodoxes ont l’obligation de servir sous les drapeaux, comme le reste de la population. Dans les faits, ils sont nombreux à ignorer la convocation de l’armée lorsqu’ils la reçoivent, une situation globalement tolérée sous le gouvernement sortant de M. Nétanyahou.
Malgré tout, des arrestations ont suscité la colère des partis religieux.
La question de la dispense du service militaire pour les ultraorthodoxes, alors que conscrits et réservistes sont déployés sur plusieurs fronts depuis le 7 octobre, alimente un profond ressentiment dans le reste de la population.
Après les déclarations de M. Liberman, Yaakov Asher, membre du parti Judaïsme unifié de la Torah, a salué la « souplesse des acteurs politiques sur la question de la conscription » et indiqué que toute proposition formelle d’alliance serait d’abord soumise aux autorités rabbiniques.
Prudent, M. Eisenkot n’a pas confirmé vendredi la piste d’une alliance avec les ultraorthodoxes, ni écarté l’hypothèse d’une coopération avec les partis arabes.
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