Yémen: 76 000 déplacés depuis juillet, l’OIM alerte sur une crise qui «s’aggrave rapidement»

Au moins 76 000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis juillet, leur nombre ayant quadruplé au cours de la semaine écoulée en raison d’une recrudescence des combats, a annoncé l’ONU samedi 12 septembre. Face à l’avancée militaire des Houthis, des milliers de familles ont pris la route, notamment vers le sud du pays. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) prévient que cette crise de déplacement pourrait « s’aggraver rapidement » et appelle à renforcer l’aide internationale.
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Selon l’OIM, des familles entières sont en mouvement, souvent la nuit, et n’ont aucun endroit sûr où aller. Le gouvernorat de Taez est le plus touché : quelque 8 300 ménages, soit près de 50 000 personnes, ont quitté des districts de cette province.
À Aden, capitale du gouvernement internationalement reconnu où se trouve l’OIM, son responsable pour le Yémen, Abdusattor Esoev, estime que la situation n’est pas encore hors de contrôle, mais qu’il faut éviter une nouvelle aggravation. « Les personnes sont déplacées dans plusieurs districts et gouvernorats différents. La plupart arrivent à Taez », explique-t-il au micro d’Aabla Jounaïdi. « Nous nous attendons à ce que le nombre de personnes arrivant à Aden augmente dans les jours à venir, mais cela dépendra aussi de l’évolution de la situation », ajoute-t-il.
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L’évolution des déplacements dépendra notamment de la poursuite des opérations militaires. « Nous devons donc encore déterminer s’il y aura une contre-attaque ou une contre-offensive de la part de l’une ou l’autre des parties, qu’il s’agisse des forces du nord ou des forces armées yéménites du sud », souligne Abdusattor Esoev.
En cas de nouveaux troubles, le responsable de l’OIM s’attend à une augmentation du nombre de déplacés et à un afflux plus important vers le gouvernorat de Lahej, puis vers Aden, qui reste « pour l’instant un endroit sûr ». L’organisation appelle les parties à faire preuve de retenue, à garantir un passage sûr aux civils et à permettre à l’aide humanitaire de parvenir aux personnes qui en ont besoin.
Beaucoup de familles déplacées aujourd’hui avaient déjà été contraintes de fuir, parfois à plusieurs reprises, au cours des douze années de conflit au Yémen. Selon l’OIM, elles sont épuisées, ne disposent plus de ressources et, pour beaucoup, ont fui avec seulement les vêtements qu’elles portaient.
Une crise humanitaire déjà largement sous-financée
Cette nouvelle vague de déplacements vient s’ajouter à une crise qui dure depuis des années. « Vous savez que le Yémen vit une crise prolongée et c’est le pays qui a la plus grande population de déplacés internes au monde, 4,5 millions de personnes », rappelle Abdusattor Esoev.
Leurs besoins humanitaires sont importants, tandis que les financements restent insuffisants. Selon le responsable de l’OIM, le plan de réponse de l’organisation pour 2026 n’a « même pas réuni 20% de ses besoins en financement ». Les équipes de l’OIM distribuent des biens de première nécessité, notamment du matériel pour les abris et des kits d’hygiène. L’organisation prévient toutefois que « les besoins dépassent de loin ce que nous pouvons fournir ».
« Et maintenant, avec cette escalade, je ne peux que demander aux donateurs, aux États-membres d’augmenter leur contribution aux organisations sur le terrain pour venir en aide aux populations », insiste Abdusattor Esoev.
Au fil des années, Aden est devenue un point de chute pour les déplacés internes. La ville accueille également de nombreux migrants ayant emprunté la dangereuse route depuis la Corne de l’Afrique.
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