Euromillions : faut-il plafonner les jackpots à 10 millions pour avoir plus de gagnants ?

À la Loterie Nationale, on défend le modèle existant : "Le hasard fait bien les choses. Nous créons quelques très grands gagnants, et les bénéfices sont reversés à la société. C'est un outil collectif : environ 350 millions d'euros sont réinjectés chaque année dans le sport, la culture, l'associatif", répond son porte-parole, Jérémy Demeyer.
Avant de poursuivre : "Le Lotto, c'est un nouveau millionnaire toutes les deux semaines et un jackpot qui dépasse rarement les 10 millions. Le Belge joue d'ailleurs dans la philosophie de l'économiste : bon nombre de collègues ou amis se cotisent pour tenter ensemble de gagner le jackpot, comme c'était le cas à Hoogstraten cet été. Au final, Lotto et Euromillions font quasi-jeu égal en parts de marché."
Par ailleurs, la Loterie nationale a aussi lancé les "Lucky codes" en 2021 pour offrir aux joueurs une chance supplémentaire de gain. À chaque tirage, elle attribue des centaines ou des milliers de petits et moyens gains, ainsi qu'un budget spécial pour la "maison de vos rêves" de 750.000 € le dernier samedi de chaque mois.
Jonas Van der Slycken rappelle qu'un million d'euros, c'est déjà la cour des grands dans notre pays. "En Belgique, quiconque dépasse ce seuil rejoint le top 7 % des plus fortunés du pays. Un montant qui, à lui seul, fait déjà rêver bon nombre de Belges."
Pour rappel : si vous jouez au Lotto, vous avez une chance sur 9 millions de remporter le jackpot. Pour l'Euromillions, c'est une chance sur 140 millions.
Le titre du livre du professeur à l'UGent est un clin d'œil à l'ancien slogan de l'Euromillions, "Scandaleusement riche", incarné par Paul : un ultra-riche absurde dont la mère préparait encore les tartines, coincé dans les embouteillages avec son jet privé. "C'était une campagne tournée sur l'auto-dérision des ultra-riches. Un slogan fort, qui disait la vérité", assume Jérémy Demeyer.
Depuis 2024, le marketing a pourtant changé de slogan : "Place aux petits bonheurs, comme "ton café du matin avec 130 millions en poche". Le récit a changé, mais pas les montants", pointe Jonas Van der Slycken.
L'économiste compare aussi le système belge de taxation des jeux de hasard avec les pays voisins : "Aux Pays-Bas, les gains sont taxés à 37 % dès 449 euros. En Belgique, aucune taxe n'est appliquée. Si plafonner l'Euromillions au sein du consortium est trop compliqué pour l'instant, une taxe serait un premier pas pragmatique pour distribuer les prix à plus de gagnants."
Le porte-parole de la Loterie nationale conclut : "Même si le gain n'est pas taxé, le fruit du gain l'est ensuite. L'actionnaire de la Loterie nationale, c'est l'État à 100 %. S'il décide d'adapter le système, nous nous y conformerons."
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