"J’ai des angoisses pour tout" : de ses peurs à la paternité, ce qui fait avancer Ben Mazué

Ben Mazué l’explique bien : ses chansons naissent souvent de l’introspection. Mais raconter sa propre vie n’est pas suffisant, encore faut-il que d’autres puissent s’y reconnaître : "C’est beaucoup d’introspection, mais dans l’idée de pouvoir être partagé. Ce sont des émotions, des expériences que je vis moi, mais à chaque fois, je les mets en musique quand j’ai l’impression qu’elles peuvent être partageables. Quand ça me concerne trop, je n’en parle pas".
Les grandes étapes de l’existence, comme une séparation ou l’arrivée d’un enfant, offrent justement cette possibilité de faire résonner une histoire intime auprès d’un public plus large. C’est sa manière de transformer ses propres expériences en chansons dans lesquelles chacun peut retrouver un écho de sa propre vie.
Aussi, le chanteur ne cache pas ses inquiétudes : "J’ai des angoisses pour tout. […] Mais je combats ces angoisses avec le plus de courage que j’ai possible pour que ça n’imprègne pas trop mes décisions, ni le regard que j’ai sur l’avenir de mes enfants".
Plutôt que de laisser ses peurs prendre le dessus, il tente de préserver son enthousiasme et son optimisme. "Avec le courage, c’est pas mal. C’est une bonne arme", partage-t-il.
De la médecine à la musique
Avant de faire de la musique son métier, Ben Mazué a exercé comme… médecin. Deux univers franchement bien distincts, qu’il ne considère pas comme le prolongement l’un de l’autre. Pour lui, la médecine repose sur l’observation et l’application de règles, tandis que la musique lui permet de donner libre cours à son besoin de création. "J’ai eu la plus grande impression de satisfaire mon envie de création à travers la musique qu’à travers la médecine", explique le chanteur.
Si la musique lui offre un espace de création, elle peut aussi aider à traverser les moments difficiles. Le chanteur en a lui-même fait l’expérience en tant qu’auditeur : "Je me suis souvent soigné de tristesse, ou même parfois vautré dans la tristesse grâce à des chansons. Et ça fait du bien. Parfois, c’est cathartique". Quelques paroles et une mélodie peuvent ainsi permettre d’accueillir une émotion, voire de l’apprivoiser.
Cette sensibilité se retrouve dans Cécile Gagnant, une chanson qu’il interprète à la guitare en direct. Il y imagine la fille qu’il n’aura probablement jamais. Père de garçons, il s’était pourtant projeté dans la possibilité d’avoir une fille. Il parle d’un "petit deuil tout mignon", sans que ce regret n’efface le bonheur d’être père.
"La route qu’on prend quand on est parent, elle est complètement inconnue. On a l’impression qu’on se prépare à quelque chose. Ce n’est pas du tout ce qui va arriver. Et ça me remplit de beaucoup de joie". Il rappelle que la parentalité échappe aux scénarios que l’on s’était imaginés, et cela lui "va très bien".
Des rencontres qui nourrissent son œuvre
Ben Mazué aime aussi ce que les autres artistes peuvent apporter à son univers. Sa collaboration avec le groupe belge a cappella Just Vox lui permet notamment de découvrir de nouvelles couleurs vocales : "J’ai de la chance de tourner avec eux, déjà parce qu’ils apportent une touche à la fois de bonheur, de plaisir, d’ouverture d’esprit que j’aime beaucoup". Il le dit avec émotion : leurs voix donnent plus d’ampleur à la sienne.
Evidemment, en tant que mélomane, il garde un œil attentif sur les artistes qui l’impressionnent. Parmi ses coups de cœur du moment figure la chanteuse anglaise Sienna Spiro, qu’il compte aller voir à Forest National en mars. Selon lui, elle est "l’une des grandes divas de ces 20 dernières années", saluant autant sa voix que sa présence et sa puissance.
En bref, Ben Mazué conserve une passion intacte pour la musique, qu’il s’agisse de créer ses propres chansons, de partager la scène ou de se laisser surprendre par d’autres voix.
Une passion à dimension culturelle que partage Françoise à travers ses choix de la semaine : un polar du Belge François Weerts situé à Bruxelles dans les années 1960, un roman illustré autour de la Grèce antique et des déesses, ainsi qu’une exposition consacrée à Marc Chagall au CAP, à Mons.
Ben Mazué sera à retrouver sur la scène de Forest National le 6 décembre. Mais pas besoin d’attendre aussi longtemps pour Culture en Prime : rendez-vous la semaine prochaine, sur La Une et en streaming sur RTBF Auvio.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.