Louai Abu Ridi a rejoint sa famille sous blocus en Cisjordanie: «Je ne peux pas laisser les colons voler ma maison»

En Cisjordanie occupée, la situation reste inchangée à Qusra près de Naplouse. Des colons israéliens violents continuent d’assiéger trois maisons palestiniennes, où les habitants sont bloqués à l’intérieur depuis plus d’une semaine. Louai Abu Ridi, palestino-américain, a réussi à rejoindre sa famille dans une des maisons et réclame l'aide de Washington.
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Pour ces familles palestiniennes, impossible de sortir, d'aller acheter à manger ou à boire. Parmi elles se trouve Lou-ai Abou Ridi, un Palestinien qui a aussi la nationalité américaine. Il a pris un avion depuis l’Ohio, où il réside, pour rejoindre Qusra. Il a pu rentrer chez lui lundi sous escorte militaire israélienne, mais il se trouve désormais piégé dans sa propre maison, sur les hauteurs proches du village de Qusra, où le blocus est entré dans sa deuxième semaine. Depuis la colline voisine, on distingue quelques soldats postés à l’extérieur, raconte notre envoyée spéciale à Qusra, Frédérique Misslin.
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« Je ne peux pas laisser les colons voler ma maison »
Dès son arrivée, Loai Abou Ridi a hissé un drapeau américain sur son toit et réclame de l’aide de son pays. « Je demande aux autorités américaines, à l'ambassade, de m'accorder une protection et d'évacuer définitivement les colons de notre village et de ma région. Je ne peux pas laisser les colons voler ma maison sous mes yeux », a-t-il protesté en arrivant à l'aéroport.
Pris au piège dans sa maison, son frère, Qusai Abou Ridi, a alerté sur la situation des habitants assiégés de Qusra, provoquant à l'international des condamnations massives des actes des colons. Lundi, il a partagé des vidéos à l'AFP montrant des colons passant devant la maison à bord de quads, tandis que les forces israéliennes étaient postées à l'extérieur. « Je regarde ça en direct depuis des jours, c'est la deuxième semaine que je n'arrive pas à dormir », a confié Louai Abou Ridi aux journalistes, après avoir atterri à l'aéroport Ben-Gourion, près de Tel-Aviv.
Il a également exprimé sa frustration envers l'incapacité de l'armée israélienne à évacuer une poignée de colons du site, et l'a appelée à faire plus d'efforts pour résoudre la situation. « Il est temps pour tout le monde d'agir [...]. Si on en parle sur les réseaux sociaux et qu'on condamne ces agissements, alors il faut agir sur le terrain », a-t-il affirmé.
Rester loin des portes et des fenêtres
La zone de Qusra est difficile d’accès car bouclée par les militaires. Les colons, eux, sont toujours sur place, où la solidarité tente de s'organiser, notamment via la mairie de Qusra, qui insiste pour faire parvenir des vivres et de l'eau, malgré l'armée toujours postée autour des maisons. Les familles joignent leurs proches comme elles peuvent au téléphone, alors que l'accès à internet a été coupé.
Un des proches des familles encerclées raconte que les Palestiniens enfermés ont pour consigne de rester loin des portes et des fenêtres, par mesure de sécurité, affirme l'armée israélienne. L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, habituellement fervent partisan de la colonisation, a fermement condamné ces agissements. « Les actions de ceux derrière cet acte de terreur horrible, visant à intimider et à harceler cette famille, sont répugnantes », a-t-il écrit jeudi sur X.
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