Allemagne: les alliances du parti Die Linke à Berlin menacées par des suspicions d'antisémitisme

La polémique gronde à Berlin et même dans l’ensemble du pays désormais après la victoire de la gauche radicale dimanche 20 septembre 2026 dans la capitale allemande. Le parti Die Linke est arrivé en tête du scrutin avec plus de 25% des voix. Mais les accusations d’antisémitisme et de liens présumés de certains responsables avec des clans criminels suscitent de nombreux débats.
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De notre correspondant à Berlin,
Parmi les reproches adressés à Die Linke, les accusations d’antisémitisme étaient déjà dans l’air avant les élections en raison de prises de position de certains responsables propalestiniens. Certains n’ont pas hésité à remettre en cause l’existence d’Israël. En permanence, la grande gagnante des élections de dimanche 20 septembre, Elif Eralp, était sous pression et a dû prendre ses distances avec différentes déclarations. Durant la campagne, un rappeur avait par exemple lors d’une réunion de Die Linke célébré l’intifada et appelé à tuer des soldats israéliens.
Il faut rappeler que la ville compte une importante communauté palestinienne avec laquelle Die Linke se solidarise. Et que le parti dont le nombre de membres a explosé est beaucoup plus jeune et radical que dans le passé. Dimanche soir, alors qu’on faisait la fête chez Die Linke, la présence d’un chef de clan libanais connu a fait désordre. Le parti a affirmé ensuite qu’il n’était pas invité.
Mais ce dernier a fait campagne pour un mouvement qui a souvent dénoncé la stigmatisation dont seraient victimes certaines familles libanaises avec le terme négatif de « clans ». La présence dimanche soir d’un activiste palestinien, considéré comme un représentant du Front de libération de la Palestine (FLP) et qui a rendu hommage à des leaders du Hamas, a aussi fait polémique.
Des sociaux-démocrates rejettent une alliance avec Die Linke
Ces critiques ont d’abord des conséquences à Berlin même, alors que Die Linke doit trouver des alliés pour gouverner. Sur le papier, un remake de la coalition de gauche déjà pratiquée à Berlin avec les Verts et les sociaux-démocrates va de soi. Mais à l’époque, Die Linke était dirigée par des responsables très pragmatiques. D’aucuns ont d’ailleurs claqué la porte du parti après le 7 octobre 2023, reprochant à leur parti des relents antisémites.
Les écologistes et le SPD, qui ont perdu des points dimanche lors des élections, ont de plus en plus d’états d’âme et exigent que le parti de la gauche radicale prenne clairement ses distances avec toute dérive antisémite, voire exclue certains membres. Une soixantaine de personnalités sociales-démocrates, dont deux anciens maires de Berlin, rejettent des discussions avec Die Linke.
La communauté juive est divisée. Ses représentants officiels dénoncent l’antisémitisme de Die Linke et demandent aux autres partis de gauche d’exclure une alliance. Un appel de juifs de gauche prend une position inverse. Et ces débats ne se limitent plus à la sphère politique berlinoise. Mercredi 23 septembre, lors d’un débat au Bundestag, le sujet a été évoqué. Un député berlinois de Die Linke au cœur des polémiques a mis ses activités politiques en veilleuse. Les dirigeants nationaux des partis prennent leurs distances.
La ministre de la Famille chrétienne-démocrate, elle-même d’origine juive, a estimé que les juifs ne se sentiraient plus en sécurité à Berlin avec une mairesse Die Linke. Le chancelier Friedrich Merz a demandé à ses alliés sociaux-démocrates de prendre leurs distances.
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