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Saturday, November 7, 2026

Le lanceur d’alerte congédié par la CAQ veut devenir journaliste

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En marchant sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle cet été, Olivier Smith-Lauzon a eu une révélation : il voulait devenir journaliste. Quelques jours plus tôt, le fonctionnaire de 42 ans avait été congédié par le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie pour avoir dénoncé les risques financiers de Québec dans la filière batterie.

Cette fin de semaine, le nouvel étudiant en journalisme à l'Université de Montréal participe avec beaucoup d'excitation au congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), à Sherbrooke.

Le 11 juin dernier, Radio-Canada a publié un texte qui a changé la vie d'Olivier Smith-Lauzon. J'ai pu voir la puissance des médias, raconte-t-il.

Dans cet article, il témoignait à visage découvert de son congédiement pour avoir partagé avec un journaliste des informations au sujet d’investissements risqués d’argent public dans des projets comme Northvolt ou Nemaska Lithium.

Radio-Canada révélait que la première ministre de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, avait annoncé publiquement le congédiement, alors que l’enquête interne n’était pas terminée et que le fonctionnaire n’avait toujours pas été interrogé par son ministère.

Il se souvient que quand l'article a été publié, [il a] reçu une cascade de demandes de rencontres et de demandes d'entrevues. Quelques heures après, ils en parlaient à l'Assemblée nationale, à Québec.

On dit souvent que les médias, c’est le quatrième pouvoir. Là, je le voyais précisément, à l’âge de 42 ans. La puissance des médias, ça a été le déclencheur.

François Legault s'adresse aux journalistes.

Des journalistes questionnent l'ex-premier ministre François Legault. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Critique des médias

Comme fonctionnaire, j'avais un certain pouvoir d’influence, mais les médias en ont tout un aussi, constate-t-il, sauf qu'il y a des journalistes qui tournent les coins ronds et c’est déplorable.

Selon Olivier Smith-Lauzon, tous les médias n’utilisent pas leur pouvoir pour faire le bien public.

Comptable agréé, il est en grande réflexion sur le type de journalisme qu’il aimerait pratiquer après son diplôme.

Il se dit prêt à assumer ses biais politiques : Je ne crois pas à la neutralité des médias et à l'objectivité.

Un congédiement toujours contesté

Olivier Smith-Lauzon et le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) contestent toujours le congédiement et la cause n'a pas encore été entendue.

J’aimais mon travail, rappelle l'ex-fonctionnaire, tout en déplorant que, dans les dernières années, il y avait de l’ingérence politique dans les décisions des fonctionnaires.

Je serais prêt à retourner [dans la fonction publique], mais il faudrait qu’il y ait un changement de culture très important : redonner du pouvoir aux fonctionnaires et que le politique écoute davantage l’avis des fonctionnaires.

Selon lui, le gouvernement du Québec devrait modifier le devoir de loyauté des fonctionnaires, mais aussi des secteurs parapublics, comme pour les enseignantes ou les infirmières.

Il considère que quelqu'un qui est payé par l’État du Québec, son devoir de loyauté, c'est le public québécois, tout comme un journaliste qui travaille pour Radio-Canada, son vrai boss, c'est le public canadien.

Paul St-Pierre Plamondon s'adresse aux journalistes.

Paul St-Pierre Plamondon, à l'Assemblée nationale. (Photo d'archives).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

À la suite du congédiement d'Olivier Smith-Lauzon, le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon, alors dans l'opposition, avait dénoncé une commande politique.

Le désormais premier ministre du Québec avait aussi déclaré qu'un lanceur d'alerte qui transmet un document à un journaliste ne devrait pas perdre son travail.

Le PQ avait présenté une motion à l'Assemblée nationale demandant l'interdiction de toutes formes de représailles à l'encontre des lanceurs d'alerte.

Le 11 juin, interrogé par les journalistes de la colline Parlementaire sur l'éventualité qu'un gouvernement du Parti québécois change les lois pour permettre aux fonctionnaires de communiquer avec les médias sans crainte de représailles, Paul St-Pierre Plamondon avait répondu : On peut considérer quel encadrement juridique le permettrait.

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