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Saturday, November 7, 2026

Un arbre géant est tombé, il s’appelait Jacques Proulx

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Il y a des arbres géants qui tombent si délicatement que leur chute ne fait pas trop, trop de bruit. C’est le cas de l’un d’entre eux. Jacques Proulx, ancien président de l’Union des producteurs agricoles et âme dirigeante de Solidarité rurale du Québec, nous a quittés le 9 octobre dernier. Ses funérailles seront célébrées le 7 novembre.

Sa contribution inestimable au monde de la ruralité a, à notre sens, été trop succinctement évoquée. Il ne faut pas s’en étonner tellement l’homme était modeste, humble même. Un paysan, comme il aimait se définir. Celui qui vivait du travail de la terre et qui en était fier.

Un paysan qui n’a pas hésité un seul instant, notamment lors des États généraux du monde rural ou de la commission Bélanger-Campeau, à défendre les siens.

Jacques Proulx était un homme debout. Un homme au front. Tout en lui transpirait l’authenticité et l’engagement profond.

Tout en se portant à la défense des agriculteurs québécois, Jacques Proulx n’a jamais caché sa préoccupation de créer un lien plus intime entre les régions du Québec et la métropole.

En 1992, à l’occasion des célébrations du 350e anniversaire de Montréal et à l’invitation du maire Jean Doré, Jacques Proulx débarquait en ville avec, à sa suite, et ce, pendant neuf dimanches consécutifs, les représentants de chacune des régions du Québec.

Ces « Dimanche matin, Montréal m’attend » visaient le nécessaire rapprochement à favoriser entre la métropole et ses régions. Véritable coup de cœur des célébrations, cet événement faisait également ressurgir une réalité, celle des nombreux Montréalais qui avaient, depuis l’époque de l’industrialisation, déserté les régions pour venir s’établir en ville.

En 2001, c’est au Marché Bonsecours, en plein cœur du Vieux-Montréal, que Jacques Proulx entraînait son monde à la Foire des villages. Entreprise de séduction à nulle autre pareille, cette initiative visait entre autres à convaincre les urbains que choisir de vivre en région pouvait représenter une option envisageable.

En saluant l’inlassable travail de Jacques Proulx, il apparaît aussi opportun d’attirer l’attention sur celui de tous les agriculteurs québécois.

Les coups de gueule de Jacques Proulx sur l’insoutenable réalité du monde agricole se comptent par dizaines. Jacques Proulx n’a jamais mâché ses mots pour décrire sa colère et sa frustration en ce domaine.

Tout au long de son mandat à la tête de Solidarité rurale, Jacques Proulx a sans cesse martelé le cri de ralliement de cette organisation : « Tant vaut le village, tant vaut le pays. » Il croyait en effet fermement que la vitalité des régions avait de fortes répercussions sur le sort d’une nation.

Jacques Proulx était un semeur. La nation québécoise lui est redevable de toutes les petites graines qu’il a semées.

Le Québec de Jacques Proulx n’était pas un Québec désincarné, un Québec scindé en deux ou pire encore, un Québec dont les citoyens seraient définis par leurs codes régionaux. Qu’ils soient issus du 514, du 450, du 418 ou du 819, les citoyens du Québec ont une chose en commun : ils vivent tous du produit de la terre du Québec. Et ça, Jacques Proulx n’a jamais cessé de le leur rappeler.

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