Crue dans l'Himalaya: l'heure du recueillement pour les proches des disparus, désormais sans espoirs

Mercredi 2 septembre, huit jours après les inondations meurtrières qui ont dévasté le Nord du Népal, plus de 1 200 personnes personnes sont mortes et plus de 4 200 sont toujours portées disparues. Les secours sont à pied d'œuvre mais font face à des difficultés : de nombreuses routes coupées, des ponts arrachés, un manque de technique, de matériel et parfois de coordination... Face à ce drame, certains proches de disparus leur rendent hommage dans des cérémonies symboliques, bouddhistes ou hindoues. Reportage à l'est de Katmandou, au temple de Pashupatinath, l'un des plus grands lieux sacrés hindous du pays depuis le XVIIe siècle.
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Avec notre envoyée spéciale sur place, Juliette Chaignon
Baignées dans l'odeur de fumée et de bâtons d'encens, au pied d'un immense temple de brique rouge, des marches d'escaliers descendent vers un cours d'eau sacré pour les hindous. Le temple de Pashupatinath, à Katmandou au Népal, est un lieu de recueillement pour des centaines de proches endeuillés ou touchés par la crue dans l'Himalaya, provoquée par l'effondrement d'un glacier à la frontière avec le Tibet.
Bizeh et Sunil travaillent dans le tourisme. Ils sont sans nouvelle de leurs amis depuis les inondations dévastatrices. « Ils étaient partis en tant que guides pour un pèlerinage à Kaylash », confie Sunil. Bizeh, lui, n'a que peu d'espoirs : « Je pense que la majorité des disparus ne seront pas retrouvés vivants... »
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Devant eux, une procession se tient. Quatre hommes portent une petite civière en bambous, recouverte d'un tissu orange et d'offrandes : des fleurs, des pigments, des billets... « Les corps n'ont pas été retrouvés. Donc symboliquement, on fabrique une sorte de poupée. On appelle ça un kus. On y met des plantes sacrées. Et ensuite, on fait une crémation », explique Sunil. Compte tenu de la situation, ces crémations sont gratuites, poursuit-il : « Dans la religion hindoue, même si on meurt, l'âme reste toujours parmi nous. Donc on fait tout ça pour la libérer. »
Ce rituel est essentiel pour des familles qui ont, aujourd'hui, perdu tout espoir de retrouver leurs proches en vie, ou de se voir remettre leurs corps par les autorités népalaises.
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