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Tuesday, September 15, 2026

Et si une bombe nucléaire pouvait sauver la Terre ? Des scientifiques testent un scénario digne de la science-fiction

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Cet article traite d'une étude publiée dans Space : Science&Technology en août 2026 par des scientifiques chinois, qui ont modélisé une stratégie de défense planétaire fondée sur l'utilisation d'armes nucléaires pour détruire des astéroïdes en démarche. La Nasa estime que jusqu'à 15 000 astéroïdes de plusieurs centaines de mètres pourraient circuler sans avoir encore été détectés, chacun capable d'anéantir une métropole entière.

Face à ce risque, les chercheurs ne proposent pas une solution timide : ils imaginent enfoncer une charge nucléaire directement à l'intérieur de l'astéroïde pour le pulvériser de l'intérieur.

Quand le scénario catastrophe devient calcul scientifique

Le vrai problème avec les astéroïdes, c'est rarement leur taille. C'est le délai. Selon l'étude chinoise, la fenêtre d'alerte avant un impact potentiel pourrait se limiter à quelques jours, parfois quelques semaines. Pas le temps d'organiser une évacuation planétaire, encore moins de construire un vaisseau spatial de toutes pièces.

Une vue de l'IA d'une explosion nucléaire fragmentant un astéroïde. Illustration créée à l'aide d'un outil IA. © Laurent Sacco, Futura

Faire exploser une bombe nucléaire près d’un astéroïde : les simulations révèlent un effet inattendu

Les membres de la génération X se souviennent sans doute du film Météore, en 1979, avec Sean Connery. Pour ceux de la génération Y, ce sera sans doute plutôt Armageddon, avec Bruce Willis. On considère souvent depuis que l'utilisation d'une arme nucléaire pour sauver l'Humanité du même destin que les dinosaures n'est pas une bonne idée. Et si c'était faux ?... Lire la suite

C'est précisément pourquoi les chercheurs ont orienté leurs travaux vers une solution à déploiement rapide. Leur approche : simuler informatiquement des astéroïdes fonçant vers la Terre à environ 10 kilomètres par seconde, puis calculer la puissance nucléaire nécessaire pour les désintégrer. Les résultats publiés sont précis :

  • Une charge de 300 kilotonnes suffit à détruire un astéroïde de 50 mètres de diamètre.
  • Une bombe de 3 mégatonnes vient à bout d'un bloc de 100 mètres.

Pour comparaison, la bombe larguée sur Hiroshima en 1945 pesait environ 15 kilotonnes. On parle donc de puissances sans commune mesure avec ce que l'humanité a déjà utilisé. La méthode proposée n'est pas une explosion à proximité du rocher, ce qui risquerait seulement de le dévier sans garantie. Les chercheurs préconisent d'enfoncer la bombe dans le corps même de l'astéroïde, pour que la détonation le brise de l'intérieur, façon fragmentation totale.

La mission Dart a réussi à dévier l'astéroïde Dimorphos mais pas à le détruire. © Aunt_Spray, iStock

Un plan séduisant, des obstacles concrets

L'idée est brillante sur le papier. Mais entre une simulation et une mission spatiale opérationnelle, il y a un gouffre technologique que les chercheurs eux-mêmes ne minimisent pas.

Premier obstacle : aucun engin spatial actuel n'est conçu pour forer la roche d'un astéroïde en mouvement à grande vitesse, tout en transportant une charge nucléaire sur des millions de kilomètres. Cette technologie n'existe pas encore, ni en prototype ni en concept abouti. La mission Dart de la Nasa, qui a percuté l'astéroïde Dimorphos en 2022 pour modifier sa trajectoire, reste la référence mondiale en matière de défense planétaire, mais elle relève d'une logique de déviation, pas de destruction.

la Journée internationale des astéroïdes vue par l'IA. © XD, ChatGPT

La vraie question n'est pas « si » un astéroïde frappera la Terre, mais « lequel » : entretien avec Jean-Pierre Luminet (1/2)

Dans l’ouvrage qu’il avait publié en 2013 aux éditions Le Cherche-midi, Jean-Pierre Luminet dresse un large tableau de notre connaissance du monde des astéroïdes, de ses dangers, mais aussi de ses promesses. La Terre est-elle vraiment menacée ? Peut-on dévier des géocroiseurs comme Apophis ou coloniser le Système solaire avec eux ? Il avait répondu aux questions de Futura sur ces sujets dans une interview en deux parties, dont voici la première, que nous republions en 2026 pour la Journée internationale des astéroïdes. C'est un événement mondial annuel, créé en 2016, qui est célébré le 30 juin, jour anniversaire de l'explosion de la Toungouska, survenue en 1908.... Lire la suite

Deuxième obstacle : la détection précoce. Sans réseau de surveillance amélioré, la meilleure bombe nucléaire du monde ne servira à rien si l'astéroïde est repéré trop tard pour organiser une mission de réponse. C'est d'ailleurs l'un des arguments principaux des chercheurs chinois pour investir dès maintenant dans ces scénarios d'urgence.

Malgré ces limites, l'étude apporte une contribution concrète : elle établit des seuils de puissance précis selon la taille de l'objet menaçant, ce qui permet d'envisager un protocole standardisé de réponse planétaire. Pour les agences spatiales qui travaillent sur ces questions, c'est une base de travail sérieuse, pas un scénario hollywoodien.

La prochaine étape logique serait de coupler ces modèles à des programmes de détection précoce plus ambitieux, comme le futur télescope spatial NEO Surveyor, dont le lancement est prévu par la Nasa pour renforcer l'inventaire des objets géocroiseurs potentiellement dangereux.

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