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Friday, September 11, 2026

ChatGPT : OpenAI ne suit plus et suspend les abonnements Pro

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Une semaine après avoir proclamé « le début de l’ère de l’AGI », OpenAI ferme la porte à ceux qui voulaient payer 200 dollars par mois pour y entrer. Les serveurs, eux, n’avaient visiblement pas lu le communiqué.

Le lancement de GPT-6 Astra, le 3 septembre, vous l’avez peut-être suivi avec la même fébrilité que les dirigeants d’OpenAI, qui y voyaient « le début de l’ère de l’AGI ». Sept jours plus tard, la fébrilité a changé de camp. Le 10 septembre, Thibault Sottiaux, responsable produit de ChatGPT et de Codex, a annoncé sur X la suspension des nouvelles souscriptions à l’offre Pro, facturée 200 dollars par mois (229 euros TTC en France). La justification tient en une phrase du responsable produit : « la demande pour Astra est vraiment sans précédent ».

Demand for Astra is really unprecedented. We’re pulling all the levers possible to sustain the demand, but I’ve not seen anything like it until now and we went through very steep growth before. Priority will always be to keep excellent service for existing users, but we might…

— Tibo (@thsottiaux) September 9, 2026

Qui est concerné par le gel des abonnements Pro ?

Les abonnés Pro actuels conservent leur accès à GPT-6 Astra, sans limitation supplémentaire, et les formules Go, Plus, Business et Enterprise restent ouvertes, tout comme l’API pour les développeurs. Seuls les nouveaux venus trouvent porte close, sans date de réouverture (OpenAI dit ajouter de la capacité, ce qui ne constitue pas vraiment un calendrier). Sottiaux présente la mesure comme « le plus petit pas possible » pour continuer à servir le plus grand nombre : on ferme l’entrée pour ne pas dégrader la salle.

Le modèle en cause a été entraîné sur plus de 100 000 GPU dans le centre de données Stargate, au Texas, et sait piloter un ordinateur (tableurs, formulaires, navigation) à une vitesse présentée comme surhumaine. Il est arrivé chez les abonnés Plus et Pro dans les jours qui ont suivi sa présentation, et la ruée a fait le reste. Dès le 9 septembre, Sottiaux prévenait que l’intérêt dépassait celui des précédents lancements d’OpenAI, pourtant déjà explosifs ; le lendemain, le guichet fermait.

En novembre 2023, au lendemain de sa première conférence développeurs, OpenAI avait déjà suspendu les inscriptions à ChatGPT Plus, débordée par l’afflux, et il avait fallu un mois pour rouvrir (un air de déjà-vu, donc). En juillet dernier, la société chinoise Moonshot AI a vécu la même mésaventure avec Kimi K3 : abonnements gelés 48 heures après le lancement, puis rouverts par lots au fil des livraisons de serveurs. La pénurie ne choisit pas son camp.

Pourquoi OpenAI préfère fermer la porte plutôt que ralentir

Fermer l’entrée d’un service qui perd de l’argent sur chaque client peut passer pour une décision de bon sens. Sam Altman l’avait reconnu dès janvier 2025 : les abonnés Pro utilisaient tellement le service qu’OpenAI perdait de l’argent sur chacun d’eux, et rien n’indique que l’équation se soit inversée avec un modèle bien plus gourmand. En contrepartie, OpenAI se paie autrement. Sur les offres grand public, Free, Plus et Pro compris, les conversations servent par défaut à entraîner les futurs modèles, sauf si l’abonné désactive l’option dans ses réglages (les comptes Business, Enterprise et l’API en sont exclus). Vu sous cet angle, chaque session d’un utilisateur intensif d’Astra vaut au moins autant en données qu’en dollars, et le tarif à perte ressemble moins à une erreur de calcul qu’à un investissement.

Anthropic, au printemps, a fait le choix inverse : laisser entrer tout le monde et serrer les limites d’usage de Claude, au prix d’un mois de fronde des utilisateurs de Claude Code en mars et avril. Fin avril, la société a reconnu trois ratés d’ingénierie, dont une baisse de l’effort de raisonnement par défaut décidée pour réduire les temps de réponse, tout en jurant ne jamais dégrader volontairement ses modèles (c’est formulé prudemment). Le 6 mai, elle signait avec SpaceX, devenue entre-temps la maison de xAI, pour plus de 300 mégawatts et 220 000 GPU Nvidia, et doublait ses limites dans la foulée. Deux stratégies face à la même pénurie, en somme : rationner l’usage, ou rationner l’entrée. OpenAI a choisi la seconde, comme Moonshot avant elle, et comme elle-même il y a trois ans.

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