La campagne, « on l’a gagnée », estime Éric Duhaime

Le candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) au poste de premier ministre, Éric Duhaime, se félicite d’avoir su, au cours des dernières semaines, imposer à ses adversaires politiques les thèmes qui lui sont chers, comme la taille de l'État et l'exploitation du gaz naturel.
Je ne sais pas qui va gagner le 5 octobre prochain, mais la campagne comme telle, on l'a gagnée
, a-t-il déclaré mardi en entrevue à l’émission Midi info, sur ICI PREMIÈRE.
Quand c'est rendu qu'il y a une surenchère pour savoir lequel des partis va couper le plus de postes en fonction publique, là, c'est parce qu'on n'est pas dans une campagne qui tire à gauche
, a fait remarquer le chef du PCQ.
Si on parle des demandeurs d'asile
, du gaz naturel
, de la réduction des postes [de fonctionnaires]
et d'éliminer la paperasse
, c'est à cause des conservateurs
, a-t-il soutenu.
M. Duhaime s’est par ailleurs montré satisfait du plus récent sondage de la firme Léger qui, pour la première fois, lui accorde une avance de plus de 10 points sur le Parti québécois (PQ) dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec.
Questionné sur le sujet, le chef du PCQ a expliqué sa popularité dans la Vieille Capitale par le fait qu’il y a longtemps sévi comme animateur de radio et que le débat constitutionnel y est moins prégnant que dans le Grand Montréal en raison de la prédominance du français, entre autres,
Selon lui, les résidents de la région de Québec, qui côtoient davantage de fonctionnaires qu'ailleurs dans la province, sont aussi plus ouverts aux idées conservatrices. On est aux premières loges pour constater l'obésité de l'État
, a-t-il dit.
Le défi d'Éric Duhaime pour les deux semaines qui restent à la campagne? Convaincre ses sympathisants de se rendre aux urnes. Il faut que les gens aillent voter
, a-t-il souligné, affirmant par ailleurs que quelques centaines de votes bien placés
pourraient provoquer un scénario tout à fait différent
que celui projeté par Léger.
M. Duhaime demande aux électeurs de lui confier la balance du pouvoir
pour éviter la tenue du troisième référendum sur l'indépendance promis par le PQ, dont l'issue est pour le moins incertaine. Une autre défaite, selon lui, serait une catastrophe pour le Québec
.

Le chef conservateur Éric Duhaime était de passage à « Midi info », plus tôt aujourd'hui.
Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé
On l'a vécu deux fois, un référendum perdant sur la souveraineté. Les deux fois, le fédéral en a profité pour envahir encore davantage les champs de compétences du Québec. Pour les gens qui, comme moi, [...] veulent accroître le pouvoir québécois à l'intérieur de la Confédération canadienne, c'est le pire des scénarios.
Duhaime tend la main aux souverainistes pragmatiques
Éric Duhaime a par ailleurs présenté mardi matin sa vision autonomiste en point de presse devant un immense drapeau fleurdelisé, à Montréal, afin de proposer, par exemple, de relancer le projet de constitution du Québec pour y inclure les francophones, les anglophones et les Autochtones comme peuples fondateurs
.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, entouré de candidats de son parti, s'adresse aux médias lors d'un passage électoral à Montréal.
Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi
Il a aussi fait état des 10 demandes prioritaires
que ferait un gouvernement du PCQ à Ottawa, qui réclamerait, par exemple, que le Québec exerce les pleins pouvoirs en matière d'immigration permanente et temporaire sur son territoire et qu'il participe directement aux négociations internationales qui touchent ses compétences.
M. Duhaime, dans ce contexte, a tendu la main aux souverainistes pragmatiques
qui soutiennent actuellement le PQ.
Je leur dis : "Regardez là, je comprends que vous voulez aller sur la Lune, mais aujourd'hui, on est capables de faire quelques kilomètres ensemble. On n'atteindra pas la Lune, c'est clair, on va rester à l'intérieur de la Confédération canadienne, mais on va accroître le pouvoir québécois."
La vision autonomiste du PCQ prévoit notamment l'ajout d'une clause René Lévesque
dans tous les projets de loi déposés par le parti, qui invoquerait systématiquement la disposition de dérogation de la Constitution canadienne pour soustraire ses dispositions à l'examen des tribunaux.
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