Séoul change de cap et propose un simple «gel» du programme nucléaire nord-coréen contre un allègement des sanctions

Une petite phrase en apparence, mais une rupture majeure : le président sud-coréen Lee Jae-myung a appelé lundi 21 septembre, dans le New York Times et auprès de l’Associated Press, les États-Unis à demander un « gel » du programme nucléaire nord-coréen, et non plus sa suppression.
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Depuis des décennies, Séoul, Washington et Tokyo réclament la « dénucléarisation complète de la Corée du Nord ». Une formule de plus en plus décriée alors que Pyongyang possède désormais un impressionnant arsenal balistique et semble fermé à toute négociation.
Lee Jae-myung propose donc une autre approche : un arrêt du programme d’armement en échange d’un allègement des sanctions du Conseil de sécurité. Dans les colonnes du New York Times, le président sud-coréen plaide pour une démarche pragmatique en plusieurs phases, qu’il doit développer ce mardi lors d’un discours à l’Assemblée générale des Nations unies.
Une approche en plusieurs étapes
Cette rupture avec la ligne historique repose sur un triple constat : les sanctions ne sont pas efficaces, la Corée du Nord n’est plus aussi isolée qu’auparavant grâce au soutien russe et chinois, et son arsenal balistique ne cesse de croître.
Lee Jae-myung propose d’abord un gel du programme nucléaire, puis un dialogue global qui aboutirait à un traité de paix sur la péninsule. Dans cette configuration, la Corée du Nord pourrait alors renoncer à l’arme atomique comme seule garantie de sa sécurité.
« Je pense qu'il y a un intérêt considérable à trouver un compromis entre les sanctions - qui ne sont de toute façon pas particulièrement efficaces - et l'arrêt du développement d'armes nucléaires supplémentaires et de la technologie des missiles balistiques intercontinentaux », a déclaré le président sud-coréen au New York Times. « Viser la dénucléarisation dans les circonstances actuelles », a-t-il assuré au journal américain, « garantit que rien ne sera accompli ».
Les conservateurs jugent cette solution utopique, estimant qu’elle permettrait à Pyongyang de se retirer à tout moment des discussions sans concession majeure. Mais Lee Jae-myung estime que le temps presse : « Quand la Corée du Nord aura assez d’armes nucléaires pour assurer sa survie, alors elle commencera à les exporter », alerte le président sud-coréen, ajoutant que cela serait « réellement dangereux ».
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