Défaite électorale majeure | Malgré tout, la CAQ veut « se relever et reconstruire »

C’est encore tout frais. La Coalition avenir Québec, qui a perdu l’ensemble de ses 79 sièges, vient d’essuyer la pire défaite électorale de l’histoire du Québec. Peut-on survivre d’une telle chute ? Si oui, comment faire ? Deux ministres défaits estiment que c’est faisable, même si un long processus sera nécessaire.
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En entrevue avec La Presse, les ministres sortants Ian Lafrenière (Sécurité intérieure, Premières Nations) et Pascale Déry (Environnement) ont tenu un discours assez similaire : les troupes sont abattues… mais des mains se lèvent pour reconstruire le navire.
« Il y a assurément quelque chose qui n’a pas fonctionné », admet M. Lafrenière, nommé vice-premier ministre par Christine Fréchette en avril dernier. Troisième dans sa propre circonscription de Vachon, il ne peut pas encore précisément se prononcer sur les ratés de la campagne de la CAQ.
Ce serait malhonnête de dire que [quelques jours] plus tard, on a compris le problème puis on va changer. Il va falloir prendre le temps d’aller au fond des choses.
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Christine Fréchette a choisi Ian Lafrenière comme bras droit lors de sa campagne à la direction de la CAQ, plus tôt en 2026.
« C’est un coup dur, mais on va se relever, reconstruire, bâtir », argumente pour sa part Mme Déry, qui a aussi tenu le portefeuille de l’Enseignement supérieur sous François Legault. « Dans les prochains jours ou les prochaines semaines on va tous se réunir [lors d’un post-mortem] pour s’assoir et pour comprendre. »
Pour la plupart des ministres défaits, toutefois, il n’est pas évident de prendre parole. Sollicités pour une entrevue, Jean-François Roberge, Sonia Bélnager, Eric Girard, Martine Biron et Christopher Skeete ont tous refusé de s’entretenir avec La Presse. D’autres n’ont pas donné suite à la demande.
Le bilan, pour les caquistes, fait mal à lire : 13,35 % des voix au national sans ressortir victorieux d’un seul comté, contre 40,98 % et une récolte monstre de 90 sièges il y a quatre ans.
« On le savait déjà que les Québécois étaient déçus de la Coalition pour plusieurs raisons. C’est un vote de contestation, je vous dirais », concède Pascale Déry.
En guise de comparaison, après le scrutin de 2022, le Parti conservateur du Québec (PCQ) se trouvait en position identique. La différence, c’est qu’il s’agissait d’un score à ce moment record pour la formation d’Éric Duhaime.
La chefferie, une patate chaude ?
La directrice générale de la Coalition avenir Québec, Brigitte Legault, a annoncé jeudi qu’un chef intérimaire serait désigné au terme d’une rencontre des hautes instances du parti le 17 octobre, soit près de deux semaines après l’élection. La loi prévoit qu’une formation politique doit le faire au maximum 30 jours après la démission du chef précédent.
Mais, la chefferie d’une équipe qui passe du gouvernement pendant deux mandats à un parti extraparlementaire sans élu ne devient-elle pas une patate chaude ? Qui, de manière réaliste, voudrait entreprendre ce défi ?
Ian Lafrenière comprend l’image, mais s’objecte. « Un paquet de noms sont intéressés et c’est rassurant », selon lui. Le ministre défait, un proche de Christine Fréchette, ne s’avance pas à nommer des personnes ni à commenter le fait que son propre nom circule pour la succession.
Que va-t-il faire maintenant ? « Je le sais carrément pas, mais je vais travailler activement pour le parti », répond-t-il.
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE
Pascale Déry a été députée et ministre entre 2022 et 2026 pour la CAQ.
Et la troisième voie, elle, serait « plus nécessaire que jamais » selon Mme Déry. « La grande majorité des Québécois n’ont pas voté pour le PQ. Il est minoritaire avec moins de 30 % des votes », souligne-t-elle, ce qui représente un creu historique.
L’ex-élue déplore que le système québécois « n’est pas fait pour cinq partis » et « les gens avaient de la difficulté à suivre les propositions ». M. Lafrenière qualifie modestement le tout d’une « nouvelle réalité », mais qui « gruge des votes ».
Un total de 572 000 électeurs ont accordé leur confiance à la CAQ le 5 octobre, ce qui est – mince consolation – davantage que Québec solidaire. Avec cet appui, de même qu’un bassin de 20 500 membres, les hautes instances ont bien l’intention de garder le projet en vie.
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