Cinemania, tout beau tout bon
Devenu un incontournable pour les cinéphiles au fil des ans, le festival Cinemania est de retour à Montréal du 4 au 15 novembre. Alors qu’en toile de fond, le mont Royal achève de déployer ses coloris automnaux, l’événement déroule son tapis rouge pour une impressionnante liste d’invités d’ici et d’ailleurs. Une fois de plus, la programmation concoctée par Guilhem Caillard et son équipe contient du beau et du bon à foison. Tour d’horizon.
C’est le film Paradis, de Jérémy Comte, qui a les honneurs de l’ouverture. Dans ce premier long métrage du réalisateur du maintes fois primé court métrage Fauve, on suit les parcours parallèles de deux jeunes, l’un au Ghana, l’autre au Québec.
En clôture, la comédie « méta » satirique De la Comédie-Française donnera à voir les aventures en coulisse de vrais sociétaires de la vénérable institution dans des versions fictives d’eux-mêmes.
Dans l’intervalle, les spectatrices et spectateurs auront l’embarras du choix.
Parmi les titres à ne pas manquer, on mentionnera Soudain, de Ryusuke Hamaguchi (Le mal n’existe pas), où la directrice d’une maison de retraite expérimentale se lie d’amitié avec une metteuse en scène japonaise en phase terminale. Virginie Efira et Tao Okamoto ont conjointement remporté le Prix d’interprétation féminine à Cannes.
Même cas de figure en matière de lauriers avec Les braves (Coward), de Lukas Dhont (Close), dans lequel deux jeunes soldats fuient les horreurs de la Première Guerre mondiale dans le théâtre et surtout dans les bras l’un de l’autre. Prix d’interprétation masculine à Cannes pour Emmanuel Macchia et Valentin Campagne.
La filière québécoise
On voudra également voir Mémoire de fille, l’adaptation par Judith Godrèche du récit autobiographique d’Annie Ernaux. Dans 7 h 40 ce matin-là, de Nicole Garcia, Marion Cotillard joue une ex-détenue qui se rapproche d’un jeune garagiste (Théodore Pellerin) sans lui avouer qu’elle est sa mère.
Pour le compte, l’acteur très demandé n’est pas le seul Québécois à figurer aux génériques de films internationaux. Ainsi Monia Chokri est-elle la vedette du drame Si tu penses bien, de Géraldine Nakache (J’irai où tu iras), sur une relation où l’emprise l’emporte sur l’amour.
Dans Mystik, coréalisé par Azedine Kasri et Raphaël Quenard, Magalie Lépine-Blondeau est une star du journalisme de qui le gendarme joué par Quenard se languit.
Fort d’un succès surprise en France après avoir été autofinancé, Un grand raccourci, de Clément Devilliers et Armand Foëx, traite de la jeunesse en milieu rural et a pour tête d’affiche Sara Montpetit.
Et il y a Guillaume Lonergan (Vitrerie Joyal), qui coréalise Alice, où Bérénice Bejo incarne la pionnière française du cinéma Alice Guy, première femme réalisatrice de l’histoire du septième art.
De guerre et de contemplation
Se déroulant durant la Deuxième Guerre mondiale, Les rayons et l’ombre, de Xavier Giannoli (Illusions perdues), revisite le destin du journaliste et collaborateur nazi Jean Luchaire (Jean Dujardin).
Campé pendant le même conflit, Moulin, de László Nemes (Le fils de Saul), voit pour sa part Gilles Lellouche interpréter Jean Moulin, un héros de la Résistance française.
Dans un registre plus contemplatif, le documentaire Murmures saisit le monde animalier dans toute sa diversité, sans intervention humaine (aucune narration), hormis la musique d’Anaïs Larocque jouée par l’Orchestre Métropolitain sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Une réalisation de Marie-Julie Dallaire (Comme une vague), en étroite collaboration avec les directeurs photo Josée Deshaies et François Gamache, d’après une idée originale de l’explorateur et caméraman sous-marin Mario Cyr.
Autre documentaire, Le dernier acte, de Sophie Deraspe (Bergers), aborde la délicate question de l’aide médicale à mourir du point de vue de celles et ceux qui l’ont demandée.
Frémaux, Jeunet, Dolan
Du côté des rencontres, on est impatient d’assister à celle avec Thierry Frémaux. Le délégué général du Festival de Cannes et directeur de l’Institut Lumière viendra commenter en direct une sélection de films restaurés des frères Lumière.
À signaler aussi, la rétrospective Jean-Pierre Jeunet, réalisateur entre autres de Délicatessen, La cité des enfants perdus et Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Jeunet présentera en outre son nouveau film, Changer l’eau des fleurs, en plus de participer à une leçon de cinéma.
Enfin, une projection spéciale célébrant le 10e anniversaire de Juste la fin du monde, de Xavier Dolan, Grand Prix à Cannes, aura lieu. D’ailleurs, Théodore Pellerin, lauréat cette année du Cinemania d’honneur, y fait l’une de ses premières apparitions.
La programmation complète de Cinemania est disponible à festivalcinemania.com
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