Flambée des prix du carburant : les entrepreneurs tentent de s'organiser

À Verlaine, Pierre Rouhard est administrateur d'une société de vente de matériel électrique. Pour faire le plein de ses camionnettes, il a fait le choix d'une citerne de gasoil routier. Dans cette entreprise familiale, le prix du carburant est une préoccupation majeure. C'est la survie économique de toute une structure qui est en jeu. Elle fait vivre entre 20 et 30 familles, en comptant les prestataires extérieurs. "Ça a un impact parce qu'aujourd'hui, on a 15 véhicules qui roulent tous les jours" explique Pierre Rouhard. "Il faut alimenter tout ça. Ça représente plus ou moins 3000 litres de carburant par mois."
Chasser le moindre coût superflu
Au bureau, la planification des tâches est mûrement réfléchie. Dépannage et livraison sont orchestrés au millimètre près, avec une priorité absolue, chasser le moindre coût superflu face à l'envolée des prix. "Au moment de la prise de rendez-vous, on va déjà un peu analyser le planning et voir si on va dans la région du client" indique Delphine Rouhard, également administratrice de la société. "Et si par après on voit qu'on peut faire certains regroupements de villages, on le fait. Même par après, on retéléphone au client pour changer le rendez-vous dans la journée par exemple. C'est une façon de réaliser des économies, de gagner du temps et du carburant."
Face à ces augmentations de prix, repenser le charroi est devenu un objectif stratégique de l'entreprise, comme le souligne Pierre Rouhard : "C'est vrai qu'aujourd'hui, on pense de plus en plus à passer sur certaines camionnettes électriques pour faire des plus petits dépannages. En étant acteur dans le photovoltaïque, ça pourrait vraiment avoir un sens."
Depuis toujours, on a limité notre rayon d'action
Direction ensuite Waremme : chez Adem, société de chauffage basée à Waremme, les déplacements sont quotidiens. Pour éviter de répercuter les frais supplémentaires sur la facture des clients, l'entreprise applique une règle depuis sa création. "Depuis toujours, nous avons limité notre rayon d'action à 35-40 km pour justement éviter de devoir répercuter des coûts de déplacement trop importants sur nos clients" confirme Georges Deman, fondateur de la société.
Appelé à reprendre la société, Maxime Lopez Sanchez sait qu'il va devoir prendre son mal en patience. "C'est la même chose pour tout le monde, je pense. Donc on ne va pas se plaindre, on va essayer de mordre sur notre chique au mieux, en voyant les possibilités alternatives, je vais dire, type électrique, etc. Mais c'est encore un peu trop tôt pour nous, je pense."
Ces indépendants sont bien décidés à tenir bon pour garder la tête hors de l'eau.
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