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Saturday, October 10, 2026

Côte-Nord | L’élection du PQ revigore les partisans du « premier lien »

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(Québec) Les partisans d’un pont au-dessus de la rivière Saguenay pour relier Charlevoix à la Côte-Nord attendent beaucoup de l’élection du Parti québécois. Paul St-Pierre Plamondon a promis d’entamer dès son premier mandat la construction de ce « premier lien » évalué à 4,2 milliards de dollars.

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« Le chef est venu à Baie-Comeau, devant 200, 300 personnes, dire formellement : je m’y engage et je mets une première pelletée de terre avant 2030 », rappelle la mairesse de Forestville et présidente intérimaire de l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord, Micheline Anctil. « On est dans un environnement qui est plus favorable que jamais. »

À l’heure actuelle, les automobilistes qui veulent accéder à la Côte-Nord ou la quitter doivent emprunter le traversier entre Baie-Sainte-Catherine et Tadoussac, ou faire un long détour pour traverser la rivière par le pont à Saguenay.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Voitures et camions sur le traversier qui relie Charlevoix à la Côte-Nord

L’idée de construire un pont à Tadoussac circule dans la région depuis des décennies. Le gouvernement Legault a fait faire une étude d’opportunité qui a examiné trois corridors éventuels pour un pont. Transports Québec a évalué l’ouvrage à 4,2 milliards.

Le Parti québécois, qui a remporté les deux circonscriptions nord-côtières lundi soir, a quant à lui promis de commencer la construction dans un premier mandat.

« L’idée ici, c’est que la Côte-Nord se retrouve, économiquement et en termes d’infrastructures, complètement détachée du reste du Québec. Ç’a des conséquences sur le plan économique », disait M. St-Pierre Plamondon durant la campagne.

Cette promesse n’est pas sans rappeler celle de la CAQ en 2018 concernant le troisième lien à Québec. L’ancien député de La Peltrie, Éric Caire, avait promis une pelletée de terre dans le premier mandat. Il avait même mis son siège de député en jeu.

Il a plutôt décidé de se représenter en 2022. Et la première pelletée de terre se fait toujours attendre. Elle attendra encore longtemps, puisque le PQ a repoussé le projet de nouveau lien entre Lévis et Québec à plus tard.

La formation qui a remporté les élections lundi soir a toutefois remis le projet de « premier lien », comme on l’appelle souvent sur la Côte-Nord, tout en haut de la pile.

Guillaume Tremblay milite depuis des années pour la construction du pont. Le porte-parole de la Coalition Union 138 ne se souvient pas d’un engagement aussi fort et formel que celui pris durant la campagne par le chef du PQ.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Guillaume Tremblay, porte-parole de la Coalition Union 138

« Cet engagement politique est quand même une étape tournante », estime M. Tremblay qui promet de suivre tous les faits et gestes du nouveau gouvernement pour s’assurer que la promesse se réalise bel et bien.

Un tunnel et des écueils

La promesse du Parti québécois se bute toutefois à plusieurs obstacles. Le premier est d’ordre financier : le pont est complexe et va demander la construction d’un tunnel pour l’approche dans Charlevoix, si on en croit les études préliminaires de Québec.

À 4,2 milliards, le coût est substantiel. Le PQ a aussi promis d’atteindre le déficit zéro en 2028-2029, un an avant les prévisions de la CAQ. Les arbitrages seront donc multiples et déchirants avec les deniers de l’État.

Le gouvernement est aussi minoritaire. Mais ceci inquiète peu Guillaume Tremblay. Il rappelle que l’Assemblée nationale a adopté en mars 2025 une motion unanime « qui dit que pour désenclaver la Côte-Nord, il faut un pont ». Il s’attend donc à ce que les partis de l’opposition appuient le gouvernement dans ce dossier.

INFOGRAPHIE LA PRESSE

Le corridor envisagé pour le pont au-dessus de la rivière Saguenay

Les élus locaux entendent donc talonner le nouveau gouvernement. Micheline Anctil note que la construction du pont était, lors de la campagne électorale, « une demande de la Côte-Nord à l’unanimité ». Il existe toutefois historiquement des réserves à Tadoussac, où on s’inquiète pour les emplois du traversier.

Mais tant pour Mme Anctil que pour M. Tremblay, le pont est considéré comme une manière de stopper le déclin démographique dans cette région éloignée. La Côte-Nord est la région la plus touchée au Québec par la baisse de la population.

Elle est aussi un des moteurs économiques de la province, rappelle Mme Anctil. La Côte-Nord connaît une croissance économique : mines, alumineries, production hydroélectrique, industrie de la pêche…

La région représente 1,8 % du produit intérieur brut (PIB) québécois, mais sa population, un peu moins de 1 % de celle du Québec.

« Ce dossier ne concerne pas juste la Côte-Nord, plaide la mairesse de Forestville. C’est important de comprendre que ce lien permet à l’ensemble du Québec d’avoir accès à la Côte-Nord, mais aussi à ses ressources. »

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