L’accident survenu sur l’autoroute 30 en août 2025 était évitable, selon un expert
L’accident qui a causé la mort de Tanya Lalonde et de son fils Eliott était « évitable », a soutenu le reconstitutionnaliste qui a analysé la scène du carambolage survenu en août 2025 sur l’autoroute 30 à Boucherville. Le camionneur qui a embouti la voiture immobilisée des deux victimes n’était pas attentif à la route dans les moments précédant l’impact, estime le policier qui a témoigné mercredi à l’enquête publique du coroner sur les collisions mortelles impliquant des camions lourds.
Le camion qui a causé l’accident ne comportait pas de caméra ou de module enregistrant les données de conduite qui aurait pu éclairer les enquêteurs qui se sont penchés sur les causes de l’accident impliquant un véhicule lourd et quatre voitures. En revanche, la Huyndai Elantra que conduisait Tanya Lalonde disposait d’un tel système, a expliqué Pierre-André Chouinard, reconstitutionniste à la Sûreté du Québec (SQ).
M. Chouinard a ainsi pu déterminer qu’au moment de l’impact, la voiture de Tanya Lalonde était immobilisée et que les freins avaient été appliqués. Les véhicules qui la précédaient avaient aussi ralenti. La voiture aurait subitement été projetée vers l’avant. « Le module a enregistré qu’en un dixième de seconde, le véhicule a été accéléré vers l’avant de plus 73 km/h », a indiqué le policier. Compte tenu des règles de physique, cela signifie que le camion qui a embouti la voiture roulait à au moins de 73 km/h. Comme de tels modules peuvent présenter un écart de précision de plus ou moins 10 %, le reconstitutionniste en a conclu que le camion roulait à une vitesse estimée entre 65 et 80 km/h au moment de l’impact.
Cet accident était « évitable », a soutenu M. Chouinard. L’absence de freinage avant l’impact lui a fait dire que le conducteur du camion n’était pas attentif à la route. « Mais je ne peux pas dire pourquoi », a-t-il indiqué au coroner Dave Kimpton, qui préside les audiences de l’enquête publique.
Des témoins ont relaté que, tout de suite après l’accident, le chauffeur du camion avait admis avoir eu une distraction avant l’impact.
Le chauffeur du camion, Alexandre Messier, 25 ans, a d’ailleurs témoigné mercredi après-midi. Son témoignage est cependant frappé d’une ordonnance de non-publication puisque son dossier est encore sous analyse par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui doit déterminer si des accusations criminelles seront portées contre lui.
Une blessure pour la vie
En fin de journée mercredi, Maxime, le frère de Carolyne Florent, a fait la lecture d’une lettre de celle-ci. Le texte d’une grande tristesse décrit le vide créé par la disparition soudaine de sa conjointe et de leur fils de cinq ans. « Ce ne sont pas seulement deux vies qui ont été enlevées, c’est aussi le rêve que j’avais de voir grandir mon enfant, de l’embrasser chaque matin, de lui donner de l’amour. Parce que oui, mon enfant était ce que j’avais de plus beau dans ma vie. Du jour au lendemain, on me l’a enlevé », a-t-elle écrit.
Alors qu’elle les attendait à la maison, elle a reçu l’appel téléphonique qui a fait basculer sa vie. Accourue sur les lieux, elle a vu la voiture de sa conjointe encastrée sous l’avant du camion. « Cette image me hante encore. »
Carolyne Florent n’a pas voulu assister aux audiences de l’enquête publique pour ne pas voir en personne le camionneur qui a embouti la voiture de sa conjointe.
« Mon cœur est en mille miettes et je sais que je porterai cette blessure pour le reste de ma vie. Mais si mon témoignage peut contribuer à faire changer les choses et à éviter que d’autres familles vivent le même cauchemar, alors je veux le faire », a-t-elle souligné. « Je ne peux pas retrouver la vie que j’avais avant le 27 août 2025, mais j’espère sincèrement que cette enquête permettra de faire avancer les choses. »
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