Au Kenya, la filière lait bientôt fournie par les bufflonnes?

Et si le Kenya se mettait au lait de bufflonne ? C’est une proposition récemment faite par le président, William Ruto, lors du sommet kényan sur l’agriculture et l’agro-industrie. La filière lait connaît une crise d’approvisionnement. Depuis septembre, les étals sont régulièrement vides, le gouvernement veut donc diversifier les espèces productrices.
De notre correspondante à Nairobi,
L’annonce du président kényan a d’abord provoqué une certaine hilarité. Sur les réseaux sociauxn ont fleuri de nombreuses vidéos parodiques montrant des éleveurs courant après des buffles dans la savane. À tel point que le secrétaire principal du ministère de l’Élevage a dû clarifier les choses : « Les animaux dont nous parlons sont des buffles d’eau domestiqués, et non pas des buffles africains sauvages », a précisé Jonathan Mueke. Et d'ajouter que le projet est bien avancé.
Le gouvernement entend importer ces animaux d’Inde et les certifications vétérinaires ont déjà été enclenchées. Nairobi et New Delhi travaillent désormais sur les dispositions commerciales, à savoir le prix des buffles d’eau et le coût de leur importation. Leur prix varie en fonction de l’âge, du poids, de l’état de santé, mais, selon le quotidien kényan Daily Nation qui a étudié plusieurs annonces en Inde, il oscille entre 75 000 et 300 000 roupies indiennes, soit entre 700 et 3 000 euros.
Un investissement conséquent pour un éleveur kényan, mais le ministère de l’Élevage assure avoir déjà reçu plus de 800 commandes. Le gouvernement y voit une solution à long terme pour un problème récurrent au Kenya : la pénurie de lait.
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Des espèces plus résistantes, au meilleur rendement
Depuis septembre, l’approvisionnement est très aléatoire. D’abord minimisée par le KND, le Bureau des produits laitiers du Kenya qui regroupe les professionnels de la filière, le ministre de l’Agriculture lui-même a reconnu au début du mois une situation de crise. Selon lui, les livraisons au secteur formel ont baissé d’environ 6 % ces derniers mois.
En cause : la sécheresse, le manque de pâturage et le prix élevé des aliments de bétail. Moins bien nourries, les vaches kényanes produisent moins de lait. Pour le gouvernement, il faut donc investir dans des espèces plus résistantes et aux meilleurs rendements. « Le lait de la bufflonne d’eau produit trois fois plus de matières grasses qu’une vache ordinaire », explique le secrétaire principal au ministère de l’Élevage. Le buffle d’eau est déjà présent sur le continent africain. L’Égypte en compte 5 millions de spécimens.
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