CondamnĂ© pour un attentat sur un avocat | Lâex-fugitif Jean-François Malo ne veut pas quitter la Martinique

Un an aprĂšs sâĂȘtre moquĂ© de la justice quĂ©bĂ©coise en fuyant en « jet privĂ© » la veille de sa sentence, Jean-François Malo nâa pas lâintention de rentrer au pays pour purger sa peine de cinq ans de dĂ©tention. Il a mĂȘme Ă©tĂ© libĂ©rĂ© en Martinique, car il y dĂ©tient un immeuble.
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« Le 22 juin 2026, M. Malo affirme [Ă un huissier] quâil ne reviendra jamais au Canada et que sa famille le rejoindra en Martinique », Ă©crit la Cour dâappel du QuĂ©bec dans une dĂ©cision rendue mercredi.
En raison de sa cavale, le plus haut tribunal de la province a rejetĂ© lâappel de Jean-François Malo, qui contestait sa condamnation pour voies de faits graves. « Les ressources judiciaires Ă©tant limitĂ©es, elles ne peuvent ĂȘtre utilisĂ©es par une personne qui rĂ©pudie lâautoritĂ© des tribunaux », a tranchĂ© la Cour dâappel.
Jean-François Malo, un ex-promoteur immobilier bien connu de la rĂ©gion de Joliette, a embauchĂ© deux hommes de main pour sâen prendre Ă Nicholas Daudelin, un avocat de Desjardins impliquĂ© dans un litige de plusieurs millions de dollars. M. Daudelin â maintenant juge Ă la Cour du QuĂ©bec â a Ă©tĂ© blessĂ© par balle Ă la jambe.
PHOTO DĂPOSĂE EN PREUVE
Lâavocat Nicholas Daudelin a Ă©tĂ© atteint par balles, Ă travers la porte de sa rĂ©sidence, lors dâun attentat survenu Ă sa rĂ©sidence en MontĂ©rĂ©gie.
Un attentat motivé par la vengeance.
La dĂ©cision de la Cour dâappel permet dâen apprendre plus sur les circonstances de sa cavale.
Le 14 octobre 2025, Jean-François Malo devait tĂ©moigner sur sa peine au palais de justice de Longueuil. Ă la derniĂšre audience, il avait obtenu un report, comme il se disait sonnĂ© par lâincendie de sa Maserati survenu quelques jours plus tĂŽt. Or, le jour fatidique, Malo brillait par son absence au tribunal. Les avocats croyaient au dĂ©part quâil Ă©tait coincĂ© dans le trafic, avant de se rendre Ă lâĂ©vidence.
Dans les faits, Jean-François Malo Ă©tait dĂ©jĂ Ă des milliers de kilomĂštres du QuĂ©bec. La veille, le 13 octobre, le fugitif Ă©tait embarquĂ© dans un « jet privĂ© » en direction de la RĂ©publique dominicaine. Il avait utilisĂ© un faux passeport de la Sierra Leone, un pays dâAfrique de lâOuest.
Quelques jours plus tard, Jean-François Malo a Ă©crit au juge du procĂšs, en pleine nuit, pour expliquer que sa vie Ă©tait prĂ©tendument menacĂ©e par des Hells Angels et des gangs de rue. Le juge lâa condamnĂ©, en son absence, Ă cinq ans de pĂ©nitencier. Une sentence portĂ©e en appel par la Couronne.
Jean-François Malo sâest finalement fait pincer par les douaniers de la Martinique, dans les CaraĂŻbes, pendant une escale, le 30 dĂ©cembre dernier. Il utilisait un faux document dâidentitĂ© au nom de Henry Jimenez Marin. Il se rendait au Venezuela Ă bord dâun vol privĂ©.
Dâabord dĂ©tenu dans une prison en Martinique, Jean-François Malo a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© avec cautionnement par la Cour dâappel de Fort-de-France en juin dernier pendant le processus dâextradition vers le Canada. Le tribunal français a considĂ©rĂ© comme Ă©tant une garantie suffisante le fait que Malo soit propriĂ©taire dâun immeuble en Martinique.
Pour contester son extradition, Jean-François Malo argumente que la Cour du Québec est partiale, car la victime est maintenant juge de cette cour.
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