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Tuesday, October 20, 2026

Le futur ministre de la Culture interpellé dans une lettre ouverte «pour l’avenir de nos musiques»

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Dans une lettre ouverte diffusée lundi par la Société professionnelle des auteurs, compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs (SPACQ-AE) et signée par plus d’une trentaine d’associations et organismes, le milieu musical dit être arrivé « à un cul-de-sac » en ce qui concerne l’écoute d’artistes québécois sur les plateformes en ligne et dans l’espace public. Les signataires s’adressent au futur ministre de la Culture et des Communications en lui demandant de mettre sur pied une « réflexion globale sur l’ensemble de l’écosystème québécois de la musique ».

Intitulée Pour l’avenir de nos musiques : il faut maintenant aller plus loin, la lettre fait écho aux résultats contenus dans l’étude du Commissaire à la langue française « sur la consommation musicale au Québec, au Canada et dans 24 pays européens », publiée le 13 octobre dernier et dont les constats ont alarmé le milieu : le Québec, observe le commissaire, figure « parmi les marchés où les artistes nationaux sont les moins écoutés et, parmi les marchés non anglophones étudiés, il est celui où la musique dans la langue nationale occupe la plus faible part des écoutes ».

« Découvrabilité hors ligne »

À l’enjeu de la découvrabilité de la musique québécoise sur les plateformes d’écoute, les signataires — l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles (RIDEAU), la Société pour l’avancement de la chanson d’expression française (SACEF), la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN), les Scènes de musique alternatives du Québec (SMAQ), Culture Montréal et le Conseil québécois de la musique, entre autres — introduisent maintenant le concept de « découvrabilité hors ligne » puisque, écrivent-ils, « la découvrabilité de nos musiques ne se joue pas uniquement sur les plateformes numériques ». « Elle se joue aussi dans les écoles et les établissements d’enseignement, dans les commerces, les restaurants et les hôtels, dans les lieux touristiques, les espaces publics et institutionnels, les salles de spectacle, les festivals ainsi que dans les événements et les projets soutenus par l’État ou encore dans des initiatives structurantes de médiation culturelle. »

« Notre musique a besoin d’être entendue, pas seulement en ligne, mais dans l’espace physique », résume en entrevue au Devoir Ariane Charbonneau, directrice générale de la SPACQ, qui témoigne avoir travaillé durant deux heures, ces derniers jours, dans un café où la musique qu’on y diffusait était exclusivement anglophone : « Moi, je me dis que consommer local, ce n’est pas que de manger des fraises et du fromage d’ici. On a des artistes incroyables, qui font de la musique de très haut niveau, mais cette musique n’est pas assez diffusée » dans l’espace public.

La directrice ne s’avance pas sur des pistes de solutions concrètes pour favoriser cette « découvrabilité hors ligne », préférant s’adresser au futur ministre de la Culture, dont on connaîtra l’identité mercredi, lors de l’annonce de la composition du premier Conseil des ministres du gouvernement péquiste.

L’Adisq, qui appuie les demandes portées par la SPACQ même si l’association n’a pas signé la lettre ouverte, s’adressera également mercredi au prochain ministre de la Culture : « Le rapport du Commissaire à la langue française a remis en avant la question de la consommation de musique en langue française par les Québécois, souligne Eve Paré, directrice générale de l’Adisq. Il y a un momentum, et j’estime que la situation géopolitique actuelle favorise cette prise de position au sein de la population. »

Si Eve Paré est favorable à un grand chantier sur l’état de la musique au Québec, celui-ci doit ratisser plus large que la question de la « diffusion de la musique dans l’espace public. On peut parler de politique de diffusion, on peut parler du rôle de notre système d’éducation [dans la promotion de la musique d’ici], on peut aussi parler du financement de notre industrie jusqu’à la loi sur le statut de l’artiste. Il est temps de porter un regard objectif sur toute notre industrie pour se demander comment on la structure pour que notre musique continue de rayonner à l’avenir ».

View the original on Le Devoir →

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