Nicolas Ullens est condamné à 12 ans de prison pour l'assassinat de Myriam Lechien

Après une longue après-midi de délibérations, le jury a rendu son verdict. Nicolas Ullens écope de 12 ans de prison ferme pour l'assassinat de Myriam Lechien. Une condamnation assortie d'une arrestation immédiate afin d'éviter toute soustraction à l'exécution de la peine.
L'accusé, qui est resté stoïque durant la lecture du verdict, a également été déchu de ses droits civils et politiques pour une période de dix ans.
Les parties civiles, elles, se sont montrées très mitigées après la condamnation de Nicolas Ullens de Schooten à 12 ans de prison. Me Laurent Kennes, qui défendait les enfants de la victime devant la cour d'assises du Brabant wallon, a dénoncé ce qu'il estimait être "une justice de classes" et aurait préféré que la cour inflige à l'accusé une peine beaucoup plus sévère.
25 ans requis
L'audience avait débuté plus tôt dans la matinée par le réquisitoire de l'avocate générale, Laure Wynants, sur la peine. Elle avait requis 25 ans de prison à l'encontre de Nicolas Ullens, dont la culpabilité avait déjà été reconnue. Elle avait toutefois retenu plusieurs circonstances atténuantes : l'absence d'antécédents judiciaires, son intégration sociale et professionnelle, son âge, le fait qu'il se soit spontanément présenté à la police ainsi que l'expression de ses regrets.
Quentin Mayence, l'avocat de la défense, réclamait que Nicolas Ullens ne soit pas incarcéré. Il avait demandé une peine de cinq ans d'emprisonnement avec sursis, justifiant cette demande par un faible risque de récidive et une absence de danger pour la société, appuyé par un rapport d'expert. Il estimait que des possibilités de réinsertion existaient, tandis qu'une peine d'emprisonnement et les conditions de détention en milieu carcéral auraient des répercussions sur son entourage. L'avocat s'était appuyé sur le nouveau Code pénal et ses objectifs, qui prévoient de favoriser la réhabilitation sociale de l'auteur des faits et de prendre en compte les effets indésirables de l'emprisonnement sur les personnes qui gravitent autour de la personne condamnée.
Depuis plus de 30 ans, le véritable problème de Monsieur Ullens est la relation avec son père. C'est la base de tout.
Quentin Mayence, avocat de Nicolas Ullens.
L'avocat avait ensuite contextualisé les faits et évoqué une frustration historique, ainsi que le caractère humiliant de la situation familiale. "Depuis plus de 30 ans, le véritable problème de M. Ullens est la relation avec son père. C'est la base de tout." Un contexte émotionnel qui explique le passage à l'acte de Nicolas Ullens, selon l'avocat.
Jean-Philippe Mayence, autre avocat de la défense dans ce procès, avait joint au dossier, en vue des délibérations, un document signé par Nicolas Ullens dans lequel ce dernier accepte d’ores et déjà toute une série de conditions probatoires si le jury accepte de le laisser hors de prison, avec une peine de cinq ans avec sursis.
Nicolas Ullens avait ensuite pris la parole, réitérant ses regrets et ses excuses à l’égard de la partie civile. L'accusé avait également adressé un dernier message d'espoir aux jurés, affirmant vouloir "avoir confiance en l'avenir".
Gilles Vanderbeck, avocat des enfants de la victime, avait jugé "raisonnables" les 25 ans de réclusion requis par le ministère public à l'encontre de l'accusé. Il avait en revanche qualifié d'"assez audacieuse" la demande de la défense concernant une peine de cinq ans de prison avec sursis probatoire.
"Aucune peine n'est assez importante pour remplacer la tristesse liée à la disparition de leur maman", avait déclaré l'avocat à propos des enfants de la victime, s'en remettant dès lors aux réquisitions du parquet. "Je trouve qu'elles sont raisonnables et je pense que mes clients le pensent aussi", avait-il ajouté.
Gilles Vanderbeck avait particulièrement remis en question la sincérité des regrets exprimés par Nicolas Ullens. Selon lui, ceux-ci n'avaient été accompagnés d'aucun geste concret envers la famille de la victime, ni durant sa détention préventive ni pendant sa période de surveillance électronique. L'avocat avait également pointé une contradiction entre les remords affichés par l'accusé et sa stratégie de défense. Quant à l'éventualité d'une peine de cinq ans avec sursis probatoire, l'avocat s'était montré prudent. "Je lirai avec beaucoup d'intérêt la motivation de cette décision", avait-il indiqué, rappelant que les parties civiles n'auraient pas la possibilité de s'y opposer.
La cour et les jurés s'étaient retirés mercredi sur le coup de 11 h 00 pour délibérer sur la peine à infliger à Nicolas Ullens.
Aucune peine n'est assez importante pour remplacer la tristesse liée à la disparition de leur maman.
Gilles Vanderbeck, avocat des enfants de la victime.
Le 6 octobre dernier, Nicolas Ullens avait été reconnu coupable de l'assassinat de Myriam Lechien, abattue de six balles le 29 mars 2023 à Ohain (Lasne). L'accusé reconnaissait avoir tué sa belle-mère, mais contestait toute préméditation. Celle-ci constituait l'enjeu central du procès, la défense plaidant le meurtre tandis que le ministère public et les parties civiles soutenaient la qualification d'assassinat.
Sept jurés sur les douzes avaient finalement retenu la préméditation. Alors que les débats sur la peine devaient débuter le 7 octobre, la défense avait introduit une requête en récusation contre le président de la cour d'assises, Pierre Delcour, et ses deux assesseurs. Elle contestait leur intervention dans la délibération sur la préméditation, une question sur laquelle les jurés s'étaient prononcés à une majorité de sept voix contre cinq.
Cette intervention constituait, selon la défense, une irrégularité de procédure. Les trois magistrats ayant refusé de se retirer du dossier, la demande de récusation avait été soumise à la Cour de cassation. Celle-ci l'a rejetée le 21 octobre, ouvrant la voie à une reprise du procès devant les mêmes juges.
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